Le 11 juillet à Louviers, Jean Emmanuel Prunier organise une vente d’exception dédiée à l’art du Moyen Âge et de la Renaissance. Parmi les pièces phares figurent deux albarelli en majolique de Castelli et de Deruta, décorés de portraits de femmes.
Les albarelliservaient à l’origine aux médecins et apothicaires qui y stockaient divers produits et denrées, des épices aux onguents et plantes médicinales séchées. Apparus à l’époque des conquêtes islamiques, ils acquièrent une fonction essentiellement décorative, à mesure que la production s’intensifie au Moyen Âge et à la Renaissance. A partir du XVe siècle en Italie, autour de Faenza et de Florence, apparaissent des albarelli en majolique, une technique de faïence dite « à décor à grand feu sur émail cru ». Les deux modèles proposés à la vente par Jean Emmanuel Prunier, datés respectivement de 1500 et 1555-1565, s’inscrivent dans cette production, autour des centres de Castelli et Deruta.
Des albarelli en majolique de Castelli et Deruta
Castelli, dans la région des Abruzzes, fut un centre important de production de céramique au XVIe siècle, tandis qu’autour de Deruta se développa une fabrique spécialisée dans la technique du lustre métallique. Forts de leur maîtrise technique, les artisans y rivalisent d’inventivité, livrant des styles et décors propres à chaque centre. A Castelli, les artisans se distinguent par la production de céramiques à décor a istoriato, illustrant des scènes historiques ou bibliques. Le décor du premier albarello présenté par Jean Emmanuel Prunier est plus modeste, mais tout aussi caractéristique de la production du centre de Castelli. Le corps de la céramique est orné d’un portrait de femme de profil, bordé de rinceaux fleuris et d’une banderole arborant l’inscription « Ung de corb s cast II ». Au dos, des motifs de rubans stylisés et de points bleus se dégagent d’un fond ocre. Cet albarello provient de l’atelier Orazio Pompei, actif entre 1507 et 1589. Estimé entre 16 000 et 18 0000 euros, il est issu d’une prestigieuse commande des familles Orsini-Colonna. L’albarello en majolique de Deruta présente également un décor polychrome figurant un buste de femme de profil, entouré de guirlandes de feuillages et de l’inscription « Melissa » (estimé entre 14 000 et 16 000 euros).
Par SVV JEAN EMMANUEL PRUNIER à Louviers
le 11/07/2021 : CASTELLI. Albarello en majolique de Castelli à décor polychrome d’un portrait de jeune femme de profil gauche bordé de chaque côté de rinceaux fleuris et en dessous dans une banderole de l’inscription « Ung de corb s cast II ». Au dos, motif de rubans stylisés bleu. Atelier Orazio Pompei (1507-1589). Vers 1555- 1565. Collection privée Européenne. Cet albarello est issu d’un groupe de pots et vases de pharmacie commandé par les familles « Orsini-Colonna ». H.19 Diam.11 Cm. Une égrenure au col, une étoile au dos dans les rubans. Voir le lot
Par SVV JEAN EMMANUEL PRUNIER à Louviers
le 11/07/2021 : DERUTA. Albarello en majolique de Deruta à décor polychrome d’une femme en buste de profil, de l’inscription « MELISSA » dans une banderole et de guirlandes de feuillages. Revers orné de rubans. Vers 1500. H.25 cm ; Diam.14 cm. Recollé en bas de la panse horizontalement, au col plusieurs morceaux recollés dont trois petits manques restaurés au dos, et égrenures. Bibliographie : Musée National de la Renaissance Château d’Ecouen, catalogue d’exposition octobre 2011 – février 2012, La faïence italienne au temps des humanistes 1480-1530, n°32 p. 78, Editions de la RMN-Grand-Palais, Paris 2011. J. Giacomotti, Catalogue des majoliques des musées nationaux, n°419 à 422 p. 115. Ed. des musées nationaux, Paris 1974. Réf. Un exemplaire plus petit exposé à Londres à la Courtauld Gallery, inv. 01966GP102. Voir le lot
Une sélection de pièces prestigieuses du Moyen Âge à la Renaissance
Avec les albarelli, Jean Emmanuel Prunier proposera aux enchérisseurs un florilège de tableaux et objets précieux du Moyen Âge et de la Renaissance. Parmi les pièces phares, un coffret composé de plaques d’ivoire sculptées de scènes courtoises et romanesques tirées de l’histoire de Tristan et Yseult et de scènes de chasse à la licorne (estimé entre 70 000 et 80 000 euros), un vase dit « nef » en cristal de roche et argent doré en forme de coquille daté de la fin du XVIe siècle (estimé entre 60 000 et 80 000 euros), et une Vierge à l’Enfant en pierre calcaire avec polychromie d’origine réalisée vers 1400 (estimée entre 40 000 et 45 000 euros).
