Le 21 juin à Fontainebleau, la maison Osenat présentera aux enchères une Bugatti Type 38 exceptionnelle de 1926. Estimée à plus de 300 000 euros, elle sera vendue avec une sélection de véhicules de prestige, dont une Auburn 851, deux Delahaye 135 et une rare Citroën DS 19 de 1963.
La plus emblématique voiture de course des années 1920, la Bugatti Type 35, a fait l’objet de nombreuses répliques de grande qualité et mêmes les plus originales doivent parfois utiliser des pièces récentes pour continuer à rouler. La Bugatti Type 35 présentée aux enchères par la maison Osenat le 21 juin prochain à Fontainebleau et en live sur Interencheres est conforme au modèle Type 35 A, produit à 139 exemplaires de mai 1925 à septembre 1927. Réalisée dans les années 1990, elle offre néanmoins une très belle patine et surtout un titre de circulation français. Sa qualité de réalisation justifie son estimation comprise entre 300 000 et 400 000 euros, évidemment très inférieure à celle d’un modèle authentique. En revanche, le châssis de la Bugatti Type 38 de 1926 de la même vente est bien original, même si son histoire d’avant-guerre n’est pas documentée. Malheureusement, elle ne dispose plus de son moteur d’origine. Elle est dotée d’un bloc reconstruit par l’entreprise argentine Pur-Sang et d’une carrosserie en aluminium réalisée au début des années 2000. Néanmoins, il s’agit bien de l’un des 40 Type 38 survivants (300 000 — 400 000 euros).
Par Osenat Fontainebleau à Fontainebleau
le 21/06/2021 : 1926 BUGATTI TYPE 35 A
2 litres Course Imitation Tecla
Carte de grise française
La voiture présentée à la vente est dans la configuration du modèle Type 35A dérivé des Grand Prix Bugatti Type 35 de 1924.
L’examen du véhicule montre une voiture en bel état d’usage, avec une patine ancienne.
La plaque châssis gravée 4627 est neuve.
La caisse aurait été réalisée en Espagne ainsi que le capot.
Selon le propriétaire, le miroir et le saute vent seraient deux pièces originales. Le châssis est neuf et de provenance anglaise.
Il est conforme au modèle, équipé du perçage de la sortie des cables de freins avant, en arrière de l’articulation des ressorts, comme sur les cadres de Grand Prix Bugatti huit cylindres antérieurs à 1928. Il est équipé de tambours ventilés de facture récente.
Le radiateur est neuf, et ne comporte pas de marque de fabrique. Il est équipé d’un petit ventilateur additionnel. Le moteur serait à l’origine une entité complète en provenance d’Argentine. Il porte gravé sur la face supérieure de son carter inférieur le numéro 34 suivi de la lettre A.
Ils font référence au moteur N° 34A qui équipait la Bugatti type 35A châssis 4627 donneuse de la carte grise.
Ces frappes sont modernes.
La lettre A n’est pas dans le style de gravure de l’usine Bugatti, et sur cette patte arrière du carter inférieur moteur devrait se trouver gravé le numéro de châssis 4627, ce qui n’est pas le cas.
Le dessous du carter montre des ailettes de refroidissement en parfait état sans aucune trace de choc par quelque pierre ou irrégularité du revêtement, ce qui serait impossible pour une pièce de près de cent ans d’âge.
Le moteur est équipé d’une Dynamo de marque Paris Rhône et d’un démarreur fixé sur le couvercle de la boite de vitesses comme cela pouvait être le cas sur ce modèle.
Il est alimenté par deux carburateurs Solex en bronze.
La voiture est équipée sur le longeron gauche, d’une pompe manuelle, pour compléter le niveau d’huile et d’un réservoir sous le siège passager, comme sur les modèles de course type 35 et dérivés.
Le boitier de direction porte l’initiale « Y » du propriétaire comme l’essieu avant, pièce neuve, conforme au modèle.
La boite de vitesses est neuve et de provenance anglaise. Son couvercle reçoit un démarreur.
Une transmission à cardans la relie au pont.
