Au sein de la vente d’art classique de 371 lots proposée par la maison de vente Mercier le 11 octobre, un ensemble de sculptures de la fin du XIXe et du début du XXe siècle devrait attirer l’attention.
« Tous les bronzes signés de Rodin, Degas ou encore Belmondo de notre vente appartenaient à un même collectionneur. Il a acquis cet ensemble principalement auprès de galeries nationales et internationales », commence le commissaire-priseur Patrick Deguines. Ajoutons que ce collectionneur avait un penchant pour la représentation humaine, seules deux sculptures représentant un animal, à l’instar du serre livre aux éléphants d’Ary Jean Léon Bitter (6 000 à 8 000 euros).

Une Danseuse de Degas
Parmi les pièces maîtresses de la vente organisée par Mercier figure une Danseuse ajustant l’épaulette de son corsage par Edgar Degas (80 000 à 100 000 euros). Il s’agit d’une fonte posthume par Hebrard, mais « toutes les fontes des sculptures de Degas le sont, il n’y a pas eu de tirage de son vivant », souligne Patrick Deguines. C’est donc à partir du modèle initial en cire, que l’on peut dater entre 1882 et 1895, que le fondeur a travaillé : « notre exemplaire porte le numéro 64/F, et il a été fondu entre 1917 et 1939 », précise le commissaire-priseur. Outre la notoriété du sculpteur et la qualité du bronze, il ajoute que ce lot devrait aussi bénéficier de sa traçabilité puisque la maison de vente a pu le relier à une ancienne collection connue. La danseuse devrait par ailleurs être incluse dans le catalogue raisonné des sculptures de Degas en cours de préparation.

Une étude de la tête de Balzac par Rodin
Seconde sculpture d’importance, l’impressionnante étude de la tête de Balzac par Auguste Rodin (50 000 à 60 000 euros). « Il s’agit là aussi d’une fonte posthume, mais ancienne par Alexis Rudier et datée de 1918-1920 soit juste après le décès de Rodin », complète le commissaire-priseur. Le sujet Honoré de Balzac a longtemps occupé le sculpteur, qui a réalisé un buste de Balzac jeune, quatre versions en pied, et différents bustes comme celui-ci (qui est une étude 1ere version, petit modèle).

Citons encore un autre portrait au catalogue de la vente Mercier, celui de Charles Garnier créateur de l’Opéra Garnier, par Jean-Baptiste Carpeaux (2 000 à 2 500 euros), en plâtre patiné et mordoré. Les deux hommes étaient proches, et c’est parce que l’Opéra lui avait commandé un groupe sculptural de danseurs que Carpeaux a réalisé ce buste, comme un remerciement. La création du modèle date des années 1868-1869, un exemplaire en bronze a été présenté au Salon de 1869.

Patrick Deguines signale enfin un « nu féminin très élégant de Paul Belmondo », des années 1940, sujet classique pour le sculpteur père de Jean-Paul Belmondo. Cette terre cuite d’édition à patine rosée est estimée entre 2 500 et 3 000 euros.