Le 19 février 2024 | Mis à jour le 14 mars 2024

Débuter une collection de figurines Tintin aux enchères

par Magazine des enchères

Outre les albums et les dessins, l’univers Hergé est peuplé de centaines de figurines en plomb, en bois ou en résine. Un expert nous livre ses conseils pour débuter une collection de figurines Tintin aux enchères.

 

Michael Buys, à la fois expert et commissaire-priseur au sein de la maison de vente BD Enchères, à Liège, prévient d’emblée : « il existe plusieurs catégories de figurines Tintin, que l’on classe en fonction du fabricant, des tirages, de la qualité… Certains existent encore, d’autres non». 

Débutons avec les Pixi, marque créée en 1983 par Philippe Antoine Guénard et Alexis Poliakoff. Sur le principe des anciens soldats de plombs, Pixi édite des figurines de personnages issus de la BD franco-belge peintes à la main. Autre fabricant historique, Leblon Delienne, qui a pris le nom de ses fondateurs Marie Leblon et Éric Delienne, et a produit des résines de personnages de Tintin jusque dans les années 2000 avant de fermer ses portes en 2014. « Moulinsart a ensuite repris le flambeau en ce qui concerne ces statuettes en métal et en résine, en utilisant parfois le nom de Tintin Imagination », explique Michael Buys. Dans la vente du 24 février de BD enchères se côtoient donc un Temple du Soleil Pixi Moulinsart de 2009, série Monuments mythiques (6 000 à 8 000 euros), et un ensemble de six figurines Pixi de 1993, collection des Grands Modèles (2 500 à 3 000 euros). Et pour les Leblon Delienne, la pièce la plus récente de la vente (qui en compte une douzaine) est un tirage de Tintin dans L’oreille cassée (série interrompue à 4 801 exemplaires sur les 5 000 prévus, pièce estimée 250 à 300 euros).

 

 

Aroutcheff, Fariboles : les petits producteurs

Il faut ajouter à ces deux historiques quelques fabricants de pièces plus prestigieuses, éditées en petits nombres d’exemplaires. A commencer par Aroutcheff, qui s’est spécialisé dans les véhicules issus des bandes dessinées Tintin, en tirages restreints : la fusée lunaire de 1986 présentée dans la vente compte 738 exemplaires (2 500 à 3 000 euros). Michael Buys ajoute que « encore une fois, Moulinsart a repris les modèles choisis par Aroutcheff, dans la vente nous avons deux voitures de Tintin au Congo, l’une par Moulinsart et datée de 2021, l’autre Aroutcheff de 1990, avec une estimation de 2000 à 2 500 euros chacune ». 

Créateur de dioramas et de statuettes assez complexes, Fariboles est un nom très recherché des collectionneurs. En 10 ans de collaboration, il n’a réalisé qu’une quinzaine de pièces issues de l’univers Tintin, mais elles comptent : la chute dans l’escalier de Haddock, le duel dans Rackham le Rouge, ou Bric-à-brac présent dans la vente de février, qui montre Tintin dans Les Cigares du pharaon (5 000 à 6 000 euros), édition de 2004. « C’est une pièce de très grande qualité, tirée à seulement 350 exemplaires, sa valeur a doublé dans les cinq dernières années », calcule l’expert. 

Un autre lot de la vente attire l’attention : une sculpture en plâtre représentant Mitsuhirato (personnage représenté dans Le Lotus bleu) de 1989 par Jean-Marie Pigeon : « Cet artiste a créé quelques très belles œuvres autour de Tintin, toujours éditées au maximum à 8 exemplaires, cela relève plus de l’art que du merchandising, y compris en ce qui concerne le prix, puisque l’estimation se situe entre 45 000 et 50 000 euros ».

 

 

L’ancienneté et le tirage : les critères pour connaître la valeur d’une figurine

Le cœur de la collection de figurines Tintin reste « les gammes Leblon Delienne et Pixi, car elles sont plus abordables, et plus précisément les pièces éditées entre 150 et 1 000 exemplaires environ, dont le coût se situe entre 100 et 1 500 euros », analyse Michael Buys… En précisant que dans cette fourchette, il existe déjà des dizaines de pièces à rassembler ! 

La valeur des figurines tient compte de l’ancienneté et/ou du tirage, variable essentielle pour des pièces récentes qui n’affichent pas toujours une limitation en nombre. Michael Buys donne un exemple : « Aroutcheff a d’abord été le spécialiste des véhicules Tintin, puis les éditions Atlas ont fabriqué quelques séries, avant que Moulinsart ne reprenne le flambeau… Résultat, une très belle voiture Aroutcheff peut se vendre entre 3 000 et 5 000 euros, alors que les éditions récentes de Moulinsart valent environ 1 000 euros en neuf, prennent un peu de valeur en sortie de magasin, mais les tirages sont trop importants pour que cela monte ». L’expert appelle enfin à la prudence, en raison des nombreux faux qui circulent en-dehors du marché des enchères. Il estime que « 80 à 90 % des faux sont grossiers, le vrai problème ce sont les 10 % restants, car il s’agit parfois de retirages hors licence difficiles à identifier ». 

Autant de conseils précieux qui permettront aux amateurs de débuter leur collection de figurines. De nombreuses ventes aux enchères sont prévues dans les prochains jours sur Interencheres, chez BD Enchères ou Stanley’s Auction, notamment. 

Enchérir | Suivez les prochaines ventes de figurines de Tintin sur interencheres.com

 

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