Le pont arrière est neuf et non numéroté. Il est fixé par trois boulons à la jambe de force.
Celle-ci pourrait être ancienne, car très usée et portant sur sa face supérieure, un nombre à deux chiffres, non lisible, qui pourrait être en rapport avec le numéro du pont avec lequel elle faisait paire.
Trompettes et flasques de freins pourraient être anciennes selon le propriétaire.
Le tableau de bord comporte à gauche la pompe manuelle de mise en pression du réservoir d’essence, une montre de marque Jaeger originale « 8 jours », ainsi que les indicateurs de pression d’huile et d’essence.
A droite du volant de belle facture, se trouve un compte tour gradué à 5000 tr/mn sur fond noir, d’un modèle optionnel.
Le véhicule examiné est conforme au modèle Type 35A produit à 139 exemplaires de mai 1925 à septembre 1927.
Il fut construit vers 1990 environ en utilisant des pièces majoritairement neuves acquises auprès de fournisseurs anglais et argentins reconnus.
Le modèle est en très bon état de présentation, il est fourni avec une carte grise en série normale et ne nécessite aucune modification pour un usage immédiat.
Pierre-Yves LAUGIER Voir le lot
Par Osenat Fontainebleau à Fontainebleau
le 21/06/2021 : 1926 BUGATTI TYPE 38
CHASSIS 38325 – Version sport de la Bugatti de course
Carte grise française
Nombreux éléments d’origine
La production des 2 litres type 38 s’étend d’avril 1926 à fin 1928.
337 exemplaires sont assemblés et presque tous livrés en châssis aux carrossiers.
Une dernière série de 49 moteurs à compresseurs donne naissance à quelques Torpédos Grand Sport à carrosserie Bugatti sur châssis type 38A.
Sur le total de 386 voitures construites de ce modèle, seulement une quarantaine de véhicules ont été conservés.
La caisse grand Sport ¾ placée sur le châssis type 38 présenté à la vente n’est pas anachronique, même si ce châssis devait porter une carrosserie réalisée par un atelier parisien.
L’automobile fut livrée en châssis au magasin de Paris,116 Avenue des Champs Elysées le 22 décembre 1926. Elle fait partie d’une importante commande du Magasin de Vente parisien, qui reçoit une douzaine de châssis type 38 en ce mois de décembre 1926 :
Quatre Châssis N° 38306 à 38309 sont livrés début décembre puis huit autres N° 38325 à 38332 fin décembre 1926.
Le prix de vente au magasin pour le châssis 38325 et les sept autres châssis est de 43.050 ff l’unité, facturés le 9 décembre 1926 et règlement en février 1927.
L’histoire de la voiture ne nous est pas connu avant la guerre car le véhicule semble circuler dans le département de la seine pour lequel aucune archive n’a subsisté.
Il se peut que ce type 38 soit arrivé dans le Rhône avant- guerre car il fut réimmatriculé avant 1955 sous le numéro 3481 AJ 69 dans le nouveau système au début des années cinquante.
Le 5 juillet 1960, le véhicule est enregistré au nom de son dernier propriétaire lyonnais, auprès duquel le collectionneur Philippe VILLE en fait l’acquisition au début des années soixante dix.
La voiture est alors en châssis, seulement équipée de son capot rallongé, de deux sièges et de phares. Elle n’avait pas de pare-brise. D’après les souvenirs du garagiste lyonnais Jean Jourdan, ami de quarante ans de P.Ville, l’automobile aurait porté à l’origine une caisse souple Weymann.
Elle avait été préparée par son dernier utilisateur pour aller à la pèche sur les bords de la Saône ou du Rhône.
Philippe Ville était un démolisseur connu dans la région lyonnaise et spécialisé dans les poids lourds.
Né en 1906, il était un grand ami de son confrère Henri Malartre (1905-2005), dont les locaux se trouvaient au 135 avenue Berthelot à Lyon.
La société « BALLY & VILLE » avait ses bâtiments au 221 Avenue Felix Faure à Lyon et son chantier rue Anatole France à Vaulx en Velin.
