Le 20 mai 2024 | Mis à jour le 20 mai 2024

Le flipper, du bistrot aux salles des ventes

par Magazine des enchères

Emblèmes de la culture populaire, les flippers se sont faits une place dans les ventes aux enchères, alimentant un marché dynamique, composé aussi bien de collectionneurs et joueurs, que d’amateurs de décoration. Retour sur l’histoire de ce billard électrique à l’occasion de la vente d’une trentaine de modèles vintage. 

 

Le flipper puise ses origines dans la bagatelle, un jeu de table inventé en France en 1777. Son histoire ne débute néanmoins qu’en 1931 avec l’invention du « Whiffle board », commercialisé par Arthur Paulin par l’intermédiaire de sa compagnie Automatic Industries. Il prend dès lors la forme d’une bagatelle à monnayeur, dotée d’un plateau de jeu, d’un lance-bille, de batteurs et d’une vitrine. Gottlieb, Bally et Williams se partagent dès les années 1930 le commerce de ce « billard électrique ». Si Gottlieb, avec sa « Baffle Ball » de 1931, et Bally, avec son « Ballyhoo » de 1932, se positionnent rapidement en leaders sur le marché des machines à monnayeur, c’est Harry Williams pour Pacific Amusement  qui, en 1933, invente le premier flipper relié à l’électricité à l’origine de sa société éponyme. Plusieurs évolutions techniques se succèderont ensuite, des flippers à fonctionnement électromécanique aux modèles à système électronique dans les années 1970. 

 

Des flippers anciens plus accessibles

Une vente aux enchères organisée par la Galerie de Chartres le 26 mai dévoile quelques modèles emblématiques des années 1940, 1950 et 1960. « Ces modèles, à fonctionnement électromécanique, ont des prix plus raisonnables que ceux des années 1980 et 1990, note la commissaire-priseur Elsa Gody-Baubau. Les premiers se vendent autour de 2 000 euros, quant les modèles plus récents affichent des prix entre 5 000 et 6 000 euros. Cette différence de valeur s’explique par le fait que le marché des flippers est très apprécié des quarantenaires qui veulent acquérir les modèles de leur enfance. » Une trentaine de flippers figurent au catalogue de la vente, dont des modèles emblématiques signés Gottlieb et Williams. 

 

 

L’état de conservation, un critère essentiel

Les flippers réunis par la Galerie de Chartres, une maison de vente qui a fait du jeu sa spécialité, appartenaient à un passionné qui a passé une grande partie de sa vie à enrichir sa collection. « Son grand plaisir a été de les remettre en état à tel point qu’il a fait, pour chacun de ces flippers, un immense travail de recherche, confie la commissaire-priseur. Il n’a pas hésité à contacter les grandes entreprises comme Gottlieb et Williams pour récupérer dans leurs archives les schéma des circuits électromécaniques et les règles du jeu. C’est un immense travail qui fait toute la différence. » L’état de conservation est un élément essentiel dans la fixation des prix. Les amateurs sont en effet particulièrement vigilants sur le fonctionnement du mécanisme et de l’ampoule, de même que sur l’état cosmétique de la caisse et du fronton qui, réalisé souvent en verre imprimé, nécessite des frais de restauration conséquents. 

Elsa Gody-Baubau ajoute que « la rareté a aussi un impact sur les prix. Certains modèles n’ont pas eu beaucoup de succès à leur sortie et ont donc été produits en faible quantité. Aujourd’hui, certains collectionneurs cherchent ces modèles délaissés. Cependant, ils ne sont pas majoritaires car les amateurs de jouets sont guidés par la nostalgie que leur évoquent ces pièces, tant et si bien que certains flippers produits en grand nombre obtiennent parfois des prix plus élevés. » Parmi les pièces rares de la vente figure un flipper Gottlieb « Gin Rummy » édité à seulement 500 exemplaires en 1949 (1 800 à 2 000 euros). 

 

 

Un objet social et décoratif

Les ventes de flippers attirent des enchérisseurs de tous horizons. « Sur ce marché, on rencontre aussi bien des collectionneurs, que des joueurs et amateurs de décoration », précise la commissaire-priseur. Avec leurs tons chamarrés, ces « billards électriques » ont en effet un aspect décoratif séduisant pour les amateurs de décoration vintage. Ces derniers ont de plus le choix parmi un large éventail de motifs, dont la Galerie de Chartres dévoile un florilège, avec des modèles célébrant la vie urbaine, la boxe, les sports hippiques et la conquête spatiale. « Les flippers traitant de la conquête spatiale mettent en exergue le contexte de la Guerre froide et témoignent de l’évolution de la vision autour de ce thème, de la représentation naïve des modèles des années 1940 au réalisme des années 1960. Cela nous rappelle à quel point le flipper est un objet social. » Les héros du petit écran sont une autre thématique plébiscitée des collectionneurs. L’un des modèles les plus recherchés célèbre d’ailleurs la « Addams Family », un flipper produit par la firme Bally en 1992.

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