Le 31 août 2020 | Mis à jour le 2 septembre 2020

Les bronzes féminins au XIXe siècle

par Alexandra Flory

D’Antoine-Louis Barye à Albert-Ernest Carrier-Belleuse, la figure féminine inspire au XIXe siècle les plus grands sculpteurs qui la représentent tour à tour savante, drapée à l’antique ou arborant décomplexée ses courbes généreuses. Tour d’horizon…

 

La femme savante

Sculpteur prolifique sous le Second Empire, Albert-Ernest Carrier-Belleuse (1824-1887) choisit ici le thème de la femme savante dans une représentation mélangeant les styles. La statue chryséléphantine, exécutée en bronze et ivoire, rappelle par sa technique l’art antique, mais annonce également l’Art déco, adepte de l’alliance de matériaux nobles. La femme y arbore l’habit moyenâgeux, évoquant le style Troubadour idéalisé sous l’Empire, très différent de ce que l’on pourra voir quelques années plus tard avec des femmes aux habits plus légers.

 

Albert-Ernest Carrier-Belleuse (1824-1887). La liseuse. H. 22cm (hors socle), 25,5 cm (avec socle). Epreuve signée. Adjugé à 494 euros par Millon, le 24 mai 2019 à Paris.

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La femme moderne

Antoine-Louis Barye (1795-1875), sculpteur et peintre romantique plébiscité pour sa représentation des animaux, produisit également des bronzes aux sujets mythologiques. Ici, tout comme avec sa Néréide, la figure féminine lui inspire une sculpture résolument moderne. Certes, elle dévoile nue le classique contrapposto, mais c’est dans le modelage du corps que Barye se dissocie de ses contemporains, proposant une femme décomplexée aux courbes assumées, évoquant les lignes serpentines des Maniéristes.

 

Antoine-Louis Barye (1795-1875). Figure de femme debout sans drapé. H. 43 cm. Épreuve en bronze patiné, signée, datée 99 et numérotée 3/8. Adjugé à 2 125 euros par Osenat, le 6 octobre 2019 à Fontainebleau.

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La femme à l’antique 

Sculpteur reconnu par sa mention honorable au Salon de 1875, Eutrope Bouret (1883-1906) prend ici le parti d’une représentation classique de la jeune femme idéale. Elle porte le drapé antique, adopte le contrapposto, est coiffée à la mode de l’époque et repose sur un socle de marbre.

 

Eutrope Bouret (1883-1906). Jeune femme à l’antique. H. 80 cm. Adjugé à 1 980 euros par François Odent, le 28 novembre 2019 à Tours.

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La femme en harmonie avec la nature

Edouard Drouot (1859-1945) s’est illustré à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle à travers ses sculptures d’une grande expressivité, saisissant avec virtuosité l’émotion des visages et le mouvement des corps. En témoigne cette épreuve en bronze à patine brune, caractéristique du travail de l’artiste, au style Art nouveau. En un corps-à-corps sensuel avec une libellule qu’elle tente de chasser à l’aide d’une branche, la figure féminine y apparaît en parfaite harmonie avec la nature, adoptant les lignes sinueuses des roseaux qui l’entourent. Cette union avec le majestueux insecte ailé célèbre la ténacité de la femme, qui, telle la libellule, s’adapte aux aléas et ne recule devant rien.

Edouard Drouot (1859-1945). Libellule. H. 72,5 cm. Épreuve signée et titrée. Adjugé à 1 430 euros par Millon, le 26 novembre 2019 à Paris.

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La femme, allégorie de la musique 

Représentée dans un style gracieux et aimable, dans la lignée des artistes du XVIIIe siècle tel Watteau, la femme fait ici figure d’allégorie de la musique. Vêtue à la mode de l’époque, elle porte le chignon et une robe au drapé fluide qui permet au sculpteur belge Georges van der Straeten (1856-1928) d’exposer toute sa virtuosité technique, en un savant mélange de tradition et d’innovation, caractéristique de la Belle Epoque et de l’avènement de l’Art nouveau.

Georges van der Straeten (1856-1928). Femme à lyre. Épreuve signée. D. 52 x 31 x 21 cm. Adjugé à 821 euros par Goxe & Belaïsch, le 4 décembre 2019 à Enghien-les-bains.

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