Devenue spécialiste de ce type de vacation, l’Hôtel des ventes de la Vallée de Montmorency organisera le 9 juin la dispersion du fonds d’atelier d’une peintre hongroise du XXe siècle : Olga Dormandi. Les estimations vont de 50 à 800 euros.
Née en 1900, Olga Szélesky-Kovács qui prendra ensuite le nom de son mari Ladislas Dormandi (dont un portrait présent dans la vente de 1966 est estimé entre 300 et 500 euros), a grandi à Budapest au sein d’un environnement culturel riche, sa famille comptant notamment de nombreux psychanalystes. À l’aube de la Seconde Guerre mondiale, sa famille de confession juive se sentant menacée s’exile à Paris. L’artiste avait auparavant débuté sa carrière en exposant ses toiles à la galerie Ernst située dans la capitale hongroise. Elle travaille également pour des journaux dans lesquels elle publie des caricatures et illustre des livres pour enfants.

À la fin de l’Occupation allemande, elle reste en France et reprend la peinture. Elle expose notamment ses créations à la galerie Bernheim – Jeune en 1949, galerie d’avant-garde ayant présenté entre autres les œuvres de Modigliani, Matisse, Bonnard ou encore du Douanier Rousseau. À partir des années 1950 elle voyage en France Paysage de Provence estimation 50 à 100 euros en Europe et aux États-Unis, notamment à New York comme en témoigne Jeux de lumières : Les murs de New York (estimation 300 à 500 euros).

Ce périple donne naissance à de nombreux tableaux, portraits et vues urbaines. La vente aux enchères du 9 juin à l’Hôtel des ventes de la Vallée de Montmorency offrira à travers plus d’une centaine de lots un panorama de son œuvre des premières recherches jusqu’aux créations plus affirmées.
Un style marqué par une palette de couleurs singulière
Au cours de son parcours artistique elle fréquente des artistes comme Róbert Berény, 1887-1953. Avant sa disparition en 1971 elle développe un style marqué par une palette de couleurs singulière, un travail de légèreté sur la matière et une place laissée à la déconstruction du mouvement.

Elle travaille aussi bien à l’huile, Académie L’effort, 1921-1922, estimation 400 à 800 euros, qu’à la gouache, Depuis la fenêtre, 1954, 100 à 200 euros, ou au pastel, La chaise, 1947, 100 à 200 euros. À la variété des techniques employées s’ajoute une diversité des sujets traités, notamment les portraits, l’une de ses spécialités.

Ladislas Dormandi s’attache à représenter des hommes d’âge mûr, comme dans Portrait d’homme, 1926, 200 à 300 euros, des femmes, comme le Portrait du docteur Marie Lauliac, vers 1948, 100 à 200 euros, et des enfants, notamment dans L’écriture, vers 1935, 300 à 500 euros. Artiste sans carcan, elle n’a cessé d’explorer les infinies possibilités qu’offre la richesse des couleurs, des visages, des territoires.