Le 10 février 2021 | Mis à jour le 2 mars 2021

La torche des Jeux Olympiques de Grenoble de 1968 adjugée à plus de 111 000 euros

par Diane Zorzi

Une torche officielle des Jeux Olympiques d’hiver de 1968 a fait flamber les enchères le 27 février dernier à Vannes. Ce flambeau mythique s’est envolé à 111 600 euros, acquis par un collectionneur suisse, à l’issue d’une bataille d’enchères entre particuliers, musées et entreprises.

 

A l’occasion de sa vente de prestige hivernale, le commissaire-priseur Jack-Philippe Ruellan dévoilait une relique mythique de l’histoire du sport : la torche officielle des Jeux Olympiques d’hiver de 1968. Ce flambeau à l’antique vit triompher Jean-Claude Killy qui décrocha le titre de triple champion olympique de ski alpin, aux côtés de Marielle Goitschel, Guy Périllat, Isabelle Mir et Annie Famose, médaillés d’or et d’argent dans cette même discipline. « Elle provenait de la collection familiale d’un des membres du Comité d’Organisation des Jeux Olympiques (COJO) ayant participé à l’organisation des jeux de 1968 », détaille Jack-Philippe Ruellan.

 

Une torche officielle éditée à seulement 33 exemplaires

Fabriquée par la Société Technique d’Equipement et de Fournitures Industrielles (STEFI), cette torche officielle arbore une structure en tôle cuivrée, dont le manche est recouvert d’une prise en feutrine rouge. Elle est surmontée d’un manchon protecteur servant de coupe-vent au système de brûleur, tandis que le sommet, découpé en forme de lames, dévoile les trois insignes officiels des Jeux, dessinés par le graphiste et typographe Roger Excoffon (1910-1983). Elle fait partie des trente-trois exemplaires édités à l’occasion des Jeux de Grenoble et transmis de mains en mains par 5 000 relayeurs, lors du traditionnel relais menant, sur plus de 7 000 kilomètres, des ruines du temple d’Héra à Olympie à la vasque olympique de Grenoble, allumée par le dernier relayeur, le patineur Alain Calmat.

 

Torche officielle des Xe Jeux Olympiques d’hiver de Grenoble 1968. H. 76 cm, D. du manche : 4.2 cm, D. du fourneau : 9 cm. Adjugé à 111 600 euros (frais compris).

 

Un objet de collection adjugé à plus de 111 000 euros

De ces trente-trois flambeaux, rares sont ceux qui rejoignent les salles des ventes. Certains ont été détériorés ou perdus, quand d’autres figurent au catalogue de musées tels que le musée national du sport de Nice qui dévoilait l’un de ses exemplaires en 2018 au Musée dauphinois, lors d’une exposition célébrant le cinquantenaire de l’événement. Si la torche la plus recherchée reste celle des Jeux Olympiques d’Helsinki de 1952, qui ne fut produite qu’à vingt-deux exemplaires, le record pour un flambeau des Jeux de Grenoble s’élève à plus de 203 000 euros, depuis une vente aux enchères organisée à Los Angeles en août 2019. Le 27 février dernier, cet objet de collection exceptionnel a ainsi faire flamber les enchères, dépassant aisément son estimation, comprise entre 30 000 et 50 000 euros, acquis par un collectionneur suisse pour 111 600 euros (frais compris). « Nous avons assisté à une belle bataille d’enchères entre particuliers, entreprises et institutions muséales comme le musée dauphinois de Grenoble, précise une collaboratrice de la maison de ventes. Et nous avons également eu une autre belle surprise lors de cette vente puisqu’un tableau impressionniste de l’artiste australien Thomas William Roberts (1856-1931) que nous avions estimé à 10 000 euros s’est envolé à 89 280 euros ! » Figurant une Jeune femme à l’ombrelle, le tableau daté de 1892 repartira en Australie. 

Haut de page

Vous aimerez aussi