Mois de juillet oblige, la maison d’enchères Thierry-Lannon & Associés organise les 17 et 18 sa traditionnelle vente « Tableaux modernes & écoles bretonnes ».
Mathurin Méheut, Lucien Simon, Maxime Maufra ou encore Henri Rivière. Trois fois par an la maison Thierry-Lannon & Associés donne rendez-vous à Brest aux passionnés d’artistes s’étant inspirés des paysages et des habitants de la péninsule pour une vacation intitulée « Tableaux modernes & écoles bretonnes » se déroulant du 17 au 18 juillet. Les estimations vont de 50 à 150 000 euros.
Des écoles multiples, un même attachement à la Bretagne
Cette vacation regroupe plusieurs peintres ayant pour sujet de prédilection la Bretagne, mais rattachés à des groupes différents. On y trouve ainsi Sigurd Fredriksen (1907-1986), disciple d’Édouard Vuillard, dont l’ensemble des neuf œuvres présentées, conçu pour décorer l’Hôtel Thalamot à Beg-Meil, témoigne des «enseignements nabis », pour reprendre les mots de l’expert Thomas Morin-Williams.

On y croise également Lucien Simon (1861-1945), de la bande noire, « des artistes en contrepoint par rapport aux impressionnistes », à la palette sombre à l’image de Cavalcade à Pont-l’Abbé, estimée entre 15 000 et 20 000 euros. Vient ensuite Charles Filiger et sa Maison du Pen-Du (recto), accompagnée au verso d’une Étude de trois adolescents (estimation : 120 000-150 000 euros), conservée toute sa vie durant par son ami Maxime Maufra, parfait exemple du synthétisme sur lequel François Rault s’est penché plus en détail dans le quatrième épisode de Folles Enchères TV.
Du symbolisme à l’école de Pont-Aven
« Cette vente, organisée en deux temps, couvre une large gamme de prix », souligne François Rault. Ainsi, certains enchérisseurs pourront se positionner sur une douzaine de lithographies d’Henri Rivière (1864-1951) montrant les mille et une nuances du littoral breton, estimées entre 300 et 500 euros, tandis que d’autres tomberont peut-être sous le charme de Vision symboliste du printemps de Paul Sérusier (1864-1927), estimé entre 20 000 et 30 000 euros, ou encore de Plage de Siouville (estimation : 80 000-120 000 euros), située sur la côte ouest de la Manche, hors des terres de Breizh, du membre de l’école de Pont-Aven Henry Moret (1856-1913).

« Ce tableau a la particularité d’avoir été acquis auprès de la galerie Durand-Ruel par un collectionneur proche de la famille éponyme, et d’être resté depuis dans la famille par descendance. » La toile figurera dans le catalogue raisonné de l’artiste, actuellement en cours de préparation.
Un marché des Écoles Bretonnes toujours aussi dynamique
François Rault se veut confiant avant le début de cette vacation : « Le marché est dynamique, en particulier pour les artistes reconnus dont les œuvres ont une provenance sans zone d’ombre. » Il en veut pour preuve la réussite de la vente d’avril, marquée par l’établissement d’un nouveau record pour une œuvre de Maxime Maufra : le tableau Calme d’été, baie de Douarnenez (1899) adjugé 215 644 euros frais compris, tandis que La maison aux peupliers (1906) s’envolait à 154 980 euros frais compris, doublant presque son estimation haute. De quoi présager de belles surprises.