A l’occasion de sa vente d’art du 28 septembre, la maison Ouest Enchères Publiques laisse entrer les fauves… Des spécimens naturalisés d’Afrique côtoieront deux lionceaux peints par Sophie de Luigné, une artiste méconnue du XIXe siècle qui se fit une spécialité de l’illustration naturaliste.
« C’est à un safari, à une expédition aux quatre coins du monde, que nous vous convions le 28 septembre à l’occasion de notre prochaine vente d’art et mobilier », annonce le commissaire-priseur Pierre-Guillaume Klein qui présente aux enchères quelques 250 lots, faisant la part belle au monde animalier.
La collection de spécimens naturalisés d’un artisan taxidermiste
Le voyage débute dans le grand Nord, avec un ours blanc naturalisé provenant du Groenland, estimé entre 8 000 et 10 000 euros. « Il est issu de la collection d’un artisan taxidermiste qui a voyagé partout dans le monde ». De cette collection provient également une vingtaine de trophées d’Afrique, dont une gazelle de Waller dite girafe au long cou (200-400 euros) et un imposant buffle caffer de plus d’1m50 d’envergure (800 – 1 200 euros). « Ses cornes en résine auraient été moulées sur un autre spécimen en Tanzanie, détenant un record de taille », précise le commissaire-priseur.
Par OUEST ENCHERES PUBLIQUES à Vezin-le-Coquet le 28/09/2024 : Ours blanc dit polaire – Urus maritimus – naturalisé marchant, monté sur socle.
En l’état.
Origine GROENLAND.
CITES II-B – Tag Numéro 301454. Un courrier des autorités du Danemark prouvant l’ancienneté de la présence du spécimen sur le territoire européen sera remis à l’acquéreur ainsi que la facture d’achat par l’actuel propriétaire, taxidermiste, qui a réalisé la naturalisation de la peau.
Pour une sortie de l’UE, un CITES de ré-export sera nécessaire, celui-ci sera à la charge du futur acquéreur.
Provenance : Collection personnelle d’un Maître Artisan d’Art – taxidermiste.
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Par OUEST ENCHERES PUBLIQUES à Vezin-le-Coquet le 28/09/2024 : Buffle caffer – Syncerus caffer – naturalisé en cape de face. Les cornes en résine auraient été moulées sur un autre spécimen en Tanzanie détenant un record de taille.
En l’état.
Haut. : 90 cm – Larg. : 155 cm – Prof. : 100cm
Espèce non réglementée au titre de la Convention de Washington (CITES).
Provenance : Collection personnelle d’un Maître Artisan d’Art – taxidermiste.
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Par OUEST ENCHERES PUBLIQUES à Vezin-le-Coquet le 28/09/2024 : Gazelle de Waller – Litocranius walleri – naturalisé en cape regard à gauche.
Tanzanie.
En l’état.
Haut. : 90 cm – Larg. : 25 cm – Prof. : 50 cm
Espèce non réglementée au titre de la Convention de Washington (CITES).
Provenance : Collection personnelle d’un Maître Artisan d’Art – taxidermiste.
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Par OUEST ENCHERES PUBLIQUES à Vezin-le-Coquet le 28/09/2024 : Antoine Louis BARYE (1796-1875).
Éléphant du Sénégal.
Bronze à patine verte signé sur le socle, cachet or FB utilisé par Ferdinand Barbedienne entre 1876-1889 et marque : F. Barbedienne Fondeur (accident à la queue, usures à la patine), écriture à l’encre sous le revers.
Haut. : 14,5 cm – Long. : 19,5 cm – Prof. : 7 cm
Modèle crée vers 1874, reproduit sous la référence A119 du catalogue raisonné de l’artiste de Michel POLETTI et Alain RICHARME aux Editions Gallimard. Voir le lot
Par OUEST ENCHERES PUBLIQUES à Vezin-le-Coquet le 28/09/2024 : Pierre-Joseph Redouté, Album de Redouté dédié à S.A.R. Madame, Duchesse de Berry.
Paris, Bossange, sd [1824]. In-folio (54*36.5cm), 1f-[titre-frontispice modifié]-24 planches (hauteur des marges : 53.5cm sauf les deux dernières 52cm).
Un des albums les plus rares de Redouté et dont chaque exemplaire diffère. Ils contiennent, outre le titre, entre 24 et 30 planches suivant les exemplaires.
Notre exemplaire contient 24 planches à savoir (les chiffres entre parenthèses sont ceux gravés en haut à gauche des planches, quand il y en a).
1. Titre-frontispice personnalisé.
2. Rosa Centifolia (13)
3. Rosa Gallica Aurelianensis (17)
4. Rosa Carolina Corymbosa
5. Rosa Montezuma
6. Iris Xyphioides (11)
7. Iris Monnieri (14)
8. Iris pallida (6)
9. Lilium superbum (6)
10. Lilium Candidum (1)
11. Lilium Martagon (15)
12. Lilium Penduliflorum (20)
13. Amaryllis Formosissima
14. Pancratium Speciosum (16)
15. Hemerocallis Caerulea (2)
16. Amaryllis brasiliensis (4)
17. Polianthes Tuberosa (3)
18. Amaryllis Curvifolia (12)
19. Crinum Erubescens (28)
20. Methonica Superba (19)
21. Tulipa Gesneriana. Var. Dracontia (5)
22. Gladiolus Carneus (7)
23. Narcissus Lazetta (9)
24. Cineraria Ramentosa
25. Aloes variegata
Les gravures sont de Charlin, Couton, Langlois, Gouy, Tassaert, Allais, Bessin et Legrand.
