Le 10 juin 2026 | Mis à jour le 10 juin 2026

Une vente inédite dédiée à Dragon Ball pour les 40 ans de la saga

par Magazine des enchères

La maison Ouest Enchères Publiques dispersera le 13 juin près de Rennes plus de 300 lots issus de deux collections privées entièrement consacrées à Dragon Ball. À l’occasion des 40 ans de l’œuvre d’Akira Toriyama, documents d’animation, figurines, cartes, jeux vidéo, mangas et objets promotionnels rassemblés par deux passionnés reconnus, Genki et BS4352DBZ, seront proposés aux enchères. Focus sur une vacation inédite en France.

 

Pour toute une génération biberonnée au Club Dorothée, le seul nom de Dragon Ball suffit à réveiller une madeleine de Proust. « Les premières diffusions, c’est la fin des années 1980 pour la France. On est en plein dans la madeleine de Proust pour les quarantenaires », confirme le commissaire-priseur Alban Perdereau. Né en 1986 sous le crayon d’Akira Toriyama, d’abord publié par épisodes dans le célèbre magazine Jump avant d’être décliné en séries animées puis en films au cinéma, Dragon Ball est devenu, au fil des décennies, bien plus qu’une série : une véritable saga, et un phénomène mondial. C’est ce patrimoine pop que font revivre deux collectionneurs français, deux générations réunies par la même ferveur qui ont confié à la vente plus de 300 lots bientôt dispersés par la maison Ouest Enchères Publiques.

 

Documents d’animation, figurines et trésors venus du Japon

Derrière les alias Genki et BS4352DBZ se cachent deux passionnés, l’un proche de la trentaine, l’autre de la quarantaine, l’un Rennais, l’autre originaire du nord de la France. Tous deux animent leurs propres réseaux sociaux dédiés à la saga et arpentent les conventions depuis des années. « Ils ont commencé par collectionner de petites choses, puis se sont mis à acheter directement au Japon. Ce sont des passionnés au sens plein du terme », souligne Alban Perdereau, qui note des chemins de collectionneurs distincts mais complémentaires : « Le premier a commencé par les documents d’animation — les crayonnés, les cellulos produits par les studios japonais — avant les produits dérivés. Le second est arrivé par les mangas, les jeux vidéo, les supports de films, les figurines, puis les documents d’animation. »

 

Ensemble de 247 cartes des séries françaises Carddass et Le Grand Combat (1995 à 1998) + sept boosters vides + un classeur + une pocket box + un mini classeur.

 

Bryan Sousi, dit BS4352DBZ, raconte une enfance entièrement irriguée par l’univers du guerrier Saiyan. « Dragon Ball appartient à l’âge d’or de l’animation en France », confie le collectionneur, qui se souvient avoir reçu à quatre ans une figurine Vegeta AB Toys, puis en 1995 les VHS des films Fusion et L’Attaque du Dragon. « J’accumulais les objets sans me rendre compte que je constituais une collection ; c’est en voyant ma pièce de stockage remplie que j’ai compris. » Sa bascule vers les documents d’animation tient presque du roman : « J’ai commencé avec l’achat d’un genga de Vegeta. Quatre ans après l’avoir acquis, je l’ai affiché sur les réseaux sociaux, et l’animatrice qui l’avait réalisé alors qu’elle travaillait au studio Toei Animation l’a reconnu. Nous avons échangé par la suite ! »

Le parcours de Nicolas Psaute, alias Genki, collectionneur depuis plus de trente ans, témoigne lui des débuts héroïques de la passion en province. « En 1995, il y avait très peu de produits dérivés, très peu d’objets ; je pouvais simplement me les procurer grâce au Dorothée Magazine du Club Dorothée », se souvient-il. Sa rencontre avec un grand collectionneur de celluloïds voisin fut, dit-il, « une révélation ». Au début des années 2000, grâce à des intermédiaires sur place, il fait partie des tout premiers à importer des produits japonais. Parmi les pièces phares de la vente, il en est une à laquelle il reste profondément attaché : un coffret de figurines présenté dans un salon au Japon en 1992 (lot 193), « l’objet que j’ai eu le plus de mal à me procurer et pour lequel j’ai le plus d’affect. Aujourd’hui, il est très difficile de les retrouver en bon état et non utilisées ». L’ensemble de la vacation fait ainsi la part belle aux raretés japonaises (figurines neuves sous blister, éditions spéciales de jeux vidéo encore scellées, drapeaux PLV en état quasi neuf), des objets dont la valeur tient autant à leur état qu’à leur ancienneté. Car, comme le rappelle le commissaire-priseur, « un cellulo n’est pas un objet fait pour être conservé : c’est un outil de production voué à disparaître. Plus ces pièces sont anciennes, plus elles sont rares. »

 

Cellulo original peint à la main à la peinture acrylique et utilisé dans la production de l’anime Dragon Ball, grand format (oversized : Haut. : 30 cm – Larg. : 35 cm) représentant Piccolo arrachant son bras, avec son décor peint à la main. Le douga, crayonné préparatoire dessiné à la mine de plomb, est également présent. Cette séquence a été réalisée par le célèbre animateur Katsuyoshi Nakatsuru pour l’épisode 146 de Dragon Ball « La loyauté de Sangoku », « 孫悟空のワナ », localisable à environ 19 minutes et 38 secondes, produit en 1989 par Toei Animation.

 

Une première en France

Si le marché des produits dérivés est désormais bien installé, celui des documents d’animation reste jeune et confidentiel. « Les premières ventes remontent à cinq ou six ans, pas davantage », rappelle Alban Perdereau, qui établit ses estimations en confrontant son expertise aux références d’un marché de niche, alimenté par des plateformes où collectionneurs achètent et revendent entre eux. La demande, elle, dépasse largement les frontières : « Beaucoup de pays d’Europe sont demandeurs, et bien sûr le Japon et les États-Unis. » Surtout, l’événement marque une étape : « En France, c’est à ma connaissance la première fois qu’une vente sera entièrement dédiée à Dragon Ball, sur une licence d’une telle ampleur. »

 

Diorama non commercialisé, complet et exceptionnel de la tour Karin et du palais de Kami-sama (Dieu) avec ses figurines exclusives Dragon Ball, Z, GT et films.

 

Pour donner à cette dispersion la dimension qu’elle mérite, les deux collectionneurs et la maison de ventes ont vu grand. La vacation sera précédée de deux jours et demi d’exposition – « plus que ce que l’on fait d’habitude », précise le commissaire-priseur – afin d’ouvrir l’événement au public, aux enfants comme aux curieux qui n’achèteront pas, et de transformer l’Hôtel des ventes en un petit musée éphémère avant la dispersion. Une démarche fidèle à l’esprit de partage qui anime les deux passionnés, aujourd’hui décidés à tourner une page. « Une collection, c’est dévorant, cela prend du temps », résume Alban Perdereau, évoquant le besoin de transmettre, de financer d’autres projets et d’ouvrir un nouveau chapitre. Genki ne dit pas autre chose dans le texte qu’il a rédigé pour l’occasion : « Pour diverses raisons, j’ai pris la décision de me séparer d’une grande partie de ma collection, mais mon amour pour le manga original reste intact ! » Et BS4352DBZ de conclure, dans le même élan : « De nouveaux horizons m’attendent. C’est désormais à vous d’en profiter et de continuer à la faire vivre ! » Rendez-vous le 13 juin, la chasse aux trésors du monde de Goku ne fait donc que commencer !

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