Sur la route des Dinky Toys aux enchères

08/09/2023

Stars des ventes de jouets de collection, les Dinky Toys, ces petites voitures au 1/43e, intéressent des collectionneurs spécialistes et exigeants. Tour de piste des prochaines ventes.  

 

L’histoire des Dinky Toys, littéralement « jouets mignons », commence en Angleterre en 1934 dans la manufacture Meccano dirigée par Franck Hornby. À l’époque, ce ne sont pas les voitures qui intéressent les enfants, mais plutôt les trains, et les Dinky Toys ne sont là que pour améliorer le paysage autour des wagons et locomotives. Ces miniatures au 1/43e rencontrent pourtant un succès immédiat. Et dans les années 1940 naît une production française parallèle, dans l’usine située à Bobigny. Anaïs Jeauneau, de la maison de vente Boscher, signale ainsi dans sa vacation prévue le 18 septembre de nombreux modèles anglais, chose rare en France, provenant de la collection d’une femme anglaise. Au programme, des lots de véhicules de travaux publics (200 à 300 euros pour 28 modèles) ou encore des avions miniatures (15 à 20 euros les deux).

 

 

De 1950 à 1970, l’âge d’or des Dinky Toys

« Chez les collectionneurs actuels, il existe toujours une très nette séparation entre les productions françaises et britanniques. Plus généralement, les Dinky sont un thème de spécialistes. Certains ne cherchent que les Peugeot, d’autres une époque précise, les camions ou les voitures de courses », tranche Caroline Rivière. Avec la Galerie de Chartres, la commissaire-priseur présente une vente de véhicules miniatures le 19 septembre prochain, et prépare une vente 100% Dinky Toys pour décembre. 

L’âge d’or de ces jouets se situe entre les années 1950 et 1970, période durant laquelle des centaines de modèles différents de voitures de tourisme, avions, camions… sont fabriqués. Chaque nouveau modèle de voiture était immédiatement suivi de son modèle réduit. Les premières séries restent bien sûr les plus recherchées lorsque le modèle a été longtemps suivi. « Ces jouets permettent de revivre toute une époque… Si l’on regarde les voitures de course, par exemple, on peut voir à quel point elles ont changé en quelques décennies », s’enthousiasme la commissaire-priseur de Chartres. Après quelques essais malheureux en plastique (les vraies Dinky sont en zamac, alliage de zinc et d’aluminium) et une baisse globale de la qualité de fabrication, la production de Dinky s’arrête dans les années 1980, à la fermeture de l’usine espagnole qui avait racheté la licence.

 

Trois critères de prix : modèle, rareté, état

Trois critères semblent essentiels pour les amateurs : « le modèle et sa rareté bien sûr, mais aussi l’état du jouet et le fait qu’il soit ou non vendu avec sa boîte d’origine », énumère Anaïs Jeauneau de la maison Boscher. Si le jouet remplit ces trois conditions, il est souvent présenté en vente en lot unique, et dans le cas contraire, les commissaires-priseurs procèdent plutôt par lots. Les 165 lots Dinky Toys présentés dans la vente du 23 septembre prochain à Fécamp par l’étude Chalot et Associés sont essentiellement des lots uniques, avec des thèmes recherchés : fourgon Peugeot de dépannage orange (300 à 400 euros), camionnette Citroën publicitaire (150 à 200 euros), ou Ford Studebaker laitier Nestlé avec sa boîte et ses 10 petits bidons (150 à 200 euros).

 

 

Succès pour les voitures liées au cirque, à la course et à la publicité

Le collectionneur type est un homme âgé d’environ 50 à 60 ans, en général très exigeant sur la qualité du Dinky. « Nous pouvons parler de petits défauts de la taille d’une tête d’épingle », s’exclame Caroline Rivière, ou de variantes sur les jantes, les couleurs… Une partie des demandes vient de collectionneurs qui ont déjà tout mais cherchent à améliorer l’état de leurs pièces en allant toujours plus loin vers le neuf en boîte ». Elle constate également que les voitures liées à l’univers du cirque, de la course ou de la publicité ont davantage de succès aujourd’hui que les véhicules militaires. Du côté des records de vente, il faut signaler des modèles très particuliers tels que la maquette d’étude en bois pour une Chrysler Saratoga adjugée 8 200 euros, ou une Peugeot 204 Berline blanche, couleur liée à une promotion de 1965 envolée à 6 200 euros, les deux présentés par Ivoire Nîmes en 2020. « En décembre prochain, nous allons proposer des boîtes de revendeurs, destinées aux magasins de jouets et qui pouvaient contenir six voitures différentes », se réjouit Caroline Rivière. L’estimation n’est pas encore fixée, mais elle ne doute pas d’intéresser quelques amateurs…

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