Soulages, Poliakoff, Debré : une collection avant-gardiste aux enchères à Paris

20/04/2026

Pour inaugurer une série de vacations trimestrielles intitulées « Atmosphère contemporaine » dans son espace parisien, la maison de vente Alexandre Landre propose une collection de 55 œuvres françaises et européennes de la seconde moitié du XXe siècle.

 

La couple de Parisiens à l’origine de l’ensemble de peintures et dessins mis aux enchères le 26 avril « a eu un œil très averti pour l’époque, admire la commissaire-priseur Houria Bekkaoui, ils ont acheté en galeries et aux enchères uniquement en fonction de leur goûts et sans objectif de spéculation… » La vente, organisée par la maison Alexandre Landre, dira s’ils ont également eu la main heureuse du côté financier…

 

Des œuvres qui n’ont pas été vues depuis plus de 40 ans 

Cela sera certainement le cas avec la gouache de Pierre Soulages Composition 1951 (80 000 à 120 000 euros, accompagnée de son certificat d’authenticité signé de l’artiste daté de 1995), que le couple de collectionneur avait acquise en 1996. Ou avec la Composition de Martin Barré (80 000 à 120 000 euros) une huile sur toile acquise en 1986 auprès de la galerie Jacques Barbier. Ou encore au moment de l’adjudication d’une gouache de Serge Poliakoff intitulée Rouge, Bleu, Vert + Noir, 1959 (20 000 à 30 000 euros) achetée à la galerie Lahumière en 1986. « Les collectionneurs avaient tout conservé de leurs achats, les documents, certificats et factures, ce qui a permis d’établir la traçabilité de chacune des pièces. Et certaines n’ont pas été vues depuis plus de 40 ans, elles sont très fraîches sur le marché », ajoute la commissaire-priseur.

 

 

Une collection sur l’abstraction d’après-guerre

Les 55 pièces présentées forment un ensemble très homogène autour de l’abstraction d’après-guerre, qui était en cours de redécouverte dans les années 1980 à 2000 soit au moment où ce couple s’y est intéressé.

Une vingtaine de lots sont signés du dessinateur Fred Deux (1924-2015). « Ils se sont beaucoup intéressés à son travail, et l’ont rencontré », précise Houria Bekkaoui. Cet artiste né à Paris a créé à Marseille « le groupe des surréalistes à Marseille » dans les années d’après-guerre, il travaille alors sur des taches sur papier qu’il surnomme « kleepathologies » en hommage à Paul Klee.

Dans les années 1960, il passe à des dessins au crayon sur fonds aquarellés, avant de réaliser dans les années 1980 des grands formats, autoportraits ou figurant des êtres fantasmagoriques. Ces différentes périodes de travail se retrouvent au catalogue de la vente parisienne : Tâches, 1962 (300 à 500 euros), Le Placard, 1969 (1 000 à 1 500 euros) et enfin Sans titre de 2008 (800 à 1 200 euros).

A signaler également dans cette vente, une huile et pastel par Hans Hartung, datée de 1950 (8 000 à 12 000 euros), ainsi qu’une huile d’Olivier Debré intitulée Cachan le jardin, 1953 (10 000 à 15 000 euros). « Il y a une grande harmonie dans cet ensemble, une vraie cohérence, conclut la commissaire-priseur. Et ils ont profité de chacune de ces œuvres choisies avec soin en les accrochant au mur à tour de rôle ».

Enchérir | Suivez la vente Atmosphère contemporaine le 26 avril en live sur interencheres.com

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