Au début des années soixante dix, Philippe Ville qui a récupéré la Bugatti mais n’a pas commencé à la remettre en état, cède le véhicule non roulant, à son fils René, ingénieur de formation, qui va entreprendre la restauration de la Bugatti.
Dans les souvenirs de R.Ville, le moteur était équipé à l’arrière, sur le coté droit, d’une pompe à essence mécanique.
Une caisse dans le style des torpédos 4 places Lavocat & Marsaud fut dessinée par René Ville et réalisée par un artisan d’Aurillac. La carrosserie fut peinte dans une couleur claire orangée.
La mécanique fut confiée à l’atelier d’un motoriste d’Aurillac.
Une fois remise sur la route la voiture est immatriculée le 4 juin 1974 sous le numéro 254 FS 15 au nom de René Ville à Aurillac.
Durant de nombreuses années, la famille Ville participe à des sorties locales dans le Cantal et ses environs. Dans la revue lyonnaise des A.A.A figure un cliché du torpédo familial sur les routes du Cantal vers 1978.
Le 5 octobre 1996 la voiture est cédée au grand collectionneur cannois René Giordano.
Celui-ci fait à son volant plusieurs long parcours avec son épouse et son jeune fils, avant d’immobiliser la voiture.
Il a en effet besoin du moteur 2 litres, identique à celui du type 35A, pour motoriser un projet de Grand Prix Bugatti.
Orpheline de son moteur original qui sera remplacé par un deux litres neuf équipé de deux blocs et d’une boite à came fabriqués en Argentine,la voiture est echangée à l’amateur Serge Clement contre une AX Renault, avant d’être acquise par le propriétaire actuel en janvier 2001.
Ce dernier va la faire équiper d’une carrosserie dans le style Torpédo Grand Sport Bugatti.
L’examen du véhicule réalisé en avril 2021 confirme l’originalité et l’identité de la voiture.
La plaque « châssis N° 38325 11 HP Alsace » est originale.
Le châssis dont le cadre est gravé « 192 » est bien celui de la voiture N° de série 38325. Il est sur un empattement de 3,12, identique à celui du type 44 et à certains parmi les premiers type 49. Son essieu avant porte le même numéro 192 au milieu de sa face avant.
Le pont arrière au rapport de 12×54 est également gravé 192.
Il n’a pas été possible d’inspecter la boite de vitesse, mais une annonce présentant la voiture à la vente avant l’acquisition par l’actuel propriétaire indiquait que celle–ci était d’origine Bugatti mais ne provenait pas ce cette voiture, comme le radiateur, néanmoins conforme au modèle.
Le moteur est de facture récente, ainsi que le numéro de châssis gravé sur la patte arrière gauche de son carter inférieur. Il est équipé de deux carburateurs Solex 30 en bronze.
Le moteur d’origine portait le numéro 186.
Le boitier de direction ancien, porte le numéro d’assemblage 8.
Selon le propriétaire, le vilebrequin serait conforme à l’original, monté sur trois paliers.
Le tablier en aluminium qui supporte le tableau de bord est original tout comme le coté moteur de la cloison pare-feu qui porte la trace d’au moins vingt trous non utilisés. Il est plus arrondi que le galbe actuel de la caisse qui le recouvre.
L’exhausteur est de marque C.Y Weymann.
La planche de bord est peut-être celle qui équipait la voiture lorsqu’elle circulait en châssis sur les bords de Saône, mais plusieurs compteurs semblent avoir été rajoutés depuis la période de R.Ville.
Actuellement figurent sur cette planche métallique : un compteur de vitesse gradué à 160km/h,un compte tours à 6000tr/mn, une montre 8 jours et trois indicateurs pour le niveau d’essence, l’ampérage et la pression d’huile.
Tous les cadrans sont de marque Jaeger sur fond noir.
La caisse actuelle en aluminium n’a jamais été peinte.
Elle ne possède qu’une porte coté passager comme les torpédo Grand Sport par la carrosserie Bugatti sur châssis type 38A, type 40 et type 43 dont elle s’inspire.
