Le 16 juin 2021 | Mis à jour le 22 juin 2021

Un vase de l’époque Yongle estimé à plus d’un million d’euros

par Renaud Hebert

Un précieux vase en porcelaine daté du règne de Ming Yongle sera vendu aux enchères le 19 juin à Clermont-Ferrand par Bernard Vassy et Philippe Jalenques. Témoin des heures fastueuses de l’Empire chinois, le vase dévoile un décor végétal d’un grand raffinement.

 

Réalisé à l’aube du XVe siècle, ce vase de l’époque Yongle se distingue par la qualité de son décor et la richesse de son histoire. S’il est probablement entré en France au XIXe siècle, les circonstances exactes de l’acheminement du vase demeurent inconnues. La trace la plus ancienne est une photographie de l’intérieur familial d’une maison auvergnate vers 1930, où le vase apparaît. Les propriétaires actuels de l’œuvre sont les descendants de cette famille. « S’il présente une très légère fêlure dans l’émail, il est exceptionnel de trouver des pièces de cette époque dans un si bel état », souligne le commissaire-priseur Bernard Vassy. Signe que la famille y attachait une certaine importance, sans avoir néanmoins conscience de sa formidable valeur historique et esthétique.

 

Une réalisation typique du règne de Ming Yongle

Réalisé sous le règne de Ming Yongle (1403 – 1424), troisième empereur de la dynastie Ming, ce vase, arborant une forme dite « Meiping », avec sa panse haute et son corps évasé, est d’une extrême rareté. De fait, les vingt-et-une années de règne de l’empereur incarnent un moment capital de l’Histoire de la Chine, mais la production artistique parvenue jusqu’à nous est très restreinte. Cette pièce est remarquable par la grande qualité de son décor, typique de l’époque. « Le bleu est caractéristique du règne de Ming Yongle », indique l’experte Alice Jossaume. La stylisation du décor, composé de motifs végétaux, et son ordonnancement rattachent encore la pièce à ce règne. Le décor est composé de dix fruits dans leur feuillage, répartis en deux registres. « La partie supérieure figure des litchi, grenade, pêche, longane et loquat, tandis que la partie inférieure est composée de pomme sauvage, melon, gingko, cerise et raisin. L’épaulement est orné de douze fleurs dans une frise de lingzhi, dont deux types de lotus, camélia, chrysanthèmes et hibiscus. Le pied est surmonté d’une frise de feuillage formant spirales et de dix pétales de lotus comportant les mêmes fleurs que l’épaulement. La rareté du vase réside dans la présence d’une double frise de pétales et rinceaux sur la partie inférieure, là où la majorité des pièces ne possèdent qu’une seule frise et moins de fleurs ». Le raffinement atteste d’une grande maîtrise, même s’il est aujourd’hui difficile de connaître les circonstances exactes de la fabrication. Il pourrait s’agir d’une commande de cour, réalisée dans les fours de Jingdezhen.

 

CHINE – Epoque YONGLE (1403 – 1424). Vase de forme meiping en porcelaine à décor en bleu sous couverte d’un registre de dix fruits dans leur feuillage répartis en deux registres. Estimé entre 1 et 1,5 million d’euros.

 

 

Une rare porcelaine du XVe siècle

Ces vases sont particulièrement recherchés par les collectionneurs asiatiques, désireux de voir ressurgir sur leurs terres les témoignages de leurs illustres ascendants. Un vase comparable avait été vendu aux enchères pour 18 millions de dollars en 2011. Ces pièces sont d’une grande rareté sur le marché. Les collectionneurs devront ainsi composer avec une estimation comprise entre 1 000 000 et 1 500 000 euros pour s’offrir cette porcelaine exceptionnelle du XVe siècle.

 

Haut de page

Vous aimerez aussi

Claude Viallat de retour à Nîmes

Le 2 août 2021 | Mis à jour le 2 août 2021

Le 4 août à Nîmes, la vacation estivale de Pierre Champion et Françoise Kusel sera l’occasion de retrouver l’enfant du pays, Claude Viallat, dont deux œuvres seront proposées de 1 […]

Jean Dufy, de Paris à Stockholm

Le 2 août 2021 | Mis à jour le 2 août 2021

Alors que le Musée de Montmartre expose dans la capitale « Le Paris de Raoul Dufy », une vue du bois de Boulogne signée de son frère cadet, Jean, sera […]

Takanori Oguiss, un peintre japonais à Paris

Le 21 juillet 2021 | Mis à jour le 2 août 2021

Sensible au charme pittoresque parisien, Takanori Oguiss s’est illustré à travers ses vues de la capitale où il s’établit durant l’entre-deux-guerres. Le 24 juillet à Vannes, Jack-Philippe Ruellan présentera aux […]