Des œuvres de François-Xavier Lalanne, Pablo Picasso et Maximilien Luce, mais aussi un sac Birkin et une bague en or blanc sertie d’un diamant : la traditionnelle « Grande Vente Cataloguée » de la maison Wattebled & Portay sera l’occasion le 22 septembre de réunir des lots de prestige découverts lors d’inventaires de succession dans le Nord-Pas-de-Calais.
Les premiers temps de la vacation seront marqués par la mise à l’encan de deux créations du sculpteur François-Xavier Lalanne (1927-2008), réalisées vers 1990 pour l’éditeur Artcurial : une table, estimée entre 20 000 et 30 000 euros, et un bougeoir, tous deux en forme d’oiseau, estimé entre 4 000 et 6 000 euros. Deux lots provenant du même propriétaire et qui devraient attiser la curiosité des enchérisseurs attendus le 22 septembre à l’Hôtel du Couvent des Minimes. « Ces estimations sont particulièrement attractives, notamment au regard des résultats qu’ont obtenus des exemplaires identiques ces dernières années », fait remarquer Baptise Portay, commissaire-priseur au sein de la maison Wattebled & Portay. Pour exemple, un modèle similaire a été adjugé 50 339 euros frais compris en 2025 par la maison parisienne Audap & Associés.
Picasso, Luce et Galien-Laloue au catalogue
Du même propriétaire, un autre volatile, ou plus précisément une colombe. Celle de Pablo Picasso dans une lithographie estimée entre 12 000 et 15 000 euros, dédicacée à Jeanne Chenuet, «figure énigmatique à laquelle le musée des Arts décoratifs doit le don d’une céramique d’André Beaudin » et qui fut également l’assistante de Daniel-Henry Kahnweiler, collectionneur et marchand d’art d’origine allemande, héraut du cubisme, que Picasso lui-même portraitura.

Autre pièce du catalogue, une peinture de Maximilien Luce (1858-1941), Honfleur, la falaise, signée et datée de 1933, estimée entre 4 000 et 6 000 euros. «Ce qui est étonnant avec ce tableau, c’est que pendant longtemps on a cru qu’il s’agissait d’une huile sur toile, c’est d’ailleurs ce qu’indique le catalogue raisonné établi par Denise Bazetoux. Or il s’agit en réalité d’une huile sur papier très fin, marouflée sur toile. Un marouflage qu’il aurait pu réaliser lui-même, car on sait qu’il maîtrisait cette technique. »

Contemporain de Luce, l’artiste Eugène Galien-Laloue (1854-1941) sera également représenté, avec deux gouaches et aquarelles sur papier : Le marché aux fleurs de l’église de la Madeleine à Paris (estimation : 3 000 à 5 000 euros) et Notre-Dame de Paris depuis le Pont au Double (2 500 à 3 000 euros) « et son ciel incroyable ». « Deux réalisations tout à fait dans le registre de ce que recherchent les connaisseurs de l’artiste », précise Baptiste Portay.
Une miniature indo-persane et une bague solitaire à 30 000 euros
Dans un tout autre registre figuratif, la vacation met en lumière une rare représentation en pigments et or sur papier du mythe tragique du roi Khosrow et de la princesse Shirin.

« Une œuvre à la palette particulière, réalisée par un artiste de la région du Deccan au tournant du XVIIIe siècle, région ayant eu de nombreux échanges et influences avec l’Iran, et dont les œuvres restent trop méconnues », explique l’expert en art indien et islamique Alexis Renard. Elle miniature est estimée entre 1 200 et 1 500 euros.
Un diamant et un Birkin à l’histoire mémorable
La plus haute estimation de la vente, entre 20 000 et 30 000 euros, revient à une bague solitaire en or blanc et platine, sertie d’un diamant de 6,24 carats épaulé de deux diamants taille émeraude 750‰, expertisée par Emeric et Stephen Portier. «Elle pourrait faire bien plus, au vu de la qualité de la pierre, d’une belle blancheur », affirme Baptiste Portay.

Un sac Birkin en veau togo (estimation : 7 000 à 10 000 euros), porté par une « merveilleuse dame », complète la sélection et pourrait réaliser un beau score. «Pour l’anecdote, la propriétaire l’avait porté pour un mariage au cours duquel son cadenas avait été dérobé. Elle s’était alors rendue chez Hermès, qui l’avait gracieusement remplacé pour sa fidèle cliente. Cela en dit long sur la qualité de la maison. »