Par SVV JEAN EMMANUEL PRUNIER à Louviers
le 11/07/2021 : Coffret en ivoire, poignée, serrures et ferrures en fer. Art courtois, France, XIVe siècle. Poids: 670 g. H.8 L.18,7 P.10,5 cm. Ce coffret est composé de plaques d’ivoire sculptées de scènes courtoises et romanesques tirées de l’histoire de Tristan et Yseult et de scènes de chasse à la licorne. Réf. Un modèle similaire au Musée d’Art et d’Histoire de Bruxelles sous le n° inv. 1453. Provenance : Collection privée Est de la France,
achat Charles Ratton 1952 Voir le lot
Par SVV JEAN EMMANUEL PRUNIER à Louviers
le 11/07/2021 : Vase dit «nef » en cristal de roche et argent doré en forme de coquille. La coupe taillée dans le cristal de roche est composée à son extrémité d’ une anse figurant un oiseau que l’on imagine déployant ses ailes comme drapant la panse de la nef. Le corps de la coupe rythmé par onze lobes se dessine en forme d’une coquille. Il est gravé de vases d’où s’échappent des tiges feuillagées ponctuées par des fleurs et guirlandes en chute dont l’une suit un défaut de cristallisation de la matière. La base chantournée rappelant les nervures de la coquille est sertie d’argent vermeillé et gravée de tiges feuillagées, elle est surmontée d’un piédouche balustre creusé de cannelures et orné de deux petites bagues ciselées et nervurées en argent doré. Milan, fin XVIème, 16 x 15,5 x 14 cm. Cette coupe est le reflet du délicat travail de la taille du cristal de roche très en vogue au XVIème et XVIIème siècles. La forme et la gravure de cette coupe sont caractéristiques des œuvres réalisées dans les ateliers milanais de productions d’objets en pierres dures à partir de la seconde moitié du XVIème et dont la tradition perdurera jusqu’à la fin du XVIIème et début du XVIIIème siècle. A cette époque deux familles rivalisent de talent les Miseroni et les Saracchi. Leur renommée leur valut une clientèle prestigieuse et cosmopolite. Ainsi, souverains et princes d’Europe aimèrent en parer leurs cabinets d’art, de curiosité et autre chambre du Trésor ou les offrir aussi en présent diplomatique. En France, Louis XIV leur donna toute leur majesté en constituant une collection remarquable visible encore de nos jours au Louvre. Notre vase s’inscrit dans la lignée de ces objets précieux. On peut le comparer à une autre coupe en cristal de roche en forme de coquille figurant dans la collection des gemmes de Louis XIV (MR 323), objet réalisé à Milan dans la seconde moitié du XVIème siècle mais dont la base circulaire diffère, la nôtre étant mouvementée. Le piètement balustre de notre vase quant à lui se rapproche de celui d’une coupe figurant aussi dans les collections de Louis XIV et réalisé à Milan au milieu du XVIème siècle (MR 293). Notre objet dans le dessin de son anse nous rappelle l’anse de l’aiguière des collections de Louis XIV conservée au Louvre (MR 278) proposant une figure animale pour définir la panse. Réf.bibliographique : Alcouffe Daniel, Les gemmes de la Couronne, Paris, Editions de la Réunion des Musées Nationaux, 2001. Splendeurs de la Cour de Saxe, Dresde à Versailles RMN, 2006. Magnificenza alla Corte dei Medici, Electa, Milano, 1997. Trésors de Medicis, Somogy, 1998. Voir le lot
Par SVV JEAN EMMANUEL PRUNIER à Louviers
le 11/07/2021 : Vierge à l’Enfant en pierre calcaire avec polychromie d’origine. La Vierge est représentée debout, hanchée. Elle tient son fils dans la main gauche et un oiseau sur la main droite (la colombe n’est pas d’origine). Les bordures du drapé de la Vierge sont sculptées à l’avant et à l’arrière de têtes de lions et de fleurs, ce qui amène à penser qu’il s’agit d’une statue de provenance royale anglo-normande. Travail anglo-normand, vers 1400. H: 128 cm. (reprise à la main de la Vierge et à la tête de l’Enfant) Provenance: Ancienne collection Bergevin. Publiée dans « La statuaire médiévale en normandie occidentale », Tome 1, page 318 et 319, Tome 2 ,page 331 et 332, numéro 289; Expositions : Musée Saint-Lô (1994), Musée d’Avranches 2017. Voir le lot