Le 4 mars 2021 | Mis à jour le 10 mars 2021

La collection d’arts chinois d’un officier français aux enchères à Morlaix

par Diane Zorzi

Le 8 mars à Morlaix et en live sur Interencheres, François et Sandrine Dupont dévoileront la collection exceptionnelle d’arts chinois d’un officier de l’armée française installé en Chine durant la Seconde Guerre mondiale. Cette collection éclectique de plus de 200 objets d’art compte notamment deux rares thangka estimés à plus de 6 000 euros.

 

A l’occasion de leurs ventes de prestige des 8, 9 et 10 mars prochains, François et Sandrine Dupont disperseront une collection exceptionnelle d’arts chinois constituée par un colonel français en poste en Chine de 1936 à 1946. Cet ensemble de plus de deux cents objets d’art était resté jusqu’alors dans la famille de l’officier français. « C’était un amateur passionné par la civilisation chinoise qui a collecté de nombreux objets durant son séjour, détaille François Dupont. Une première partie de sa collection avait été vendue à l’initiative de ses enfants par mon prédécesseur à Morlaix en 1996. Le 8 mars, nous disperserons la seconde partie qui comprend des objets très éclectiques tels que des tabatières, des peintures en rouleau, des tissus ou encore des fibules et pendentifs. »

 

Une collection de plus de 200 objets d’art chinois

Parmi les pièces phares de la collection, deux thangka de grands formats (128 x 74 cm), portant les dates de 1793 et 1799, arborent des coloris éclatants d’une grande fraîcheur. « Ces dates sont probablement apocryphes, nous pensons qu’il s’agit de thangka du début du XXe siècle », précise le commissaire-priseur. Figurant Bouddha et Amitayus, ils sont estimés entre 6 000 et 8 000 euros et seront vendus aux côtés de plus de trente peintures en rouleau sur soie représentant des paysages, des divinités ou scènes de vie.

 

Deux thangka de Bouddha et Amitayus du début du XXe siècle. Estimation : 6 000 – 8 000 euros.

 

« Le colonel a également réuni un bel ensemble de robes en soie brodées datées du XIXe et du début du XXe siècle, ainsi que des bronzes, des ivoires d’époque Ming, des malles gainées de peau et de nombreux petits objets en pierres dures comme de rares jades archaïques authentiques. » Au cours de son séjour, l’officier privilégia des objets aisément transportables par bateau. « Sa collection est extrêmement riche même si elle ne comporte pas de pièces en porcelaine des XVIIe et XVIIIe siècles, particulièrement recherchées par les amateurs d’arts asiatiques, mais difficilement transportables. Elle comporte plutôt des petits objets de charme, tels qu’un bronze doré de l’époque Ming en forme de qilin (estimé entre 300 et 400 euros) et un ensemble de fibules et pendentifs particulièrement plaisants en aigue-marine, en tourmaline jaune et rose, en agate, en jadéite, en jade ou en ivoire (estimés à moins de 1 000 euros). »

 

 

Des toiles du peintre philippin Macario Vitalis

La vacation du 8 mars dévoilera également plusieurs autres collections bretonnes, davantage centrées sur les porcelaines chinoises, et sera suivie de deux autres ventes de prestige les 9 et 10 mars, à l’occasion desquelles sera présentée une fonte posthume de Camille Claudel (1864-1943) figurant La petite châtelaine (estimée entre 30 000 et 40 000 euros), ainsi qu’un ensemble de toiles signées Macario Vitalis (1898-1990). Ce peintre d’origine philippine s’installa dans les années 1920 à Puteaux, côtoyant le groupe de La section d’or, ainsi que Camille Renault et Jacques Villon qui marquera profondément son œuvre, et séjourna au lendemain de la Seconde Guerre mondiale à Plestin-les-Grèves, dans les Côtes-d’Armor, livrant une série de toiles à mi-chemin entre l’impressionnisme et le pointillisme. « De ce séjour en découleront de nombreux autres avant qu’il ne s’installe définitivement dans la cité bretonne en 1957. Il ne retournera que deux fois aux Philippines, au début de l’année 1963, alors qu’une grande exposition lui est consacrée à Manille, puis définitivement en 1988 », précise Sandrine Dupont. Les toiles sont estimées jusqu’à 25 000 euros pour cet artiste dont le record a été établi en novembre dernier avec une toile cubiste de 1954 adjugée à près de 50 000 euros.

Enchérir | Suivez les ventes de prestige de la maison Dupont les 8, 9 et 10 mars sur interencheres.com

 

 

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