Le 1 décembre 2022 | Mis à jour le 5 décembre 2022

Le mobilier de la chambre de Juliette Récamier aux enchères à Fontainebleau

par Magazine des enchères

Le 4 décembre à Fontainebleau, Jean-Pierre Osenat présentera aux enchères trois pièces de mobilier exceptionnelles provenant de la chambre de Juliette Récamier, dont une sculpture en marbre de Joseph Chinard. Décryptage.

 

Célébrée pour sa beauté et sa vivacité d’esprit, Juliette Récamier (1777-1849) rassembla une grande variété de mobilier et d’objets d’art au sein de son hôtel particulier de la rue du Mont-Blanc à Paris, décoré par l’architecte Louis Martin Berthault (1767-1823). Sa chambre, meublée par les frères ébénistes Jacob en 1799, devient une référence du style Empire, et fait de l’hôtel un objet de curiosité incontournable pour l’élite intellectuelle du début du XIXe siècle. La demeure est rachetée en 1808 par le banquier François-Dominique Mosselman, qui fait alors l’acquisition d’une partie du mobilier de la chambre, dont une sculpture baptisée Le Silence exécutée par Joseph Chinard (1756-1813), un lit à Nacelle style Empire signé de la main des frères Jacob, ainsi qu’une torchère réalisée par Charles Percier (1764-1838) et Louis Martin Berthault (1771-1823). Conservées par les descendants de Mosselman, ces pièces exceptionnelles seront présentées à la vente le 4 décembre prochain à Fontainebleau par la maison de vente Osenat

 


 

Le Silence de marbre de Joseph Chinard

Réalisée par Joseph Chinard (1756-1813) autour de 1798, Le Silence est une copie effectuée d’après une œuvre du sculpteur de Louis XIV Pierre Le Gros, présente aux jardins des Tuileries à Paris. Cette dernière est elle-même la réinterprétation d’une sculpture antique conservée dans la galerie de Côme Ier de Médicis à Florence. Alexandre Lacroix, expert en sculpture, précise: « Avec l’ajout de l’inscription en latin sur le support en acajou : « Témoin des rêves et amours ce lit », la sculpture se fait gardienne, protectrice du sommeil, et se transforme en une allégorie du silence. » La sculpture en marbre blanc assure ainsi la sérénité des songes du lit qu’elle surplombe. « Les lèvres charnues ainsi que les grands yeux en amande sont caractéristiques du travail de Joseph Chinard », poursuit Alexandre Lacroix. « La chevelure est sublimée par une coiffure sophistiquée, empesée par une légère humidité qui parachève la sensualité de l’ensemble. » Joseph Chinard fut célébré en son temps pour sa capacité à saisir en sculpture la légèreté des drapés ou la souplesse du corps. « L’artiste semble avoir modelé cette figure féminine dans le marbre au lieu de tailler la pierre pour l’en faire surgir. »

 

Joseph Chinard (1756-1813), Le silence. Vers 1798. Marbre blanc. Hauteur : 86 cm – Largeur : 25,5 cm – Profondeur : 21,5 cm. Estimation : 400 000 – 500 000 euros.

 

Crédit vidéo © Artcento

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