Les 29 et 30 mai prochain, l’étude Collin du Bocage dispersera une importante partie de la collection de sculptures, d’antiquités architecturales et d’ornements de l’antiquaire Samuel Roger. Fontaines, statues, cheminées et tapisseries sont notamment au programme de cette vente qui se tiendra au château de Marcellus, dans le Lot-et-Garonne.
Bâti entre 1590 et 1775 sur les ruines d’une forteresse du XIVe siècle, le château de Marcellus est aujourd’hui inscrit au titre des Monuments historiques, et abrite la riche collection d’antiquités architecturales et d’ornements de jardin de Samuel Roger. Un florilège de statues, cheminées, fontaines et bassins issus de cette collection sera dispersé aux enchères à l’occasion des ventes des 29 et 30 mai prochains au château de Marcellus.
Des statues néoclassiques à Stephan Buxin, une collection de sculptures éclectique
La collection du château de Marcellus comporte un bel ensemble de statues, dont la variété des matériaux égale l’éclectisme stylistique. Les amateurs apprécieront une Diane chasseresse réalisée au XVIIIe siècle. La statue présente une belle qualité d’exécution, à l’image des épais plis du drapé de la déesse de la chasse (estimée entre 18 000 et 24 000 euros). Elle sera accompagnée au château de Marcellus d’un Hercule terrassant le lion de Némée daté du XVIIe siècle en pierre calcaire blanche, dont la puissance expressive a résisté au passage du temps (estimé entre 20 000 et 24 000 euros). La variété de la collection se manifeste également dans les matériaux, puisque de belles Allégories de l’Hiver et de l’Automne en terre cuite seront proposées aux enchères, estimées entre 25 000 et 30 000 euros. L’Hiver est représenté sous les traits d’un amour vêtu d’une cape tenant sous son bras un fagot de branchages, tandis que l’Automne prend l’apparence d’un amour présentant un sarment de vigne contre son flanc gauche et une coupe dans sa main droite. La vente sera résolument éclectique puisque les collectionneurs pourront également retrouver une œuvre plus récente, avec la Naïade d’après un original en bronze du sculpteur liégeois Stephan Buxin. Réalisée en marbre, la sculpture allie finesse d’exécution et équilibre de l’attitude (estimée entre 30 000 et 40 000 euros).
Par DELORME & COLLIN DU BOCAGE sas à Marcellus
le 29/05/2021 : Diane chasseresse.
Importante statue en pierre sculptée pour une niche à l’image de Diane accoudée à un tronc d’arbre, le pied droit reposant sur une tête de sanglier, elle présente le fruit d’une chasse composé d’oiseaux maintenus pattes en l’air par des lacets.
Elle revêt au dessus de sa chevelure un croissant de lune, son habituel attribut.
Epoque 18e. Accidents et manques, restaurations anciennes.
Haut. 230 cm – Base 59 x 34 cm Voir le lot
Par DELORME & COLLIN DU BOCAGE sas à Marcellus
le 29/05/2021 : « Hercule terrassant le lion de Némée «
Importante sculpture en pierre calcaire blanche.
Origine : Charente. Usures et manques.
Epoque 17e.
Dim. Statue : Haut. 195 cm – Base 54 x 47 cm
Dim. Socle : Haut. 70 cm – Base 78 x 78 cm – Assise 60 x 60 cm Voir le lot
Par DELORME & COLLIN DU BOCAGE sas à Marcellus
le 30/05/2021 : Allégories de l’Hiver et de l’Automne
L’Hiver apparaissant sous les traits d’un amour paré d’une cape tenant sous son bras gauche un fagot de branchages.
L’Automne apparaissant sous les trait d’un amour maintenant un sarment de vigne contre son flanc gauche et élevant une coupe de sa main droite (signée sur la plinthe GOSSIN FRES PARIS). MANUFACTURE GOSSIN FRERES : Manufacture dirigée par Etienne (mort en 1900) et Louis GOSSIN (1846 – 1928), sculpteurs, le premier Sociétaire des Artistes Français. Elève de Mathurin MOREAU, Louis exposa régulièrement au Salon à partir de 1877 ; médailles de troisième classe en 1882, de deuxième classe en 1886, de bronze en 1889 et 1900 (Exposition Universelle).
Par la Manufacture parisienne des Frères GOSSIN.
Epoque 19e.
Terre cuite.
Musée : Toulouse – AMO.
