Le 11 mars 2024 | Mis à jour le 19 mars 2024

Une Transparence de Francis Picabia aux enchères à Toulouse

par Magazine des enchères

Une technique mixte réalisée en 1928 par Francis Picabia sera dévoilée aux enchères le 14 mars à Toulouse. Elle était restée dans la même famille depuis son acquisition au début des années 1930, au lendemain de son exposition chez le célèbre marchand Léonce Rosenberg. Estimée entre 300 000 et 400 000 euros, elle est caractéristique du tournant que l’artiste emprunte durant l’entre-deux-guerres, livrant des transparences, ces séduisantes superpositions d’images héritières de la peinture ancienne. 

 

[Mise à jour, 19 mars 2024] La transparence de Picabia, estimée entre 300 000 et 400 000 euros, a changé de main pour 656 250 euros (frais inclus). 

 

Francis Picabia (1879-1953) n’a eu de cesse de se renouveler au gré de ses rencontres. En 1909, il se détourne de sa première période dite « impressionniste », initiée dès 1899 au Salon des Artistes Français, pour créer ses « Mécanismes »,  « Monstres » et « Transparences », au contact de Gabrielle Buffet qu’il épouse cette année-là et qui l’initie à l’art moderne. En 1913, un séjour à New York, où il expose à l’Armory Show, le conduit à produire ses premières œuvres « mécanomorphiques », tandis que sa rencontre après-guerre avec Germaine Everling le rapproche des dadaïstes. En 1928, il abandonne finalement la « dérision de la peinture », au contact de sa nouvelle compagne Olga Mohler, et imagine des « transparences », ces séduisantes superpositions d’images héritières de la peinture ancienne. Un nouveau tournant dont témoigne la vente aux enchères de la maison Fournié & Cortès qui compte parmi ses pièces maîtresses une technique mixte de 1928 baptisée Harmas et estimée de 300 000 à 400 000 euros.

 

Une technique mixte exposée chez Léonce Rosenberg

Harmas fait écho à deux œuvres de Sandro Botticelli, Picabia reprenant le Portrait de jeune homme conservé à la National Gallery de Londres et les mains du Jeune homme tenant une médaille conservé à la Galerie des Offices de Florence. Usant d’effets de transparence, l’artiste superpose ces éléments, qu’il accompagne d’épais signes noirs, d’un mystérieux chat aux yeux verts ou encore de branches de lierre. Autant d’éléments qui inspirèrent au critique de cinéma Gaston Ravel le qualificatif de « surimpressionnisme », en référence à la simultanéité d’images de films superposées. Picabia associe aux œuvres de cette période des titres souvent énigmatiques. Ici, l’« Harma », une espèce de papillon ou, en provençal, une étendue caillouteuse et stérile laissée à l’abandon.

L’œuvre, acquise au début des années 1930 auprès de Théophile Briant par la famille de l’actuel propriétaire, demeurait à l’abri des regards depuis l’exposition « Francis Picabia Trente ans de peinture » organisée chez Léonce Rosenberg en 1930. Ce célèbre marchand d’art commanda en 1928 à Francis Picabia des « Transparences » pour décorer la chambre de son épouse dans son appartement du 75 rue de Longchamp à Paris.

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Francis Picabia (1879-1953), Harmas, circa 1928. Technique mixte sur carton, signée en bas vers la droite, 106 x 75,5 cm. Estimée 300 000 – 400 000 euros.

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