Le titre frontispice rend notre exemplaire exceptionnel puisque normalement, la couronne de fleur contient en son centre, imprimée, la mention : « Album de Redouté, peintre de fleurs, professeur au Musée d’histoire naturelle, chevalier de la Légion d’Honneur ». Sur notre exemplaire, cette mention n’a pas été imprimée mais a été remplacée par une dédicace manuscrite, calligraphiée : « A Madame Lucas de Montigny. Hommage de l’éditeur ». Il s’agit de Lise Roland (1784-1856), fille du sculpteur Philippe-Laurent Roland (1746-1816) et épouse de Jean-Marie-Nicolas Lucas de Montigny (1782-1853) qui était probablement un fils naturel de Mirabeau.
Seuls deux exemplaires, tous deux avec 24 planches, passés en vente ces dernières années un premier (Kâ-Mondo, 3 mars 2015, n°230) et l’exemplaire de la duchesse de Berry (Christie’s, 4 juin 2001, n°41 puis Sotheby’s, 12 novembre 2019, n°38). Ce second exemplaire n’avait qu’un ex-libris de la duchesse de Berry et non un feuillet personnalisé comme notre exemplaire. Ces deux exemplaires sont très différents puisque le premier avec 4 roses et 20 liliacées alors que le second avait 4 roses, 13 liliacées, 2 plantes grasses et 5 planches du jardin de la Malmaison. Ce serait les deux seuls exemplaires passés aux enchères depuis 1946.
On notera que notre exemplaire est très proche de l’exemplaire passé en 2015. Ils partagent 20 planches sur les 24.
Cartonnage éditeur, plein papier jaune, premier plat imprimé, gravures sous serpentes. Papier jaune usé aux coins et à quelques endroits sur les coupes, petits manques en pied de dos, charnières partiellement fendus, petit mouillure sur le dos et le plat inférieur, petit petit mouillure angulaire en haut à gauche des 5 dernières gravures (moins de 2*2cm), quelques rousseurs sur quelques planches dues aux serpentes.
(Nissen BBI 1589 ; Plesch 628 ; absent de Hunt Redouteana)
Très rare album de Redouté considéré par certains comme le plus rare, le troisième exemplaire présenté aux enchères depuis 1946.
Expertise réalisée par Benoît GALLAND – Librairie Trois Plumes Voir le lot
De Barye à Sophie de Luigné, un bestiaire peint et sculpté
Nul besoin néanmoins d’entreprendre un long voyage pour se délecter de la beauté de tels spécimens. La Ménagerie du Muséum d’Histoire Naturelle de Paris offre depuis longtemps aux artistes une source d’inspiration inépuisable. En témoignent au catalogue l’Eléphant du Sénégal sculpté par Antoine Louis Barye (1796-1875) qui réussit, sans jamais quitter la France, à former un bestiaire en bronze d’un grand naturalisme, ou encore les Deux lionceaux jouant peints par Sophie de Luigné, une artiste méconnue du XIXe siècle qui se fit une spécialité l’illustration naturaliste. « Il existe peu d’informations sur cette artiste dont on sait qu’elle contribua aux Annales du Muséum entre 1802 et 1805, détaille Pierre-Guillaume Klein. L’objectif de ces illustrations naturalistes était de donner une image précise et juste anatomiquement, avec la couleur utilisée pour accentuer l’aspect réaliste d’un spécimen. Ce courant, très répandu entre la fin du XVIIIe et le début du XIXe siècle, fut notamment porté par Philippe Picot de Lapeyrouse en France. »
École française vers 1800, Sophie de Luigné (XIXe siècle). Deux lionceaux jouant. Gouache sur vélin tendu sur carton titré « Lions nés dans la ménagerie du Museum le 19 Brumaire An 9 représentés à l’âge d’un jour ». Signée en bas à droite (traces d’humidité sur la mention à la plume dans le bas du vélin, rousseurs, auréoles, écailllures en bas à droite). Etiquette au revers de la maison Chaise rue de l’Echelle Peintres et Doreurs… Etiquette de la maison Coiffier rue du Coq Honoré à Paris. Haut. : 28.5 cm – Larg. : 39 cm. Expertise réalisée par la Galerie de Bayser. Estimation : 500 – 800 euros.
La ménagerie du Jardin des Plantes, fondée en 1794 pour accueillir après la fuite de Louis XVI les derniers animaux survivants de la ménagerie royale, s’enrichit au fil des années de nouveaux spécimens, issus notamment des prises des armées de la Convention et de Napoléon. « On sait qu’en 1798 un couple de lions d’Afrique est offert par le roi du Maroc et le dey d’Alger, et qu’en novembre 1800, date anniversaire du coup d’Etat de Napoléon Ier, ce couple de lions Marc et Constantine, donne naissance à trois lionceaux baptisés Marengo, Jemmapes et Fleurus, selon les dernières victoires du premier consul qui leur rend visite avec Joséphine. » Cette naissance inspira maints artistes, de Jean-Baptiste Huet à notre Sophie de Luigné qui immortalise l’événement en représentant les félins à l’âge d’un jour. A noter que cette artiste travailla aussi pour des illustrations botaniques, une discipline que la maison de vente met également l’honneur en présentant l’un des albums les plus rares du « Raphaël des fleurs » : un album de Pierre-Joseph Redouté (1759-1840) dédié à la Duchesse de Berry (15 000 – 20 000 euros).