Peintre et femme d’un ancien gouverneur des colonies, Marguerite Géraud conta au début du XXe siècle ses voyages, de Dakar à Tahiti, Oslo, San Francisco et Saigon, au sein de tableaux et ouvrages richement illustrés. Le 13 janvier au Puy-en-Velay, Philippe Casal dispersera plusieurs de ses œuvres et documents historiques, estimés de 250 à 5 000 euros.
Femme d’un ancien gouverneur des colonies, Marguerite Géraud (1879-1969) accompagna au début du XXe siècle son mari au gré de ses pérégrinations de Dakar à Tananarive, Tahiti et San Francisco. De ses voyages, elle en conserve des souvenirs compilés dans des albums mêlant textes, photos collées et aquarelles. Mis en vente le 13 janvier au Puy-en-Velay, un premier album (estimé entre 3 000 et 5 000 euros), débuté en 1912, retrace ses périples à bord du paquebot France au Havre et du New York à destination de Chicago et San Francisco. Elle y conte également son séjour à Tahiti où elle étudie le récif de corail et les poissons qui le peuplent. Papeete, Moorea, l’île de Makatea, Papenoo mais aussi textes sur les Maoris et la lèpre complètent l’ouvrage.

Un deuxième album (estimé entre 3 000 et 5 000 euros), contient quant à lui des éléments sur son voyage en Cochinchine effectué en 1900 au départ de Marseille par le bateau le Laos reliant Tonkin via Port-Saïd, Singapour et Saigon. A travers cinquante dessins réalisés par ses soins, Marguerite Géraud dévoile les poissons, animaux divers et paysages rencontrés à l’autre bout du monde.

« Marguerite Géraud fut l’élève du peintre Eugène Claude, connu pour ses peintures de genre, natures mortes et paysages, explique Philippe Casal. Elle participa aux salons annuels de la Société des Artistes Français, exposa dans les galeries Poillé Lecoultre à Lyon et Georges Petit à Paris et exécuta également des travaux de décoration remarqués pour le Pavillon de Madagascar et l’aquarium du Palais permanent de Vincennes. Nous présenterons à la vente cinq tableaux de cet artiste, estimés de 1 200 à 2 500 euros. »

Enfin, aux côtés d’un album (estimé entre 500 et 800 euros) comprenant neuf aquarelles de paysages norvégiens réalisées autour de 1952, deux autres albums (estimées entre 3 000 et 5000 euros) racontent son voyage en Afrique.

Du Gabon au Cameroun et au Sénégal, en passant par le Congo Belge, Marguerite Géraud y alterne les pages dactylographiées et les dessins.

« Ces récits représentent un intérêt historique, s’enthousiasme le commissaire-priseur. Ils sont très intéressants pour l’époque. Il y a un siècle, il n’y avait pas pléthore de récits de voyages sur le marché. D’autant plus que tout a bougé depuis les années 1900. Le côté nature et sauvage de Tahiti et de l’Afrique décrit par Marguerite Géraud n’existe plus aujourd’hui ». Ces documents furent d’ailleurs présentés lors de l’exposition coloniale de 1931, à Paris.
