Le 6 janvier 2023 | Mis à jour le 16 janvier 2023

5 choses à savoir sur Alphonse Mucha

par Magazine des enchères

Reconnaissables au premier regard, les œuvres d’Alphonse Mucha sont devenues de véritables icones. L’artiste tchèque de renommée internationale a révolutionné l’art de l’affiche à travers un style affirmé, emblématique de l’Art nouveau. Sa popularité au siècle dernier ne s’est pas tarie et ses affiches animent régulièrement les enchères pour le plus grand bonheur des collectionneurs. Retour sur l’œuvre foisonnante de ce peintre affichiste indissociable du Paris 1900. 

 

1. Il a débuté comme décorateur de théâtre à Vienne 

Issu d’une famille bourgeoise de Moravie, Alphonse Mucha (1860-1939) suit des études générales au lycée de Brno, avant de travailler dans le cabinet d’huissier de justice de son père. Passionné depuis sa plus tendre enfance par le dessin, il décide en 1878 d’envoyer sa candidature à l’Académie des beaux-arts de Prague. S’il essuie un refus, il persévère néanmoins dans cette voie et intègre, à l’âge de 19 ans, l’entreprise de décor de théâtre Kautsky-Brioché-Burghardt implantée à Vienne, un poste dont il est congédié prématurément suite à l’incendie de l’opéra qui contraint la structure à se séparer de ses collaborateurs. ll retourne alors en Moravie où il reçoit des commandes de portraits émanant de familles bourgeoises installées à Mikulov. Dans cette cité historique, Mucha rencontre le comte Khuen Belasi, le plus grand propriétaire de la région, qui devient son premier mécène en lui confiant la décoration de son château à Emmahof et du manoir de son frère à Bolzano. Grâce à ce soutien financier, le jeune artiste entreprend des études à l’Académie des beaux-arts de Munich, avant de rejoindre Paris où il intègre l’Académie Colarossi et l’Académie Julian. 

 

Alphonse Mucha (1860-1939). Les Amants au Théâtre de la Renaissance. Chromolithographie. Entoilée. Imp. Affiches Camis, 172 quai Jemmapes, Paris. Adjugée 16 640 euros par Ader le 24 mai 2022 à Paris.

 

2. Il a signé un contrat de six ans avec Sarah Bernhardt séduite par ses talents d’affichiste

A son arrivée à Paris en 1887, il découvre une ville cosmopolite accueillant une importante  communauté d’intellectuels slavophile et russophile. Il y rencontre maints artistes, à l’instar d’Édouard Vuillard, Pierre Bonnard, Paul Sérusier et Paul Gauguin avec qui il partage son atelier. En parallèle de ses études, Mucha s’initie au graphisme à travers la réalisation d’affiches publicitaires et d’illustrations pour des revues et catalogues, autant de travaux qui séduisent la maison d’édition parisienne Armand Colin qui l’embauche en 1889. Il reçoit sa première grande commande en 1894, alors que l’actrice Sarah Bernhardt sollicite l’imprimeur Lemercier, pour lequel il travaille, afin de réaliser une série d’affiches pour sa prochaine pièce de théâtre Gismonda. Séduite par l’originalité de son style, la comédienne signe un contrat avec l’artiste pour six ans. Mucha est désormais chargé de concevoir les décors, les costumes et les affiches de chacune de ses productions. Sa popularité ne cesse dès lors de croître et ses dessins déferlent dans les rues parisiennes.

 

« J’étais heureux de m’être engagé dans un art destiné au peuple et non à des salons fermés ».

 

Alphonse Mucha (1860-1939). Job (1896). Affiche lithographiée originale encadrée. 52 x 40 cm. 62 x 74 cm avec le cadre. Estimée entre 5 000 et 6 000 euros. En vente le 15 janvier sur Interencheres.

 

3. Il a inventé son propre langage artistique baptisé « style Mucha »

A la fin du XIXe siècle, Jules Chéret et Henri de Toulouse Lautrec sont passés maîtres dans l’art de l’affiche, le premier avec ses « chérettes » et le second avec ses prostituées. Mucha de son côté se distingue par ses compositions verticales, inspirées des estampes japonaises, usant d’un style très personnel fait de formes sinueuses, de lignes organiques et d’une gamme subtile de tons pastels. Il sublime la beauté féminine à travers ses arabesques, motifs emblématiques du style Art nouveau qu’il mêle harmonieusement à la graphie de ses affiches. Le corps de la femme gagne en sensualité et en volupté grâce à un subtil jeu de courbes : c’est la naissance du « style Mucha » ou « style Q ». Couronnées d’auréoles, les figures de cet artiste, qui se réclamait justement de l’art byzantin, sont hissées au rang d’icône et intégrées dans une profusion ornementale évoquant volontiers les décors baroques des églises tchèques.

 

« Mon art, si je peux l’appeler ainsi, s’est cristallisé. Il était en vogue. Il s’est répandu dans les usines et les ateliers sous le nom de style Mucha ».

 

Alphonse Mucha (1860-1939. Lithographie imprimée en brun sur vélin Lana. Signée dans la planche en coin inférieur droit. Imprimée sur les presses de Mourlot, Paris, 1986. 64,5 x 50 cm. Estimée entre 200 et 300 euros. En vente le 16 janvier sur Interencheres.

 

4. Il a célébré la culture slave dans une série de vingt tableaux 

Mucha rêve depuis son enfance d’une nation tchèque indépendante de l’empire austro-hongrois. Pourtant c’est à l’autre bout du monde, au cours de son voyage aux Etats-Unis entre 1907 et 1910, que lui vient l’idée de réaliser vingt toiles monumentales pour célébrer la culture slave. Après une longue période de négociations, l’homme d’affaires américain Charles R.Crane met à sa disposition les fonds nécessaires à leur exécution et lui permet de rentrer dans son pays natal. S’inspirant du folklore et de l’histoire slave, Mucha se consacre entièrement à ce qu’il nomme « le projet de sa vie » pendant dix ans. Dans ses peintures, il illustre l’essor de l’identité slave, des festivités de la Saint Guy à Rujana à la libération du peuple slave. Mucha affirme cet héritage à travers la représentation de modèles féminins habillés en vêtements traditionnels.

 

Alphonse Mucha (1860-1939). Bretonne de Guérande ou Chardon de Grèves. Lithographie en couleurs, 67 x 28 cm. Adjugée 4 270 euros par Salorges Enchères le 23 juillet 2022 à La Baule.

 

5. Il est considéré comme l’un des fers-de-lance de l’Art nouveau 

Fer-de-lance de l’Art nouveau, Mucha a reçu de nombreux prix au cours de sa vie. A Paris, il se voit remettre la Légion d’honneur pour sa contribution à l’Exposition universelle lors de laquelle il décore le pavillon de la Bosnie-Herzégovine. A son arrivée aux Etats-Unis en 1904, il jouit d’une popularité telle que les Américains le qualifient comme « le plus grand artiste décoratif du monde ». Cette renommée internationale, Mucha la doit sans doute à sa volonté de livrer un art universel, accessible à tous, par-delà les distinctions sociales, culturelles ou religieuses. Mais au faîte de sa gloire, l’artiste est arrêté par les troupes nazies en 1939 qui occupent alors la Tchécoslovaquie. Souffrant d’une pneumonie, il meurt peu de temps après sa libération, à la veille de ses 80 ans. 

 

Retour en images avec un florilège d’adjudications d’œuvres d’Alphonse Mucha 

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