Le 23 mai prochain, la maison Millon proposera à la vente une sélection de maillots et d’artefacts footballistiques issus notamment de deux collections d’anciens joueurs professionnels.
Au football, après le coup de sifflet final, il n’est pas rare de voir des joueurs retirer leurs maillots pour les troquer contre ceux de leurs adversaires en signe de respect mutuel. Ainsi, certains professionnels, à la faveur de diverses confrontations, composent d’amples collections qui sont autant de traces de parcours parfois oubliés, parfois légendaires, mais qui, une fois mises en lumière, participent à offrir un regard nouveau sur l’histoire du sport le plus populaire de notre temps. La vente de la maison Millon du 23 mai, sobrement intitulée « Football », présentera une sélection de rares maillots et artefacts du foot du XXe siècle, dont certains ont été portés par Maradona, Zidane ou encore Johan Cruyff. Les estimations vont de 60 euros à 400 000 euros.
Les collections de deux anciens joueurs internationaux
Alors que la Coupe du monde approche à grands pas, deux anciens joueurs internationaux ont décidé de mettre en vente des maillots de leur collection. L’ancien défenseur tricolore Maxime Bossis, ayant évolué avec Platini, présente ainsi le maillot de l’Italien Harald Franco Causio, membre de la Squadra azzurra qui défit les Bleus lors la 1ère journée du Groupe 1 de la Coupe du Monde 1978 (estimation : 2 000 euros – 3 000 euros). Quelques années plus tard, Maxime Bossis remporte la petite finale de la Coupe du monde 1986, ce qui lui permet de repartir avec une médaille de bronze estimée entre 3 000 euros et 4 000 euros.
Un maillot de l’équipe de France floqué du numéro 3 et porté par Maxime Bossis en personne est estimé entre 1 500 euros et 3 000 euros. Il s’agit du maillot porté lors du match de qualification à la Coupe du monde face à la Belgique en 1981, confrontation qui vit les Bleus l’emporter contre les Belges.
C’est d’ailleurs un Belge qui propose à la vente des maillots de ses illustres adversaires, qu’il collecta afin d’ouvrir un musée éphémère. Jean-Marie Pfaff fut le portier des Diables Rouges dans les années 1970 et 1980 et dut s’employer à sauver les siens à de nombreuses reprises, écartant les assauts de légendes comme Johan Cruyff, dont un maillot à manches longues dédicacé de l’équipe nationale des Pays-Bas est estimé entre 30 000 euros et 40 000 euros, mais surtout Diego Maradona. El Pibe de Oro (le gamin en or) offrit son maillot (signé par le joueur en 2016) au gardien après lui avoir infligé deux buts en demi-finale de la Coupe du monde 1986, avant-dernière étape avant la consécration de la sélection argentine. « Il faut se souvenir que ce match est précédé de l’opposition contre les Anglais, durant lequel Maradona marque grâce à la “main de dieu”. Par ailleurs, les maillots portés par Maradona, de surcroît pour un tel événement, sont extrêmement rares sur le marché, en 25 ans de carrière, ce n’est que le second que je touche », souligne l’expert de la vente Jean-Marc Leynet. L’artefact est estimé entre 350 000 euros et 400 000 euros.
De rares artefacts retraçant l’histoire du football
Aux côtés de ces deux collections, une sélection de nombreux lots d’exception seront présentés aux enchérisseurs, à commencer par une médaille d’or officielle de la Coupe du monde 1998 (estimation : 40 000 euros – 60 000 euros), ainsi qu’un maillot de Zinédine Zidane préparé pour la finale face aux Brésiliens. Une paire de crampons personnalisés (languette à son nom) de cet ancien Ballon d’or sera également mise en vente entre 12 000 euros et 15 000 euros. À noter aussi la présence de rares vestiges, dont un ensemble de feuilles de matchs originales de la première Coupe du monde en Uruguay (20 000 euros – 30 000 euros), ou encore une revue officielle du Mondial 1938 s’étant tenu en France (1 800 euros – 2 000 euros).
Un marché international des artefacts footballistiques
« J’aime à dire que chaque maillot porte littéralement l’ADN du joueur qui l’a enfilé. Chacun d’entre eux est porteur d’une histoire qui lui confère une valeur historique forte », affirme Jean-Marc Leynet. Ce dernier ajoute : « concrètement, pour estimer un maillot, il faut toujours prendre en compte l’ancienneté, le match, le club, le joueur et l’état de conservation. En l’occurrence, pour ce dernier critère, les maillots présentés dans cette vente se trouvent tous dans de très bonnes conditions ». C’est donc bien plus que des morceaux de tissus pour lesquels se passionnent des collectionneurs internationaux, venus d’Europe, d’Asie et des Amériques, probablement intéressés par « la rareté » de nombreux lots mais aussi par des estimations « raisonnables » qui laisseront la latitude à nombre d’entre eux de se positionner.