Le 24 février 2023 | Mis à jour le 24 février 2023

Leftwich-Dodge et autres pépites méconnues de l’Art nouveau aux enchères à Bordeaux

par Magazine des enchères

Pour sa prochaine vente dédiée aux arts du XXe siècle, Antoine Briscadieu a réuni d’importantes collections d’art bordelaises, dont un ensemble exceptionnel dédié à l’Art nouveau. Au programme, des pépites méconnues de ce mouvement international, à commencer par deux tableaux du peintre américain William Leftwich-Dodge.

 

Si c’est à l’Art déco que l’on peut associer l’une des pièces phares de la prochaine vente de la maison Briscadieu, une composition murale de René Buthaud (1886-1986) illustrant la technique du « fixé sous verre », l’Art nouveau n’est pas en reste. Parmi les collections d’art bordelaises qu’a réunies pour l’occasion Antoine Briscadieu, un ensemble révèle des pépites méconnues de l’Art nouveau, à l’instar de deux tableaux de William Leftwich-Dodge.

 

William de Leftwich-Dodge, un portraitiste américain en vogue à la Belle Epoque

Si le nom de William de Leftwich-Dodge (1867-1935) demeure relativement confidentiel en France, cet artiste américain fut un portraitiste très en vogue à la Belle Epoque. Né à Bedford, en Virginie, il rejoint l’Europe avec sa famille à l’âge de douze ans et étudie à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris dans l’atelier de Jean-Léon Gérôme, où il obtient le Prix d’Atelier. Il s’illustrera principalement à travers ses portraits et fresques murales académiques, puisant son inspiration dans l’Antiquité et dépeignant en une facture léchée des élégantes, des personnages mythologiques ou des allégories. Un style dont témoignent les deux toiles de la vente, donnant à voir des allégories des saisons à travers deux figures féminines.

 

[A gauche] William de Leftwich Dodge (1867-1935). Printemps. Huile sur toile, signée en bas à droite et datée 98. 113 x 87 cm. [A droite] Automne. Huile sur toile, signée en bas à gauche et datée 98. 113 x 87 cm. Estimation : 5 000 – 7 000 euros chacune. 

La première, symbolisant Le Printemps, se penche l’air rêveur vers les flots dans une tenue de taffetas rose et chaussée de sandales romaines. Elle est protégée du soleil par une tonnelle de fleurs roses et blanches. La seconde, incarnant L’Automne, affiche des cheveux noirs emmêlés sous l’effet de la brise marine, et cueille des fleurs orangées sur le balcon d’un palais à l’antique. Ces deux tableaux originaux servirent de couverture pour Le Figaro Illustré en mai et octobre 1898, témoignant de la réputation dont jouit William de Leftwich Dodge sur le sol français à l’aube de la modernité. Une célébrité qui, si elle s’est depuis amenuisée en France, demeure toujours aussi vive outre-Atlantique où le peintre a laissé de nombreux décors de bâtiments publics, manoirs ou hôtels, à l’instar d’une composition murale réalisée pour le pavillon nord-ouest la Bibliothèque du Congrès à Washington en 1895.

 

Un buste d’Ivan le Terrible par Antokolsky

Aux côtés de ces deux toiles de Leftwich-Dodge, la collection rassemble d’autres pépites, à l’instar d’un portrait en buste d’Ivan le Terrible d’un réalisme saisissant. Il fut réalisé par Mark Antokolsky (1843-1902) au cours d’un séjour à Berlin en 1870. Le sculpteur russe y retranscrit avec virtuosité la psychologie d’un monarque autoritaire. C’est à cette œuvre, acquise plus tard par le musée de l’Ermitage, qu’Antokolsky doit sa célébrité. L’artiste est remarqué par Alexandre II qui le nomme membre de l’Académie impériale des beaux-arts et bénéficie dès lors d’une stabilité financière qui lui permet de se consacrer pleinement à son art. 

Signalons enfin, issus de cette même collection dédiée à l’Art nouveau, la présence d’une lampe de table « Iris », réalisée par Dorléans, bronzier-métallier pour la maison Linke, d’un vase spectaculaire d’Alexandre Bigot (1862-1927) représentant Janus et d’une rare coupe en bronze attribuée à Henri Husson (1852-1914).

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