Dans un marché de la collection relativement stable, il est une catégorie de voitures de collection qui connaît un succès grandissant : celui des 4×4 et autres ancêtres des SUV. Décryptage.
Alors que les SUV caracolent en tête des ventes de voitures neuves depuis une bonne décennie, leurs ancêtres à quatre roues motrices suscitaient jusqu’à il y a peu un intérêt mitigé en collection. Trop utilitaires, ils n’intéressaient qu’une catégorie bien particulière d’utilisateurs, à la recherche de bêtes de somme corvéables à merci sur les terrains les plus difficiles. Depuis quelques années cependant, les plus emblématiques des 4×4 historiques deviennent de vrais pièces de collection et certaines d’entre elles font l’objet de restaurations minutieuses, comme s’il s’agissait de Jaguar ou de Ferrari. En collection, ce sont surtout les modèles de marques pionnières qui attirent : Land Rover, Jeep, Toyota et Nissan. Les motorisations essence sont largement préférées aux diesel et les exemplaires en bon état sont rares, conséquence évidente d’une utilisation intensive.
Jeep : la mère des 4×4 se porte toujours bien
S’il est vrai que les 4×4 des années 1970 ne sont considérés que depuis peu, ce n’est pas le cas de la bonne vieille Jeep Willys, dont la valeur historique est reconnue depuis les débuts de l’histoire de la collection. Sa cote se maintient bien mais varie beaucoup en fonction de l’authenticité ou de l’historique. Ainsi, un modèle en état correct à l’historique peu détaillé avec sa remorque a été vendu 16 016 euros (frais compris) par Guizetti-Collet à Reims le 27 octobre 2019. En comparaison, un exemplaire authentifié plus ancien de 1942 produit par Ford a obtenu 31 000 euros à Paris le 27 septembre 2020 et un modèle issu du contrat de cession de 1947, entre l’US Army et l’Armée Suisse était adjugé à 31 620 euros par Rois & Vauprès, le 4 juin 2023. Le record reste celui obtenu par la Willys de Steve McQueen vendue plus de 90 000 euros à Birmingham, en octobre 2018. Ses descendantes commencent également à susciter un intérêt certain : une Wrangler de 1989 en bel état a été ainsi adjugée à 13 688 euros par Montargis Enchères le 26 septembre 2020 ou encore à 21 240 euros pour un modèle vendu le 17 septembre 2023 par Denis Herbette.
Par Guizetti-Collet à Reims le 27/10/2019 : JEEP Willys de 1944 et remorque M416 (remorque vendue sur désignation), N° 306908, 13CV ES, moteur marqué WILLYS, fixation de la colonne de direction par rivets, contacteur démarreur sur le plancher, découpe au dessus de la jauge d’ampère, longeron de renfort arrondi. Avec son équipement, bâche, portières, roues de secours, outils, antenne etc.. Moteur tournant. Daterait de février 1944 selon numéro de série. Quelques pièces rapportées, carburateur solex, marches pieds refaits, filtre à essence, régulateur de charge, treuil sur boite de vitesse, manque les chapeaux de roues. Moteur tournant – Carte-grise française avec erreur sur le type « MS » au lieu de MB. Vendu en l’état – Contrôle technique du 06/05/2006.
Par ROIS & VAUPRES ENCHERES à Grandcamp-Maisy le 04/06/2023 : JEEP WILLYS MB
Plaque tableau de bord et châssis : #389826
Date de production du 18 Novembre 1944
Moteur MB : #506175
En état de fonctionnement
Issue du contrat de cession en 1947, entre l’US Army et l’Armée Suisse, portant sur la vente de 1565 Jeep Willys et Ford, d’origine et conservée par la suite dans une importante collection helvétique, cette Willys avait été reconditionnée il y a plus d’une trentaine d’années dans les standards des collectionneurs de cette époque, en privilégiant le fonctionnement et l’utilisation.
Ses plaques fixées sur la boîte à gants sont d’origine, celle de production indique la date du 18 novembre 1944 avec le poinçon de l’US Ordnance. Son numéro de fabrication #389826 est concordant à celui frappé sur la plaque de son châssis.
On remarquera le typique volant bakélite et acier d’origine, ainsi que plusieurs manomètres de son tableau de bord.
Son panneau arrière estampillé Willys type Early ne correspond pas à son année de production ayant été certainement reconditionné et réparé dans des ateliers régimentaires au cours de son passé militaire.
Le moteur type « Go Devil » est de production Willys. Son bloc est frappé du numéro 506175. Certaines de ses périphéries sont d’origine dont le filtre à air et celui d’essence, la dynamo, son régulateur et également son démarreur. Le carburateur d’origine type Carter – USA a été remplacé par un Solex – France, réputé moins gourmand en carburant.
Les pneumatiques sont de type Military et les jantes sont d’origine, le modèle dit « combat », boulonnées. Le bâchage et la sellerie sont en bon état.
Des accessoires complètent cette MB, dont la pelle et la hache type US, et sur le côté un support d’antenne radio modèle MP-50 et son embase d’antenne MP-48.
En bon état et fonctionnelle, cette Jeep Willys est à collectionner sans attendre.
Dash and chassis plate #389826
Production date of November 18, 1944
MB engine #506175
In working condition
Resulting from the transfer contract in 1947, between the US Army and the Swiss Army, concerning the sale of 1565 Willys and Ford jeeps and later kept in an important Swiss collection, this Willys had been reconditioned more than thirty years ago in the standards of the collectors of that time by privileging the functioning and the use.