Le pare-pierres ancien est de la marque « R Le Tellier à Levallois ».
Les amortisseurs sont de marque Repusseau.
L’originalité du véhicule présenté est indiscutable et l’identité de son châssis roulant équipé de ses essieux est bien celle correspondant au numéro 38325.
Bien peu de type 38 ont survécu, moins de 40 sur près de 400 voitures construites.
L’exemplaire proposé à la vente possède un moteur refait à neuf et une caisse Grand Sport, du dessin le plus classique pour une Bugatti à la fois routière et sportive. Elle gagnerait à être mise en valeur par un travail de cosmétique.
Pierre-Yves LAUGIER Voir le lot
Des Auburn 851, Delahaye 135 et Citroën DS 19
Les Bugatti ne sont pas les seules stars de la vente. Une spectaculaire Auburn 851 de 1935, l’une des Américaines les plus emblématiques des années 1930, les accompagne. Motorisée par un 8 cylindres à compresseur de 150 ch, elle est dotée de sa carrosserie la plus désirable, le Speedster Bobtail dessiné par Gordon Buehrig, également auteur de la Cord 812. Cette voiture de musée est estimée entre 350 000 et 400 000 euros. Deux Delahaye 135 sont également au programme, dont un beau cabriolet de 1937 carrossé par Dubos dans un style très équilibré (100 000 — 150 000 euros). Cette importante vacation compte bien d’autres véhicules remarquables, à l’instar d’une Citroën DS 19 réalisée par Bossaert en 1963 sur un dessin de Pietro Frua. Seul exemplaire survivant, connu des passionnés de la marque, ce véhicule est estimé entre 120 000 et 180 000 euros.
Par Osenat Fontainebleau à Fontainebleau
le 21/06/2021 : 1937 DELAHAYE 135 M CABRIOLET DUBOS
Numéro de série 48718
Exemplaire unique à carrosserie Dubos
Même propriétaire depuis 1981
Carte grise française
Delahaye est un nom mythique de l’histoire automobile française, car contrairement aux nombreux constructeurs populaires qui fleurissent à cette époque, elle se spécialise dans les automobiles de luxe d’une part, et d’autre part dans les véhicules utilitaires lourds. A l’époque, on peut déjà parler de véhicules de prestige, car la force de Delahaye est de proposer des véhicules aussi luxueux que performants. Elle parvient ainsi, à lorgner le marché des Bugatti, Rolls Royce et des Hotchkiss, notamment grâce au rachat du constructeur sportif Delage en 1935. La stratégie est audacieuse, plutôt que de s’adapter à la demande élevée des voitures populaires en ces temps de crise, Delahaye préfère se spécialiser dans les véhicules prestigieux alors réservés à l’élite. La marque s’illustre grâce à la 135, qui deviendra le symbole français du luxe et de la sportivité de toute une génération, car elle sera déclinée en de très nombreuses carrosseries durant sa longue carrière (1935-1952). Les 135 sont encore évoquées comme des chefs d’œuvre, tant au niveau de leurs lignes, que de la qualité des matériaux. La marque fabriquera de nombreux châssis roulants destinés aux carrossiers de renom. Les clients n’hésitent donc pas à créer des modèles uniques représentant les excès et l’insolence du luxe de cette époque en s’inspirant de l’esthétique américaine. Mais Franay, Antem, Guilloré, Chapron, Letourneur mais aussi Dubos, restent fidèles aux principes du style classique européen d’après-guerre et signent les plus belles réussites de Delahaye. Dubos est le carrossier français qui se spécialise dans les berlines de type «coach», simples et sans superflus. Ils sont néanmoins racés et élégants. Pourtant, le carrossier réalisa de superbes cabriolets comme cette 135 Cabriolet de 1937.
