Le 31 octobre 2016 | Mis à jour le 3 novembre 2016

Coups de cœur de commissaires-priseurs

par Interencheres

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De la Renaissance italienne avec le peintre du cinquecento florentin Fra Bartolomeo à Marc Chagall en passant par le peintre académique de la deuxième moitié du XIXe siècle William Bouguereau, les commissaires-priseurs de Senlis, Clermont-Ferrand et de Granville s’intéressent à l’histoire des arts graphiques. Trois coups de cœur à retrouver sur le Live d’Interencheres.

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Bouguereau, la vicomtesse et le bracelet

bouguereau« En 1866, le peintre William Bouguereau (1825-1905) réalise ce Portrait de Madame la Vicomtesse de Chabrol, une commande de son époux, le Vicomte de Chabrol et pour laquelle l’artiste avait obtenu la somme de 5 000 francs. Nous avons en effet pu retrouver les détails de cette transaction, puisque le tableau et les papiers associés sont restés en possession des descendants de la famille de Chabrol jusqu’à nos jours. Peintre des salons officiels aujourd’hui exposés dans les plus grands musées internationaux, d’Orsay aux institutions américaines, William Bouguereau est un artiste rare sur le marché dont les oeuvres s’envolent aujourd’hui à plusieurs millions d’euros. Ce tableau est particulièrement remarquable pour sa luminosité, ainsi que pour la qualité des étoffes représentées, du velours grenat de la robe aux détails de la somptueuse tapisserie qui figure en fond de cette huile sur toile. Nous avons également retrouvé le bracelet que portait la Vicomtesse sur le tableau. Ce bijou d’époque Napoléon III en or rose formé de huit maillons rectangulaires, chacun orné d’un grenat serti clos au centre figure également dans les souvenirs de la famille de Chabrol que nous mettons aux enchères », détaille Maître Dominique Le Coënt – de Beaulieu à propos de sa vente du dimanche 6 novembre 2016, à Senlis et en Live sur Interencheres. L’huile sur toile de Bouguereau est estimée de 25 000 à 35 000 euros et le bracelet porté sur ce tableau présente une estimation de 1 400 à 1 800 euros.

Lien vers les annonces de ventes des lots

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Redécouverte d’un dessin inédit de Fra Bartolomeo

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Portraits de famille, décorations, tableaux, dessins, mobilier, tous les souvenirs de la famille des barons de Barante seront dispersés le samedi 5 novembre 2016 à Clermont-Ferrand et en direct sur le Live d’Interencheres. Proche de Talleyrand, amant de Mesdames de Staël et Récamier, époux de la petite-fille de la « mère de coeur » de Jean-Jacques Rousseau, Prosper de Barante (1782-1866) embrassa une carrière politique influente participa à l’organisation du mariage de Napoléon et de Marie-Louise. Patrick de Bayser, expert en dessins anciens raconte sa découverte de la collection des Barante et plus particulièrement du dessin d’un homme qui marche : « Il est rare de nos jours de découvrir un ensemble inédit de dessins anciens de belle qualité. Ce plaisir, nous le devons à l’amour de l’art qui semble avoir régné dans la famille de Barante depuis le début du XIXe siècle. Quel ne fut pas mon étonnement lorsque nous pénétrâmes avec Maîtres Vassy et Jalenques dans cette demeure ! Les pièces de réception, somptueuses, s’ornaient de tableaux prestigieux et des nombreux portraits dessinés des proches de la famille. Mais ce n’est que lorsque je franchis les portes des chambres du premier étage que je compris l’intimité de cette famille avec le dessin : partout, dans les moindres recoins, des cadres dorés pendaient aux murs. (…) Et ce dessin d’un homme nu saisi en pleine marche, annoté Carrache… Ne serait-ce pas un Raphael ? Ce n’est qu’une fois revenu à Paris et après de longues recherches que je découvrirai (…) qu’il s’agissait selon toute probabilité d’un Fra Bartolommeo inédit ». Nommé archevêque de Florence en 1445, proche de Fra Angelico et de Raphael, Fra Bartolommeo (1472-1517) est un artiste important de la Renaissance florentine au XVe siècle. Cette étude d’un homme marchant est estimée de 50 000 à 60 000 euros.

Lien vers l’annonce de la vente aux enchères

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La fable du Renard et du buste par Chagall

173855_dca930481d6df6bcb1c6f50afe15f300_normale« C’était un buste creux, et plus grand que nature. Le Renard, en louant l’effort de la sculpture : « Belle tête, dit-il, mais de cervelle point. » Combien de grands Seigneurs sont Bustes en ce point ! », dit la fable « Le Renard et le buste » de La Fontaine, éditée pour la première fois en 1668. Plus de deux siècles plus tard, Marc Chagall (1887-1985) s’inspira de ce texte pour réaliser, en 1927, ce dessin à la gouache et aux crayons de couleur de 51,5 par 41,6 centimètres. Le marchand de tableaux et collectionneur Ambroise Vollard avait commandé au peintre 100 gouaches pour illustrer une nouvelle édition des fables de La Fontaine. « Dans la miraculeuse clarté de cette poésie transparaît, dirait-on, l’essence même de la France. Aussi est-il naturel que de violentes critiques se soient élevées dans le pays contre le choix d’un peintre d’origine russe et de tempérament romantique pour illustrer un livre aussi classique et aussi français : il y eut même une interpellation à la Chambre », explique en 1964 le beau-fils de Chagall, Franz Meyer, ancien directeur de la Kunsthalle, le centre d’art moderne et contemporain de Bern, dans sa monographie consacrée au peintre. Cette gouache sera mise aux enchères samedi 5 novembre 2016 à Saint-Pair-sur-Mer et en direct sur le Live d’Interencheres par Maître Florence Rois pour une estimation de 30 000 à 40 000 euros.

Lien vers l’annonce de vente du dessin 

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