D’un fragment de sarcophage à un vase Qianlong, une vente d’exception dans les Côtes-d’Armor

22/06/2026

Le 27 juin, le commissaire-priseur Karl Benz organisera la cinquième édition de la vente «Florilège 2026». Cette vacation proposera aux enchérisseurs de nombreux lots d’exception recueillis au cours d’une année de recherche.

La vente «Florilège 2026» rassemble 259 lots, tous exceptionnels à leur façon : «certains sont porteurs d’histoires étonnantes, d’autres ont été sauvés, et puis il y a ceux qui se caractérisent par leur rareté», explique le commissaire-priseur Karl Benz. La tenue de cette cinquième édition confirme la réussite de ce « pari risqué», devenu au fil des années un événement régional unique, suivi par des enchérisseurs partout en France mais aussi outre-Atlantique. La vacation aura lieu le 27 juin à Plérin, près de Saint-Brieuc, et les estimations vont de 50 euros  à 15 000 euros.

L’éclectisme comme fil conducteur

«Le mot-clef de cette édition est l’éclectisme. Je mets quiconque au défi de trouver dans cette vente cinq artefacts vus ailleurs», affirme le commissaire-priseur avec enthousiasme. Il ajoute : «Mon critère lors de la constitution de cette vente a été l’exception de chaque pièce, et pas nécessairement sa valeur pécuniaire.» Ainsi est-il particulièrement satisfait de présenter aux enchérisseurs une bannière chouanne (estimation : 2 000 – 3 000 euros) trouvée dans une demeure peu de temps avant qu’elle soit ravagée par un incendie, ou encore un boulet de canon du siège de Guingamp de 1591 (estimation : 120 – 180 euros), ville alors tenue par le duc de Mercoeur, gouverneur de Bretagne, face à l’armée royale commandée par le prince de Dombes, pendant les guerres de Religion.


Bannière aux armes de France, Chouannerie, époque Révolution. Étoffe de soie levantine peinte sur ses deux faces de fleurs de lys dorées et des armes de France couronnées, montée sur hampe avec pique en acier forgé contemporaine. Hauteur : 129 cm, largeur : 123 cm. Estimation : 2 000 – 3 000 euros.

On relèvera également la présence d’un Mukahla à silex (estimation : 6 000 – 8 000 euros), fusil fabriqué par les artisans algériens et marocains. Celui-ci, toujours fonctionnel, est incrusté de corail, élément distinctif de l’armurerie de luxe ottomane : de telles armes étaient offertes en guise de présents diplomatiques, notamment aux souverains européens.

Un vase trouvé dans un grenier 

Certains lots se distinguent par leur contexte de découverte. C’est le cas d’un vase chinois estimé entre 10 000 et 15 000 euros. Karl Benz raconte : «Je me suis rendu dans une vieille maison du centre de la Bretagne à la recherche d’éventuels trésors. Dans le grenier, posé à même le sol, j’ai remarqué ce vase abandonné là. En le retournant, j’ai vu une marque à six caractères. J’ai décidé de le faire expertiser par Alice Jossaume du cabinet Portier & Associés, qui m’a indiqué que le vase datait de la période Qianlong», soit du XVIIIe siècle.

Grand vase bouteille en grès émaillé rouge et bleu flammé, Chine, époque Qianlong (1736-1795). Marque gravée à six caractères au revers. Col coupé. Hauteur : 40 cm. Estimation : 10 000 – 15 000 euros

Des lots aux nobles provenances 

D’autres lots bénéficient de provenances prestigieuses, à l’image du fragment de sarcophage pour enfant orné en haut-relief d’une scène représentant dix bambins, attribué à l’art romain du IIIe siècle (estimation : 4 000 – 6 000 euros). «Des créations que l’on retrouve dans beaucoup de cours intérieures de palais italiens», et qui ont probablement séduit un haut fonctionnaire et industriel français, propriétaire d’une carrière à Carrare à la fin du XIXe siècle, au point d’en ramener un fragment en France.

Fragment de sarcophage d’enfant, art romain, IIIe siècle. Haut-relief en marbre blanc figurant dix bambins banqueteurs aux attitudes variées. Lacunes et restaurations anciennes. Hauteur : 42 cm, longueur : 68 cm. Estimation : 4 000 – 6 000 euros

On trouve également dans cette vacation une boîte à bonbons (estimation : 800 – 1 200 euros) du baptême du duc de Bordeaux en 1821, accompagnée d’un papier portant la mention manuscrite : «Cette boîte de bonbons était dans mon assiette à la fête du baptême du duc de Bordeaux lorsque j’accompagnais Mme la duchesse d’Angoulême en 1821.» Le tout est conservé dans un encadrement en bois doré à fond de velours bleu nuit du XIXe siècle, jamais ouvert : « un choix difficile à prendre, mais qui laissera toute la liberté à son nouveau propriétaire de l’ouvrir, et de peut-être découvrir au verso du papier le nom de l’auteur de cette mention manuscrite.»

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