La collection exceptionnelle d’armes d’honneur de Roger de Montégudet aux enchères à Neuilly-sur-Seine

13/05/2025

La maison de vente Aguttes présente le 22 mai prochain à Neuilly-sur-Seine une collection exceptionnelle de 91 armes anciennes des XVIIIe et XIXe siècles, dont une petite série d’armes d’honneur rassemblée avec passion par le collectionneur Roger de Montégudet.

 

La personnalité des collectionneurs est souvent intimement liée à leur passion. Dans le cas de Roger de Montégudet (1880-1925), il faut peut être considérer comme point de départ son renoncement à une carrière d’officier suite à une maladie contractée sur le front d’Orient. Il consacrera ensuite sa courte retraite (il décède en 1925 à l’âge de 45 ans) à sa collection d’armes. « Il a accompli durant ces années un énorme de travail de documentation et de recherches, admire Grégoire de Thoury. Il échangeait avec les autres collectionneurs, et nous avons également des correspondances avec les spécialistes des armes anciennes de l’époque ». 

 

Les pistolets d’honneur du général Monnier

Roger de Montégudet s’intéressait tout particulièrement aux armes d’honneur : des récompenses destinées aux officiers du début du XIXe siècle s’étant illustré sur les champs de batailles. Elles sont très rares sur le marché, mais il a réussi à en acheter quatre. D’abord les pistolets d’honneur offerts par le Premier Consul (et futur Napoléon Bonaparte) au général de division Monnier (40 000 à 60 000 euros). « Contrairement à l’usage qui voulait que ces armes honorifiques ne coûtent pas trop cher, ces pistolets sont d’une très grande qualité », affirme le directeur du département d’Aguttes. Une mention dans le faux couvercle du coffret indique une récompense due aux « services éclatants rendus à la République, arrêté du 28 Germinal an 8 ». 

 

 

Les sabres d’honneur d’un corsaire, d’un soldat et d’un maréchal des logis

Les trois autres armes d’honneur sont des sabres. Le premier a été remis à Jean-Joseph Castagnier, un corsaire de la Révolution (20 000 à 30 000 euros). A l’âge de 25 ans seulement, ce marin était à la tête d’un vaisseau de 36 canons, et s’est ensuite distingué durant la guerre d’indépendance des Etats-Unis. Il est alors promu par Hoche qui le charge de la défense côtière lors du siège de la marine anglaise. Le second sabre est celui de Marc Antoine Bullier (15 000 à 20 000 euros) : « un simple soldat qui s’est fait remarquer à la bataille d’Arcole, précise Grégoire de Thoury, et nous avons avec ce sabre le brevet d’honneur sur vélin et l’étoile d’officier de la Légion d’honneur, donc le lot complet ».

Le dernier est le sabre d’honneur de Jacques Titard (15 000 à 20 000 euros). Nommé maréchal-des-logis en 1792, il participe ensuite à toutes les guerres de la Révolution, charge à Marengo les troupes hongroises puis bataille en Autriche, en Prusse, en Pologne et en Allemagne. « Dans les carnets de notes de Roger de Montégudet, nous avons retrouvé des listes complètes de récipiendaires d’armes d’honneur et les courriers qu’il envoyait aux curés des paroisses pour savoir si des descendants de ces militaires étaient toujours sur place afin de les contacter », ajoute l’expert de la vente. Cette correspondance est également mise en vente, avec une estimation entre 150 et 200 euros.

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