Le 16 novembre 2022 | Mis à jour le 16 novembre 2022

La collection de bronzes d’un château bourbonnais aux enchères à Vichy

par Interencheres

Le 17 novembre, la maison de ventes Vichy Enchères dévoilera deux flambeaux en carquois et une paire de vases Médicis attribués à Claude Galle et Pierre-Philippe Thomire. Provenant d’un château bourbonnais, ces pièces exceptionnelles invitent les enchérisseurs à découvrir l’univers des grands bronziers du XIXe siècle.

 

Des flambeaux en carquois attribués à Claude Galle

Claude Galle (1759-1815) a fait son apprentissage chez le fondeur Pierre Foy, avant de devenir maître en 1786. Deux ans plus tard, il prend la direction de l’atelier qui devient, grâce à l’excellence de son travail, l’un des plus importants de Paris. Il reçoit ainsi de nombreuses commandes du garde-meuble de la couronne dès le règne de Louis XVI, sous la direction de Thierry de Ville-D’Avray. Sous l’Empire, il participe à l’ameublement des châteaux de Fontainebleau, mais aussi de Saint-Cloud, des Trianons, des Tuileries, de Compiègne ou encore de Rambouillet. Par la qualité de leur fonte, de leur ciselure et de leur dorure, les deux flambeaux, dits en carquois, présentés aux enchères le 17 novembre par Inès Veyne à Vichy, réunissent les ingrédients qui firent le succès de ce grand bronzier du XIXe siècle. Ainsi que nous l’apprend Jean-Pierre Samoyault dans son ouvrage Pendules et bronzes d’ameublement entrés sous le Premier Empire au château de Fontainebleau, des flambeaux du même modèle se trouvaient dans le premier salon du petit appartement de l’Empereur en 1810, ce qui laisse penser que Claude Galle ou Jean-Philippe Thomire, principaux fournisseurs de bronzes pour cette demeure impériale, sont à l’origine de ce modèle. Dans le même ouvrage, on retrouve plusieurs autres exemplaires similaires. Des flambeaux en carquois arborent la même organisation des bagues sur le fut, un nœud également travaillé en relief avec des godrons et des feuilles. D’autres sont dotés de binets comparables, ainsi que d’une organisation similaire des bagues et des godrons sur la base.

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Claude Galle (attribué à). Deux candélabres en bronze doré brillant et mat. H. totale : 48 cm. Estimés entre 2 000 et 2 500 euros. 

 

Deux vases Médicis de Pierre-Philippe Thomire

La vente dévoilera également deux vases Médicis en bronze de Pierre-Philippe Thomire (1751-1843), l’un des plus grands bronziers du règne de Louis XVI. Thomire apprend la sculpture à l’Académie de Saint Luc auprès des plus sculpteurs de son temps : Jean-Antoine Houdon et Augustin Pajou. Il choisit ensuite de se consacrer plus spécifiquement à la ciselure, art dont il devint l’un des maîtres au contact du célèbre Pierre Gouthière. Un an avant d’ouvrir son atelier, le jeune bronzier se fait connaitre en collaborant avec Louis Prieur, ciseleur et doreur du roi, pour exécuter les bronzes destinés à orner la voiture du sacre de Louis XVI. A la mort de Gouthière, il devient le ciseleur le plus réputé du royaume. Il se spécialise rapidement dans les sujets tirés du répertoire antique et collabore avec le grand ébéniste Guillaume Benneman. Son goût pour l’Antiquité perdure après la Révolution, comme l’illustre notre vase. Inspiré du cratère en calice antique, il présente une importante panse lisse soulignée de pampres de vigne et repose sur une haute base architecturée en marbre vert décorée d’un génie finissant en rinceau et de couronnes de laurier en applique, elle-même terminée par des feuilles d’acanthe et un tore de laurier rubané.

 

Pierre-Philippe Thomire (1751-1843). Paire de vases Médicis en bronze doré. H : 42cm. Estimée entre 8 000 et 10 000 euros. 

 

Des dessins anciens, des œuvres orientalistes et un cyclauto

Avec cette collection d’un château bourbonnais, la vente de Vichy Enchères dévoilera également un important ensemble de dessins anciens datés du XVIe au XIXe siècle et des œuvres orientalistes achetées directement auprès des artistes au Maroc. Du peintre Paul Néri (1899-1969), grand ami d’Antoine de Saint-Exupéry, sept tableaux seront dispersés. Représentatifs de la production de cet artiste qui vécut à Casablanca et Meknès, ils donnent à voir des vues de villages du Haut Atlas ou encore des portraits de marocains, à l’instar d’une jeune fille berbère d’Imilchil.

 

Paul Néri (1899-1969). « Ville fortifiée dans l’Atlas, el Maadi ». Huile sur toile, 50 x 100 cm. Estimée entre 600 et 800 euros.

 

A noter enfin la vente d’un cyclauto, véhicule marquant du milieu du siècle. En 1937, Auguste Reymond, industriel et ingénieur grenoblois, est sollicité par un industriel pour trouver un moyen de remplacer les pousse pousse en Indochine. Il invente alors le Cyclauto. Ce triporteur est basé sur une solution originale : on pédale directement sur la roue afin d’optimiser la force humaine, comme sur un monocycle, et une boite de vitesse est intégrée dans le moyeu. L’ingénieur exporte ses cyclautos en Indochine mais aussi à Paris, Grenoble, Bordeaux ou encore Vichy. A Saint-Etienne, la SCEMM put survivre à la guerre grâce au Cyclauto. Contrainte de se passer des commandes de l’aviation, elle se tourna finalement vers la production de pièces automobiles et de Cyclauto. La société acheta la licence en 1940 et produisit cet engin original durant deux ans. Cette fabrication de crise remporta un franc succès, répondant au manque de transports urbains. Il était ainsi possible de croiser ces cyclautos dans les rues parisiennes ou vichyssoises…

 

Cyclauto, SCEMM. Tricycle sans moteur avec volant. Estimé entre 2 000 et 2 500 euros.

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