Its plates fixed on the glove box are original, the production one indicates the date of November 18, 1944 with the stamp of the Us Ordnance. The production number #389826 matches the one stamped on the chassis plate.
Note the typical original bakelite and steel steering wheel and several gauges on the dashboard.
Its rear panel stamped Willys type early does not correspond to its year of production having certainly been reconditioned and repaired in regimental workshops during its military past.
The « go devil » type engine is of Willys production, its block is stamped with the number 506175, some of its peripheries are original including the air filter and the fuel filter, the dynamo and its regulator and also its starter. The original Carter – Usa type carburetor has been replaced by a Solex – France, reputed to be less fuel hungry.
The tires are military type and the rims are original, the so-called « combat » bolted model. The tarpaulin and the upholstery are in good condition.
Accessories complete this MB, including the US type shovel and axe and on the side a radio antenna holder model MP-50 and its antenna base MP-48.
In good condition and functional, this Willys Jeep is a must-have to collect.
Par Maître Denis HERBETTE à Doullens le 17/09/2023 : JEEP WRANGLER (YJ) 4.2 1989
L’héritière de la WILLYS !!!
Vidéo sur demande, du moteur 6 cylindres en ligne de 4,2 litres de cylindrée en marche.
Dossier photos sur demande.
Présence de la Carte Grise Française.
Le Contrôle Technique du 13/07/2023 est Favorable.
145.000 mph au compteur
Le Range Rover au beau fixe
Parmi les 4×4 mythiques qui suscitent de belles enchères figure en première place le Range Rover, premier tout-terrain européen de luxe lancé en 1970. Ce sont justement les premiers qui attirent le plus. Si un bel exemplaire 5 portes de 1982 a obtenu 16 200 euros le 21 juillet 2020 chez Osenat à Fontainebleau, un modèle « Suffix A » correspondant de 1972 a dépassé les 65 000 euros à Paris en février de la même année. Les générations suivantes obtiennent pour l’instant des enchères raisonnables, mais cela pourrait bien ne pas durer.
Par OSENAT à Fontainebleau le 21/07/2020 : 1982
RANGE ROVER CLASSIC
Châssis n° SALLHAMV2AA120006
Carte grise française
La voiture d’usage la plus universelle du monde !
Le confort et la puissance des voitures Rover, la robustesse inégalée de la Land Rover, une mobilité exceptionnelle grâce à ses 4 roues motrices en font un véhicule absolument unique.
L’avènement de la Range Rover a été salué comme le plus grand progrès dans l’industrie automobile de Grande Bretagne. Cette automobile est douée d’une souplesse d’emploi sans égale. C’est la voiture d’excursion sans souci, l’automobile de ville étonnante, le véhicule de grand tourisme rapide et c’est aussi un robuste outil de travail pour la campagne, sur route comme en tous-terrains.
De quelque façon que vous la considériez, les possibilités de la Range Rover sont immenses dans tous les domaines.
L’intérieur est très lumineux et spacieux. Les commandes et les instruments ont été conçus de manière à ne gêner aucune manœuvre et à faciliter leur fonctionnement. C’est ainsi que les cadrans aisément déchiffrables sont groupés sur une console bien claire, placée dans le champ visuel immédiat du conducteur.
Le modèle présenté a été livré neuf à Barcelone en 1982.
Le dossier possède la copie du carnet tamponné de la livraison à 2013. Ensuite son propriétaire actuel en prend possession. Il l’entretien comme il se doit. L’essai effectué a été très concluant. Le moteur est parfaitement équilibré et les doubles amortisseurs le stabilise d’une façon remarquable. Les sièges ont été protégés par des housses en laine d’agneau faites sur mesure en Angleterre chez Sheepskin, très agréables au confort. La peinture « ice blue » se marie parfaitement avec son intérieur.
Le dossier complet d’entretien sera remis avec quelques pièces à l’acquéreur.
Les Range Rover Classic sont de plus en plus recherchés. Ce modèle n’a rien à envier à beaucoup de voitures d’aujourd’hui et s’avère surtout avoir beaucoup plus d’allure !
Parmi les légendes du 4×4 figurent en bonne place le Toyota BJ land Cruiser, conçu presque en même temps que le Land Rover. Reconnu pour son endurance et sa fiabilité, il fait aujourd’hui l’objet d’un véritable culte. N’importe quel exemplaire en état correct est susceptible d’obtenir une belle enchère : c’est le cas d’un fourgon BJ40 vendu 15 444 euros par l’Hôtel des ventes de Coulommiers le 8 avril 2017. Mais un BJ43 de 1981 restauré à neuf a obtenu 114 432 euros à Paris en février 2020 ! Aux Etats-Unis, l’engouement est tout aussi fort : un modèle de 1978 comptant 8 473 km au compteur a ainsi été adjugé à 85 000 euros en avril 2018. Tous ses descendants baptisés Land Cruiser suivent la même tendance lorsqu’ils sont en excellent état d’origine ou restaurés. Un exemplaire restauré intégralement par Teseven Toyota Classic ainsi trouvé preneur à 101 320 euros lors d’une vente organisée par Artcurial, le 18 mars 2022 à Paris. Reste que si les 4×4 purs et durs anciens ont désormais la cote, attention aux pièges : les SUV de luxe plus récents, comme les Porsche Cayenne ou BMW X5, très nombreux, sont loin de suivre la même voie. Ne vous laissez pas griser !