Le 9 octobre à Paris et en live sur Interencheres, cent cinquante flacons de parfum seront dispersés aux enchères par Patricia Casini-Vitalis. Zoom sur des écrins d’exception signés Hector Guimard et Elsa Schiaparelli.
Un écrin Art nouveau signé Hector Guimard
Formes sinueuses, goût pour l’asymétrie et décors de volutes ou d’arabesques : ce langage, librement inspiré de la nature et caractéristique de l’Art nouveau, Hector Guimard (1867-1942) l’emploie pour ses vastes chantiers architecturaux, tout autant que pour ses objets d’art plus intimistes. En témoigne le décor élégant, fait de courbes et contre-courbes, de ce flacon que l’artiste conçoit à l’occasion de l’Exposition universelle de 1899, alors qu’il est occupé à la réalisation des édicules du métro parisien. Exécuté en verre incolore, soufflé moulé, cet écrin lui fut commandé par le parfumeur Félix Millot qui souhaitait en faire l’objet phare de son pavillon. « Hector Guimard fut également le concepteur du Pavillon de la Parfumerie Millot, pour lequel il obtiendra une médaille d’or », précise la commissaire-priseur Patricia Casini-Vitalis. Avec son étiquette, son bouchon et son nectar dorés, ce flacon présageait déjà de l’obtention du précieux sésame. « Ce flacon est une véritable œuvre d’art, et très peu d’exemplaires ont traversé le XXe et le début du XXIe siècle. » Estimé entre 8 000 et 15 000 euros, il renferme encore, plus d’un siècle tard, son eau de toilette Kantirix, une fragrance chyprée dont l’adjudicataire, seul, pourra se délecter.
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Les flacons avant-gardistes d’Elsa Schiaparelli
Les flacons dessinés par Elsa Schiaparelli ( 1890-1973) sont à l’image de leur créatrice : avant-gardistes, volontiers provocateurs et sensuels. Parmi les flacons présentés à la vente, Zut, arbore sans retenue les jambes de Mistinguett. Selon la légende, l’actrice française, en essayant une robe de la créatrice de mode, fit tomber sa jupe à ses chevilles en s’exclamant « zut » – un moment immortalisé par Elsa Schiaparelli à travers cet objet d’art.

« La créatrice, qui a évolué dans un univers de rebelles, aux côtés de gosses de riches descendants des Médicis, est animée par le goût du choc », explique Patricia Casini-Vitalis. Schiparelli était provocatrice et surréaliste, à l’image des artistes qu’elle fit intervenir comme Dali dont elle reprend les tableaux surréalistes au sein de plusieurs flacons. Elle s’illustra également par l’emploi de son « rose shoking », un fuchsia auquel elle recourrait avec impertinence, l’associant ici avec un flacon en forme de buste, allusion au sex-symbol hollywoodien.
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