Les céramiques anglaises de Wedgwood, 250 ans d’histoire

14/11/2025

Les créations de la manufacture anglaise de Wedgwood comptent parmi les céramiques les plus vendues aux enchères, avec des prix allant d’une dizaine d’euros à plusieurs dizaines de milliers d’euros. Le point sur l’histoire et le marché de ces faïences reconnaissables depuis le XVIIIe siècle à leur fond bleu mat et décor blanc.

 

A l’origine de la manufacture anglaise de Wedgwood trône Josiah Wedgwood (1730-1795). Fils de potier, il travaille d’abord avec son père, et s’intéresse rapidement à la conception et au développement de l’entreprise. En 1759, il lance sa propre fabrique, et sort d’abord des grès noirs et durs teintés dans la masse (Black Basalte) puis de la faïence à pâte jaspée non émaillée et teintée (jasperware), et son entreprise continuera après son décès avec des céramiques émaillées et de la porcelaine.

 

Des pièces anciennes nombreuses sur le marché

Josiah Wedgwood s’est très tôt intéressé à la commercialisation de ses pièces, il diffuse un catalogue et n’hésite pas à proposer une garantie de remboursement à ses acheteurs ! Le jeune capitaine d’industrie va largement participer à la révolution industrielle britannique, il produit en masse en optimisant les chaînes de production, sans oublier d’apporter de bonnes conditions de travail (pour l’époque) à ses ouvriers.

En conséquence, les pièces anciennes de Wedgwood sont assez nombreuses aujourd’hui. « Sur le marché, nous avons principalement des objets du XIXe siècle, et ils dépassent rarement quelques centaines d’euros… C’est un domaine difficile à prévoir car il n’y a pas beaucoup de ventes de pièces importantes », constate Chloé Senez de la maison de vente Le Floc’h.

Il est vrai qu’une rare porcelaine du XVIIIe avec une belle origine peut aller bien au-delà, à l’image de la grande plaque rectangulaire représentant une bacchanale en bas relief adjugée 22 500 euros chez Remy Le Fur, mais la vente date de 2014. Et certaines créations du XXe siècle se défendent parfois très bien, citons notamment le collier orné de motifs en porcelaine Wedgwood bleues vers 1910 parti pour 4 500 euros chez Biarritz Enchères en 2022.

 

WEDGWOOD. Ensemble de flacons et vases en biscuit bleu et blanc dit jasperware à décor de personnages à l’Antique. Il comprend : – 2 flacons avec leurs bouchons d’un modèle proche (Haut. : 21 cm et 19 cm), – soliflore (Haut. : 17 cm), – petit vase à deux anses, le col a décor de nœuds et couronne de laurier (Haut. : 16 cm). Marqués. XIXe siècle. Estimation : 100 – 150 euros. 

 

Quatre décors principaux en 250 ans d’histoire

Au long de son histoire, la manufacture a créé quatre décors principaux : la Jasperware inventé par Josiah Wedgwood dans les années 1770 est le plus connu. La légende dit que la reine Catherine de Russie en a commandé un service complet. C’est un fond mat souvent bleu, mais parfois aussi vert, noir ou jaune, avec des ornements en relief blancs. « Nous présenterons bientôt aux enchères une quinzaine de lots en bleu et blanc, avec deux tons différents de bleus, ils sont estimés entre 80 et 200 euros », détaille Chloé Senez.

Second décor, le Queen’s ware (vaisselle de la Reine) est inspiré du service à thé imaginé pour la Reine Charlotte en 1765, c’est un décor crème sur un fond crème. En janvier 2024, un service avec ce décor a été vendu 720 euros chez Joigny Enchères.

Fairyland Lustre, avec ses décors peints à la main et un émail irisé est l’œuvre de Daisy Makeig-Jones vers 1915. L’adjudication de 700 euros pour une coupe octogonale vers 1920 (mars 2019, Saint-Germain-en-Laye Enchères) montre que ce décor XXe siècle est assez coté. Terminons avec les faïence Majolique, qui exploitent à la fin du XXe siècle des motifs ton sur ton en relief inspirés de la nature : pour exemple, une jardinière dite des « Enfants Bouchers » adjugée 600 euros chez Conan en 2021.

 

WEDGWOOD. Centre de table dit des « enfants Boucher ». en majolique émaillée sur un piétement tripode à coquilles et enroulements. Trois enfants adossés à des roseaux et séparés par des coquilles sont réunis par un foulard bleu. Ils soutiennent une coupe ajourée à l’imitation de la vannerie dont le fond est godronné. Marques en creux « WEDGWOOD », « S », et « GHX » Deuxième moitié XIXème siècle vers 1869 H. : 33cm. Adjugé 600 euros chez Conan en 2021. 

 

Débuter une collection, par forme, couleur, époque…

S’intéresser aux créations de Wedgwood peut passer par plusieurs biais : les pièces de formes d’abord, les services de table ensuite, et enfin les médaillons. L’un d’entre eux est resté célèbre dans l’histoire de la manufacture : le médaillon d’esclave montrant un esclave enchaîné avec l’inscription « Ne suis-je pas un homme et un frère ? ». Voulu par le fondateur Josiah, il a été largement diffusé dans le monde. Il est également possible de ne se consacrer qu’à une seule couleur du décor Jasperware, ou de rassembler toutes les scènes inspirées de l’antiquités figurant sur les assiettes, les vases, les sceaux à biscuits.

Pour ces pièces typiquement anglaises le marché ne se limite pas aux acheteurs d’outre-Manche, ainsi que l’affirme Chloé Senez : « le marché reste très ouvert pour ces porcelaines qui sont à la fois des objets de vitrine et des céramiques anciennes classiques ». 

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