La collection d’un couple d’Arméniens aux enchères à Paris

17/12/2025

La maison Vermot et Associés présente, quelques jours avant Noël, les trésors d’Ana et James Melikian, un couple d’origine arménienne vivant en Arizona. Ils ont rassemblé un étonnant ensemble d’objets et manuscrits autour des religions.

 

« Les livres, manuscrits, objets liturgiques de cet ensemble sont issus de cultures très différentes. Parmi les 273 lots inscrits au catalogue, nous avons des pièces arméniennes, mais aussi éthiopiennes, russes ou portugaises », décrit la commissaire-priseur Bertille Julin. La collection présentée par Vermot & Associés le 21 décembre à Paris a été rassemblée par un couple d’origine arménienne installé à Phoenix, en Arizona. « Ils souhaitent faire d’autres achats, c’est la raison de cette vente », ajoute la commissaire-priseur.

 

Un rare Coran éthiopien ou soudanais de 1773

L’une des pièces maîtresses de la collection est un Coran éthiopien ou soudanais de 1773, présenté dans sa reliure d’origine. « Il contient une introduction et un index orthographique exposant les principes selon lesquels il a été copié, visant à faciliter une lecture correcte du Coran », précise la commissaire-priseur qui annonce pour ce lot une estimation comprise entre 20 000 et 25 000 euros. Autre pièces importantes de cet ensemble : un crucifix en argent émaillé arménien du XVIIIe siècle (350 à 550 euros) et le livre de commentaires sur les Psaumes de David en arménien daté de 1687 (2 000 à 3 000 euros). « Même si ce ne sont pas les objets les plus importants en termes d’estimation, ce sont les plus représentatifs de cette collection« , précise Bertille Julin. 

L’intérêt du couple pour les cultures religieuses de différents pays a également entraîné l’achat de quelques pièces européennes, en particulier des bibles très anciennes. Retenons pour ce chapitre une Bible de 1666 imprimée à Amsterdam, et contenant 160 gravures (8 000 à 10 000 euros), il s’agit de la première Bible imprimée en arménien classique selon la traduction des Pères arméniens. Et une autre publiée par l’abbé Mékhitar de Sébaste et imprimée à Venise en 1733 (5 000 à 8 000 euros).

 

 

Reflets des us et coutumes arméniens

Du côté des objets, une rare croix de pierre du XIV ou XVe siècle (9 000 à 12 000 euros) illustre une coutume arménienne : il s’agit d’une pierre commémorative typique de pèlerins qui se sont rendus dans un lieu saint. C’est le cas également d’une croix de bénédiction en vermeil filigrané (5 000 à 8 000 euros), fabriquée au XVIIIe siècle en Arménie et achetée par le couple auprès d’une galerie londonienne.

La commissaire-priseur ajoute qu’un autre lot suscite déjà beaucoup d’intérêt. Il s’agit de deux feuillets enluminés avec des inscriptions en arménien du XIIIe siècle (6 000 à 7 000 euros). Ces feuillets viennent du monde des chrétiens coptes, et probablement d’Egypte, mais devaient appartenir à un manuscrit ayant circulé dans le monde arménien, car des inscriptions en arménien sont visibles dans les marges. Les miniatures représentées présentent des scènes du Jugement Dernier et de la Pesée des Âmes.

A noter que cette vente est une première partie puisque la suite de la collection sera présentée aux enchères au printemps.

Enchérir | Suivez la vente de la collection d’Ana et James Melikian le 21 décembre en live sur interencheres.com

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