Le 21 juin 2024 | Mis à jour le 4 septembre 2024

La collection d’Alex Brunet, une passion pour la Haute Epoque

par Magazine des enchères

Après le succès de la première vente de la collection d’Alex Brunet, la maison Chauviré et Courant dispersera du 24 au 28 juin la suite de cet ensemble exceptionnel constitué par un médecin angevin passionné par l’art du Moyen Age et de la Renaissance.

 

[Mise à jour, 4 septembre] La plaque en émail polychrome a été adjugée 8 375 euros tandis que le livre d’heures manuscrit allemand changeait de main pour 8 750 euros. Le cadran diptyque en ivoire a quant à lui trouvé preneur à 6 625 euros. 

 

Né dans une famille de modestes paysans angevins, Alex Brunet (1946-2022) découvre adolescent l’art roman auprès de son oncle, curé de campagne, avant de s’émerveiller devant les vitrines des émaux médiévaux méridionaux qui trônent au musée de l’Evêché à Limoges – c’est le début d’une vie consacrée à la quête de la beauté. Pendant plus de cinquante ans, ce médecin angevin sera animé par la recherche quotidienne du prochain objet à intégrer à sa collection dédiée à l’art du Moyen Age et de la Renaissance. Une collection à laquelle, souligne Raphaël Courant, « il souhaitait donner la vie éternelle d’une publication ». A cette requête, le commissaire-priseur de la maison Chauviré et Courant devait répondre en livrant un riche catalogue à l’occasion d’une vente aux enchères d’exception – un premier opus ouvrait le bal en septembre 2023 et sera suivi, du 24 au 28 juin, de la dispersion de la dernière partie de la collection.

 

La Haute Epoque, une passion pour les émaux

Une sélection d’émaux de la Haute Epoque animera les premières enchères, dont une plaque carrée en émail peint polychrome avec rehauts d’or représentant saint Paul, par Léonard Limosin (Limoges, vers 1535-1540), estimée de 6 000 à 8 000 euros. Rappelons que les émaux de la collection d’Alex Brunet firent l’objet d’une publication en 1993 dans le Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin. Une croix en cuivre champlevé, émaillé, gravé et doré de Limoges, datée de la première moitié du XIIIe siècle (6 000 – 8 000 euros), côtoiera en outre une Vierge de pitié en ivoire sculpté en ronde bosse du XVe siècle (5 000 – 6 000 euros), ainsi qu’une assiette tirée d’une série des « Mois » en émail peint en grisaille de Limoges attribuée à Pierre Courtey (vers 1565-1575).

 

 

Des objets archéologiques aux livres et manuscrits

Le deuxième volet de la dispersion de la collection d’Alex Brunet, prévue le 26 juin, fera la part belle aux objets archéologiques. « Le plus convoité d’entre eux devrait être un somptueux collier composé de neuf pendants en forme de tête de Méduse grimaçante, provenant de Grèce ou de Grande-Grèce et du IVe siècle avant J.-C., à arborer contre 15 000 à 20 000 euros », précise Raphaël Courant. Suivront notamment une statuette de Vénus anadyomène en bronze (art romain, IIe -IIIe siècle) et une couronne funéraire à feuilles de laurier en tôle d’or (Grande-Grèce, IV e siècle avant J.-C.). Quelques pièces provenant de Chine et datant de la dynastie Shang (vers 1600-1046 av. J.-C.) seront également présentées, dont un vase de forme gu en bronze à patine verte à décor de dragons, et une verseuse tripode de forme jue en bronze à patine verte, la panse agrémentée de dragons.

 

 

Enfin, le 28 juin, le commissaire-priseur rendra hommage à l’érudition d’Alex Brunet, avec la dispersion de ses livres, albums et manuscrits, avant de renouer avec les fondamentaux de la collection – les objets d’art de la Haute Epoque, avec la vente de précieux cabinets et coffrets de l’Italie du Nord. « Cette dispersion, conclut Raphaël Courant, achèvera de montrer la culture, la curiosité et l’œil d’un amateur, au sens le plus noble du terme ».

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