Le 25 juin, la maison Millon organisera une vente dédiée à la pop culture, avec au programme des celluloïds, des figurines, des jouets et des jeux issus de films, séries et dessins animés des années 1970 à nos jours.
Avec des estimations allant de 5 à 5 000 euros et des objets issus de licences aussi diverses que « Goldorak », « Dragon Ball » ou « Spider-Man », les enchérisseurs n’auront que l’embarras du choix, notamment pour ce qui est des artefacts dérivés de licences nippones devenues cultes dans l’Hexagone, qui ont cristallisé au fil des années de véritables communautés de fans. « La France est le premier pays européen à avoir importé les animés japonais, en 1978. Ils ont marqué des générations de jeunes à la fin du XXe siècle, qui sont aujourd’hui des adultes. Certains d’entre eux sont nostalgiques et se font plaisir en acquérant des artefacts », souligne Camille Coste, expert de la vente « Pop & Culte » organisée par la maison Millon le 25 juin à Paris.
Des prix accessibles, du celluloïd au blister
« Cette vente s’adresse à toutes les bourses et à tous les goûts », précise d’emblée l’expert, qui ajoute : « en réalité, la plupart des jouets et autres objets rares se vendent à des prix abordables. » À titre d’exemple, les estimations pour des figurines « G.I. Joe » de la fin des années 1980 sous blister, en parfait état telles que « Dr. Cortex » ou « Transistor » , ne dépassent pas les 200 euros.

Un celluloïd tiré de l’animé « Spider-Man versus Venom » de 1996, quant à lui, est estimé entre 20 et 40 euros mais on pourrait également relever la mise aux enchères d’un autre celluloïd, classé premium, celui d’un épisode de « Dragon Ball Z » estimé entre 300 euros et 500 euros.
Dino-Riders : raretés et pièces introuvables
Cette vacation met en lumière plusieurs pièces d’exception, à commencer par six jouets en boîte « Dino-Riders ». « Certaines époques ont joué de malchance, comme celle post-Goldorak dans les années 1980. Les produits dérivés étaient renouvelés chaque année, et les invendus étaient jetés à la benne. Les Dino-Riders font partie de ceux-là. C’est simple : le Brontosaure (estimé entre 2 500 et 3 500 euros) je n’en connais que deux : celui présenté à la vente, et le mien chez moi ! »

À noter également la mise en vente d’un exemplaire Die Cast «tout aussi rarissime » du robot « Tetsujin 28 »en version française, estimé entre 3 000 et 5 000 euros, ou d’un celluloïd original de « Goldorak » (estimation : 1 500 euros – 3 000 euros).
Un marché en mutation, entre nostalgie et transmission
« Nos estimations sont alignées avec les prix du marché », juge Camille Coste, qui observe toutefois une transformation en profondeur. « Les générations ayant grandi avec Goldorak ou Les Chevaliers du Zodiaque, et qui ont collectionné les artefacts liés à ces animés japonais, sont présentes mais ne se renouvellent pas. En revanche, pour Dragon Ball et d’autres licences pérennes, on observe une transmission générationnelle, et ainsi un rajeunissement des enchérisseurs. »

Par ailleurs, cette culture populaire, longtemps dénigrée, bénéficie aujourd’hui d’un début de reconnaissance institutionnelle. L’exposition « Rêve de Japon», montée à l’Atelier Grognard l’été dernier, et qui osait tracer une ligne entre les estampes d’Hokusai et le manga « Astro Boy » (dont un storyboard est présenté à la vente pour une estimation située entre 100 euros et 200 euros), est désormais présentée à la Chapelle des Pénitents Bleus à Narbonne.