Le résultat est un cabriolet extrêmement élégant, fait de nombreux détails qui s’assemblent autour du majestueux moteur six cylindres nourri par trois carburateurs Solex. Aujourd’hui dans un très bel état, cette Delahaye 135 possède une histoire singulière pour son propriétaire. Aperçue dans sa jeunesse, dans les années 1950, il s’était juré un jour de posséder cette voiture, puis les années passèrent. Puis, un jour, son beau-frère fit une escale à Paris pour acquérir une Delahaye, il l’accompagna, et vit au fond du garage, la 135 de son enfance qu’il s’empressa d’acquérir. Nous sommes alors dans les années 1980 et la voiture bien qu’en bon état général demandait quelques travaux de remise en forme. Le châssis est bien de 1937, son moteur est de 1935 (numéro de fonderie) et la carrosserie a certainement été installée juste après la guerre. Son propriétaire entreprit avec les plus grands carrossiers, selliers et motoristes de l’époque, une restauration complète de la voiture. L’Atelier de Restauration de Touraine, la Maîtrise des Métiers de l’Automobile, la Carrosserie Lecoq, tous s’occupèrent de cette Delahaye. Son propriétaire dépensa sans compter pendant près de dix ans pour redonner à cette voiture, sa beauté d’antan. Terminée dans les années 1990, elle fut prête pour le mariage de la fille du propriétaire et convoya les mariés durant la cérémonie avant d’être remisée au garage. La belle fut ensuite régulièrement démarrée et entretenue au fil des ans, s’offrant quelques sorties lors d’occasions très spéciales, ce qui explique son état actuel tout bonnement incroyable pour une restauration datée de plus de trente ans. Aujourd’hui, nous vous offrons l’opportunité d’acquérir une magnifique carrosserie Dubos installée après la guerre sur ce châssis 135 de 1937! Le dessin de cette carrosserie est tout simplement sublime !
Nous tenons à remercier Monsieur Jean Paul Tissot, Président du Club Delahaye pour son aide concernant l’historique de cette automobile Voir le lot
Par Osenat Fontainebleau à Fontainebleau
le 21/06/2021 : 1935 DELAHAYE 135 COUPE DES ALPES COACH CHAPRON
Châssis n° 46137
Dans les premiers coachs fabriqués par Chapron
Restauration ancienne – Moteur Coupe des Alpes 18cv 3 carbu 3,2l
Carte grise française
Au milieu des années 1930, toute automobile qui se voulait à la mode devait être aérodynamique et chaque constructeur avait sa propre vision.
Delahaye est un nom mythique de l’histoire automobile française, car contrairement aux nombreux constructeurs populaires qui fleurissent à cette époque, elle se spécialise dans les automobiles de luxe d’une part, et d’autre part dans les véhicules utilitaires lourds. A l’époque, on peut déjà parler de véhicules de prestige, car la force de Delahaye est de proposer des véhicules aussi luxueux que performants. Elle parvient ainsi, à lorgner le marché des Bugatti, Rolls Royce et Delage, notamment grâce au rachat du constructeur sportif en 1935. La stratégie est audacieuse, plutôt que de s’adapter à la demande élevée des voitures populaires en ces temps de crise, Delahaye préfère se spécialiser dans les véhicules prestigieux alors réservés à l’élite. La marque s’illustre grâce à la 135, qui deviendra le symbole français du luxe et de la sportivité de toute une génération, car elle sera déclinée en de très nombreuses carrosseries durant sa longue carrière (1935-1952). Les 135 sont encore évoquées comme des chefs d’œuvre, tant au niveau de leurs lignes, que de la qualité des matériaux. La marque fabriquera de nombreux châssis roulants destinés aux carrossiers de renom. Les clients n’hésitent donc pas à créer des modèles uniques représentant les excès et l’insolence du luxe de cette l’époque en s’inspirant de l’esthétique américaine. Mais Franay, Antem, Guilloré, Chapron, Letourneur mais aussi Dubos, restent fidèles aux principes du style classique européen d’après-guerre et signent les plus belles réussites de DELAHAYE.
La voiture proposée à la vente aujourd’hui appartient au même propriétaire depuis plus de 30 ans.
Il l’avait acheté à un certain Mr Robert, près de Dourdan. Elle fut entièrement restaurée par ses soins. Il s’agit d’un des premiers modèles coach réalisé par Chapron. Le 6 cylindres, 3 carburateurs 3,2 litres tourne parfaitement.
