Des peintures flamandes du XVIIe siècle pulvérisent leurs estimations

20/11/2019

Les 15 et 16 novembre, les peintres flamands étaient à l’honneur à Paris et Compiègne. Une toile de Michael Sweerts s’est envolée à plus de 660 000 euros, tandis que deux peintures de l’école flamande du XVIIe siècle ont pulvérisé leurs estimations. Découvrez les résultats enregistrés dans les maisons de ventes du 11 au 17 novembre 2019.

 

Le 15 novembre à Paris, Fabien Mirabaud et Claudia Mercier présentaient aux enchères une toile du peintre flamand Michael Sweerts (1618-1664), estimée entre 400 000 et 600 000 euros. Figurant Le Toucher, elle avait disparu depuis un demi-siècle. « Sweerts a peint plusieurs séries de cinq tableaux illustrant les sens, détaille la maison des ventes. Les quatre toiles qui complètent la série du Toucher sont connues par des photographies anciennes, mais, excepté L’Odorat, légué à l’Académie des Beaux-Arts de Vienne en 1936, les trois autres avaient disparu de la vue du public et de celle des spécialistes, Le Toucher réapparaissant aujourd’hui. » Permettant à l’homme d’appréhender le monde, les sens inspirent les artistes depuis le haut Moyen-âge et sont traditionnellement associés à un animal, dont les sens sont réputés davantage exacerbés. Ainsi Sweerts choisit-il le chat pour symboliser l’infidélité, le toucher étant au XVIIe siècle associé à l’érotisme et la luxure. « L’Eglise considérait les sens comme des vecteurs du pêché et enseignait de s’en méfier, le plus dangereux étant le toucher. Le sot qui se mord la langue exprime quant à lui la folie de l’homme lorsqu’il se laisse aller à l’emprise des sens, attitude dénoncée par Erasme dans L’Eloge de la folie, ouvrage alors très populaire. »  

Adjugé à 663 520 euros (frais compris), le tableau, qui partira à Londres, provenait de l’illustre collection de Jean Néger, un grand marchand parisien de peintures anciennes de l’après-guerre, dont plusieurs œuvres étaient dispersées lors de cette vente, dont une autre peinture de l’école flamande. Réalisée vers 1630 par un suiveur d’Anton Van Dyck, elle a pulvérisé son estimation, fixée entre 12 000 et 15 000 euros, trouvant preneur à 70 180 euros (frais compris).

Le 16 novembre à Compiègne, c’est à nouveau une peinture de l’école flamande du XVIIe siècle qui créait la surprise. Estimée entre 5 000 et 6 000 euros, elle a été adjugée à 78 120 euros (frais compris) par la maison de ventes Actéon. Figurant Le Paradis terrestre, elle est attribuée à un suiveur de Joachim Patinir (1480/85-1524).

 

Découvrez notre sélection de résultats du 11 novembre au 17 novembre 2019 dans notre galerie en image ci-dessous. Tous les prix de la galerie sont indiqués hors frais de vente.

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