La collection Art déco d’un couple d’antiquaires dispersée aux enchères à Perpignan

29/04/2026

La succession des antiquaires Mario et Julia Zoutis donnera lieu à trois jours de vente à Perpignan. L’occasion de découvrir leur goût pour l’Art déco et l’Art nouveau de haut niveau.

 

L’important ensemble que s’apprête à disperser Thibaut Ruffat provient des domiciles parisien et perpignanais du couple d’antiquaires Mario et Julia Zoutis. « Ils n’avaient pas d’enfant, ils ont donc tout légué à des associations », précise le commissaire-priseur. La vente se déroulera en trois temps les 19, 20 et 21 mai à Perpignan. 

 

Ruhlmann, Prinz, Dunand : le contenu de l’hôtel particulier de Perpignan

Au programme du premier chapitre, le 19 mai : le contenu de l’hôtel particulier de Perpignan. C’est là que le couple Zoutis avait conservé quelques-unes de ses plus belles pièces, à l’image de la console de Jacques-Emile Ruhlmann en ébène de Macassar (300 000 à 400 000 euros) : « il n’existe que quatre exemplaires de ce meuble, deux appartiennent à la famille Bettencourt, et le troisième a disparu, précise le commissaire-priseur Thibaut Ruffat, et aucun n’est jamais passé en vente publique ». Six autres meubles de l’ensemblier figurent au catalogue, dont un grand bureau plat en placage de palissandre des Indes très élégant (150 000 à 250 000 euros), un secrétaire dont les sabots, les prises de tiroirs et les filets ornementaux sont en ivoire (40 000 à 60 000 euros), et jusqu’à une chaise d’appoint Tivo, modèle en noyer créé en 1918 (3 000 à 5 000 euros).

« Les Zoutis étaient des antiquaires, mais les meubles que nous présentons ne faisaient pas partie de leur stock, ils les utilisaient dans leurs demeures » ajoute le commissaire-priseur. Ils devaient donc s’éclairer avec le lampadaire en ébène du Gabon d’Eugène Printz (30 000 à 50 000 euros) et poser leurs catalogues sur la table basse en laque polychrome de Pierre Dunand (6 000 à 8 000 euros)…

 

 

De Perpignan à Paris, entre Art nouveau et Art déco

Le deuxième jour sera consacré à l’appartement parisien des antiquaires. Du côté des objets d’art, il faut noter deux pièces d’Emile Gallé, un spectaculaire vase aux éléphants vers 1925 (10 000 à 15 000 euros), et une lampe aux Rhododendrons modèle vers 1900 (10 000 à 15 000 euros). « L’Art nouveau était très présent dans leur mobilier, et outre ces vases nous avons également quatre meubles de Majorelle dans cette journée de vente », ajoute Thibaut Ruffat. Ainsi qu’un très original petit bureau asymétrique de Léon Benouville (6 000 à 8 000 euros). Cet artiste moins connu est à l’origine de créations originales, un peu baroques tout en restant typiques de l’Art nouveau. 

« Ils avaient assez peu de tableaux », note le commissaire-priseur, mais quelques sculptures méritent l’attention : deux chryséléphantines notamment, une danseuse d’Ankara par Jeanne Colinet (7 000 à 10 000 euros), et une « Hindu dancer » du maître de la technique, Demeter Chiparus (5 000 à 8 000 euros). C’est dans l’appartement parisien que les marchands sont allés le plus loin dans le siècle : l’ensemble (lit de repos, bureau, rocking-chair, lampadaire…) signé de Jacques Adnet date des années 1950.

La troisième vente, le 21 mai, rassemble les trésors du dressing de Julia Zoutis. Des montres Rolex ou Omega, des sacs Hermès ou Dior des bijoux Cartier, des bagages Vuitton, des vêtements Chanel ou Yves Saint Laurent… Toutes les marques de luxe sont représentées.

Enchérir | Suivez la vente de la collection Zoutis les 19, 20 et 21 mai en live sur interencheres.com

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