Le luxueux intérieur avec son tableau de bord en ronce de noyer nous ramène au faste des années 30 et son instrumentation Jaeger est un délice pour les yeux. La voiture est équipée de la boite Cotal dont le boitier est à lui seul une pièce d’usinage splendide. La sellerie en cuir beige montre une très légère patine, qui va divinement avec le reste de la voiture.
Nous remercions le Président du Club Delahaye, Jean Paul Tissot pour sa gentillesse, sa disponibilité et son aide concernant l’historique de cette automobile. Voir le lot
Par Osenat Fontainebleau à Fontainebleau
le 21/06/2021 : 1963 CITROËN DS 19 GT BOSSAERT
Numéro de série 4247187 – Unique coupé survivant
Préparation moteur d’origine
Une des DS la plus rare du Monde
Dessin Frua – Bel état de conservation
Carte grise française
L’extraordinaire histoire de la 19 GT est avant tout l’histoire d’un homme qui fut à l’origine du projet. Passionné de mécanique, Hector Bossaert, aperçoit dans la DS, un potentiel auquel peu de clients s’intéressent. Originaire du Nord, Mr Bossaert s’attèle à de petites préparations mécaniques. Il va même jusqu’à vendre des kits permettant d’augmenter la puissance de son moteur en un tour de main. C’est ainsi qu’à la fin des années 1950, il réalise des modifications sur des moteurs de DS et ID et sa renommée dans le domaine va le pousser à aller encore plus loin jusqu’à créer son propre coupé sur base de DS 19. Ce projet voit le jour en 1959 avec l’aide de Pietro Frua qui établira les plans stylistiques de ce qui deviendra la GT 19. Raccourci de plus de 45 cm par rapport à la berline, la GT dispose aussi d’une garde au sol plus basse de 7 cm. Côté esthétique, l’avant ne change pas beaucoup mais l’arrière adopte des ailes caractéristiques. Et c’est cette partie arrière qui va vraiment faire de ce coupé une chose atypique, reprenant les codes des berlines et coupés transalpins. Enfin, la GT dispose d’une lunette arrière en plexiglas et de blasons aux chevrons tournés d’un quart vers la droite comme clin d’œil au modèle.
Dans l’habitacle, l’esprit DS ne subsiste quasiment plus et on se retrouve assis derrière une flopée de cadrans type Jaeger surement plus jolis que les cadran DS « classiques » et un compteur gradué à 200 km/h. Avec une préparation moteur, le 4 cylindres de 1900 cm3 de la 19 passera de 75 à plus de 100 cv, propulsant le GT à près de 170 km/h en pointe, un record !
La sellerie est typique des DS haut de gamme, tout de cuir tendu et extrêmement confortable mais il est vrai que la banquette arrière s’est fortement rapprochée de la banquette avant à cause de l’empattement raccourci.
10 ou 11 coupés furent fabriqués par la société de Mr Bossaert « Gété » à Meteren et seulement 1 cabriolet. Aujourd’hui subsistent seulement un coupé et l’unique cabriolet faisant de ces raretés à l’époque de véritables mirages.
L’exemplaire de DS 19 GT fut construit par Bossaert en 1963. Arrivée jusqu’à nous dans un état sans doute restauré, elle fut très bien conservée par son propriétaire. Elle arbore une peinture bordeaux avec des jantes en aluminium à liseré assorti à la carrosserie. La GT dispose de tous ces éléments esthétiques caractéristiques notamment la nomination « 19 GT Bossaert » en lettre dorées sur la malle arrière ainsi que les deux paires de chevrons tournés vers la droite sur les custodes arrière. Dans l’habitacle, l’intérieur subliment patiné présente encore très bien et ne ment pas sur les qualités de fabrications françaises de l’époque.
Nous vous offrons la possibilité d’acquérir une voiture unique au Monde mais très connue des amateurs de Citroën, exposée à Rétromobile en 2016, véritable OVNI sur la route qui vous montrera un tout autre aspect de la mythique DS. Voir le lot