Le 4 mai 2021 | Mis à jour le 4 mai 2021

De Maurice Denis à Jean Souverbie : les peintres modernes réunis à Brest

par Interencheres

Une importante sélection d’œuvres d’artistes liés à la Bretagne sera proposée aux enchères à Brest les 7 et 8 mai. Les Nabis y côtoieront Paul Gauguin, Jean Souverbie ou encore Henry Moret. Décryptage d’une vente riche et éclectique.

 

Des Nabis à l’École de Pont-Aven, la Bretagne s’est érigée en terre privilégiée pour les artistes postimpressionnistes des XIXe et XXe siècles. Qu’ils s’y installent temporairement ou définitivement, ces derniers ont su y trouver le terreau fertile à de nombreuses expérimentations stylistiques et picturales. La vente brestoise témoigne de la grande richesse artistique qui a animé la région bretonne.

 

Les Nabis à l’honneur

Autour de Paul Sérusier, une confrérie de jeunes artistes se regroupe sous l’appellation Nabi. Imprégnés de recherche spirituelle, ceux-ci manifestent un nouveau rapport à la couleur et prennent le contre-pied du paysage impressionniste en privilégiant de grands aplats de couleurs cernés. Chaque nabi conserve toutefois son propre style et sa personnalité, favorisant une certaine diversité dont la vente du 8 mai à Brest se fait l’écho. Nous y retrouvons une Etude pour le Baptistère de Châteauneuf (estimée 6 000 – 8 000 euros) et un dessin au crayon et sanguine, Tête de bretonne (estimé 1 200 – 1 500 euros) de Paul Sérusier. Maurice Denis, « le nabi aux belles icônes », sera lui représenté par quatre tableaux, dont un portrait de son épouse, Marthe à l’oreiller vert (estimé entre 40 000 et 50 000 euros). Les amateurs pourront également découvrir une huile sur carton (estimée 5 000 – 7 000 euros) et un pastel (estimé 30 000 – 40 000 euros) du « nabi zouave », Édouard Vuillard

 

 

Jean Souverbie côtoie Gauguin et Bernard

Avec les Nabis, la maison de ventes Thierry-Lannon présentera de nombreux autres artistes de renom. Citons notamment un dessin de Paul Gauguin, Visage de face, visage de profil, estimé entre 25 000 et 30 000 euros. Une belle sélection de tableaux d’Emile Bernard, peintre associé à l’Ecole du Pont-Aven, sera également proposée à la vente. Les amateurs pourront apprécier une superbe Nature morte aux pommes datée de 1889 (estimée entre 50 000 et 60 000 euros) rappelant les recherches plastiques de Paul Cézanne, et La cueillette des pommes, une aquarelle figurant deux personnages bretons au cœur d’une scène champêtre (estimée entre 25 000 et 30 000 euros). Enfin, la vente brestoise permettra de découvrir une œuvre du peintre figuratif et décorateur de théâtre Jean Souverbie (1891-1981) qui a contribué à la décoration du Palais de Chaillot et dont on retrouve aujourd’hui les œuvres dans les musées français européens et américains. Nu debout à la cruche, estimé entre 80 000 et 100 000 euros, s’inscrit dans la tradition des nus monumentaux de Souverbie, qui y exprime une théâtralité et une puissance résolument novatrices. Son intérêt pour les civilisations de l’Antiquité gréco-romaine transparaît dans ce type de représentation. A noter que Souverbie a également côtoyé les Nabis, nouant des liens d’amitié avec Maurice Denis puis les anciens membres du groupe devenus enseignants à l’Académie Ranson, où Souverbie s’inscrit en 2016.

 

 

D’Henry Moret à Emile Jourdan, hommage à la variété des paysages bretons

La vente du 8 mai mettra également à l’honneur les beaux paysages de la région bretonne. Citons les bords de mer Attente à Ouessant (estimé entre 80 000 et 100 000 euros) et Bateaux de pêche Doëlan 1908 (estimé entre 60 000 et 80 000 euros) d‘Henry Moret, éminent représentant de l’Ecole de Pont-Aven. La gouache Concarneau, sardinières devant la ville close du peintre lamballais Mathurin Méheut présente de son côté une vision tout à fait personnelle de la ville close du Finistère, tandis que la Bretagne bucolique est apparaît avec Automne Finistère, Mesquéau de Maxime Maufra (estimé 8 000 – 10 000 euros) ou la gouache Le menhir de Lucien Simon (estimée 5 000 – 6 000 euros). Enfin, La préparation du cochon d’Emile Jourdan livre une interprétation originale d’une scène de la vie quotidienne (estimée 2 500 – 3 000 euros).

 

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