Haut. 107 cm – Base 30 cm Voir le lot
Par DELORME & COLLIN DU BOCAGE sas à Marcellus
le 30/05/2021 : Naïade
D’après Stephan BUXIN (1909-1996), les mains posées sur le genou droit replié, oeuvre dans laquelle la plénitude des formes et l’équilibre de l’attitude contribuent à cette impression de calme retenu. L’original en bronze, commande publique de 1975, se trouve au centre de la fontaine installée dans la cour du collège de la Fontaine du Roy à Ville d’Avray. Parlant de son œuvre, Stephan BUXIN dira : « cette figure m’a été commandée par la municipalité de Ville d’Avray en 1975, vraisemblablement pour être installée dans le jardin joignant le château au nouveau collège de la Fontaine du Roy. J’ai eu l’idée de la poser au centre d’une pièce d’eau circulaire et de l’asseoir pour qu’elle ne gêne pas la vue du château lorsqu’on est dans la cour de récréation du collège »… Petite restauration ancienne.
Biographie: Sephan BUXIN (sculpteur – Liège, 24 décembre 1909 / Paris, 1er mai 1996). Dès son plus jeune âge, Stephan Buxin affirme sa vocation pour la sculpture. Ses parents décident de lui faire suivre les cours de l’Académie Royale des Beaux-Arts de Liège. Son professeur, le sculpteur Georges Petit, s’intéresse à lui et l’encourage dans cette voie. Il deviendra un ami très cher, avec lequel il entretiendra une relation épistolaire jusqu’à la fin de la vie de son maître. Pour donner de l’ampleur à son œuvre naissante, Georges Petit conseille au jeune artiste de se rendre à Paris. En 1930, Stephan Buxin s’installe définitivement en France où il sera naturalisé en 1947. Durant toute sa carrière, il mènera de front un travail salarié à temps partiel et son œuvre de sculpteur. Diplômé de l’Ecole nationale des Beaux-Arts de Paris, il fréquente Charles Despiau et Robert Wlérick, qui confortent et soutiennent son choix d’une sculpture figurative. Malgré la pression médiatique, Stephan Buxin se détourne des modes artistiques de la seconde moitié du 20e siècle.
Haut 115 cm – Terrasse 105 x 157 cm
Voir le lot
Fontaines et bassins sculptés
La vente sera également l’occasion de découvrir de nombreuses fontaines d’époques et styles divers. Citons une fontaine de style Renaissance, représentant les Trois Grâces d’après Germain Pilon (1528 – 1590), groupe central du monument commandé par Catherine de Médicis (estimée entre 50 000 et 60 000 euros). Les trois femmes, adossées à la colonne centrale ouvragée, sont vêtues d’élégants drapés et se tiennent délicatement les mains. Les amateurs sauront apprécier une autre fontaine de milieu provenant du Domaine de Dunsborough Park, dont le fût central supporte deux vasques décorées de motifs végétaux (estimée entre 30 000 et 40 000 euros).
Par DELORME & COLLIN DU BOCAGE sas à Marcellus
le 30/05/2021 : Fontaine style Renaissance
Les Trois Grâces, d’après Germain PILON (1528 – 1590).
Employant pour le piètement le monument commandé par Catherine de Médicis au célèbre sculpteurde la Renaissance pour supporter l’urne funéraire contenant le coeur de son défunt mari le roi Henri 2 (1561).
Fontaine de milieu à l’image de trois femmes aux pieds nus vêtues d’un drapé noué, l’une d’entre elles dévoilant sa poitrine, adossées à la colonne supportant la vasque à décor de feuillages.
Cette fontaine à fait l’objet d’un sablage et est peinte à l’antirouille.
Vers 1870. Fonderie J.J. Ducel.
Haut. 230 cm – Diam. 140 cm Voir le lot
Par DELORME & COLLIN DU BOCAGE sas à Marcellus
le 30/05/2021 : Fontaine de milieu
Fût central supportant deux vasques animées de feuillages.
Origine : Domaine de Dunsborough Park, UK.
Epoque 19e.
Fonte de fer, de la fonderie d’art du Val d’Osne.
Haut. 239 cm – Larg. 160 cm – Prof. 160 cm Voir le lot
Une cheminée Louis XIII
Outre les nombreuses sculptures et fontaines, les ventes des 29 et 30 mai permettront de découvrir une exceptionnelle cheminée Louis XIII en pierre calcaire de Saint-Restitut réalisée sous le règne de Louis XIV. La hotte de la cheminée est finement ouvragée avec un médaillon central octogonal qu’entoure un tore de feuilles et rubans, duquel se développent de multiples motifs de cuir découpés, des chutes de fruits et des blasons. Le médaillon est orné de deux originaux mascarons à têtes d’angelots à ses extrémités haute et basse. Les jambages sont de leur côté décorés de cariatides soutenant le linteau. La vente d’une telle cheminée, estimée entre 250 000 et 350 000 euros, constitue un événement exceptionnel. Elle pourrait provenir du château de Grignan dans la Drôme, célèbre notamment pour avoir accueilli le mariage entre la fille de la Marquise de Sévigné, Françoise-Marguerite de Sévigné, et François Adhémar de Monteil de Grignan. Probablement extraite de la demeure lors de la Révolution française, la cheminée était depuis conservée au château dit du Rocher à Bolène.