Le 12 janvier 2022 | Mis à jour le 12 janvier 2022

Marie Renoir : « L’émission Affaire conclue redonne aux Français le goût des objets. »

par Interencheres

Depuis l’été 2018, Marie Renoir livre ses précieux conseils aux téléspectateurs de l’émission à succès Affaire conclue sur France 2 présentée par Sophie Davant. La commissaire-priseur se confie sur son parcours depuis l’étude de Versailles Enchères jusqu’au plateau de l’émission Affaire conclue.

 

Depuis son plus jeune âge, Marie Renoir entretient une relation intime avec les objets. Enfant, elle s’amuse à dialoguer avec ses jouets, conviant ses peluches à des visites privées dans la maison familiale où elle leur fait découvrir les meubles et tableaux, commentant leur valeur et leurs attraits esthétiques. En grandissant, la jeune femme n’a qu’une seule idée en tête, trouver un métier avec lequel elle pourrait s’adonner constamment à cette activité. Désormais commissaire-priseur au sein de la maison Versailles Enchères, Marie Renoir revient sur son parcours, sa passion pour l’art moderne et contemporain et son expérience dans l’émission Affaire conclue.

 

Quelle formation avez-vous suivie ?

J’ai commencé par des études de droit que j’ai complétées avec une formation en art. Je souhaitais que mon futur professionnel allie ces deux sujets et me suis donc tournée vers le métier de commissaire-priseur. Je me suis lancée dans ces vastes études, parfois un peu rébarbatives. J’ai fait un master de droit du marché de l’art, puis j’ai suivi une formation à l’Ecole du Louvre avant de faire une licence en histoire de l’art, afin de me spécialiser dans l’art moderne. Après de longues années d’acharnement, j’ai réussi à atteindre mon objectif.

 

Vous avez effectué de nombreux stages durant vos études, avant d’intégrer la maison de vente Versailles Enchères…

Effectivement, j’ai commencé à faire des stages dès le début de mon cursus de droit. D’ailleurs, j’ai expérimenté toutes les formules de maison de vente, des très grandes maisons internationales aux maisons de vente plus petites, localisées en banlieue. J’ai ainsi pu découvrir tout l’éventail du travail de commissaire-priseur. Je pense qu’il est essentiel d’appréhender tous les aspects d’un métier avant de devenir soi-même professionnel. Au cours de mon cursus, j’ai eu la chance de rencontrer deux personnes exceptionnelles : Olivier Perrin, commissaire priseur en art contemporain chez Versailles Enchères et Gilles Frassi, expert dans ce même domaine. Ils m’ont pris sous leur aile et m’ont montré tout ce qu’il y avait à connaître de ce métier. C’est grâce à leur savoir-faire et leurs connaissances que j’ai réellement découvert le milieu de l’art moderne et contemporain. Au-delà d’une simple collaboration s’est nouée une véritable amitié.

 

Quelles sont les ventes qui vous ont le plus marqué ?

La vente d’un tableau de Nicolas De Staël chez Versailles Enchères reste sans doute ma plus belle émotion professionnelle. C’était une étude préparatoire d’un paysage de la Ciotat, peinte en 1952, vendue pour plus d’un million d’euros en décembre 2018. Ce fut un privilège de suivre le parcours de cette magnifique huile sur carton de 38×55 cm, au pedigree exceptionnel.

 

Nicolas De Staël (1913-1955), « Paysage (La Ciotat) », 1952, Huile sur carton, signé en bas à droite, 38 x 55 cm. Adjugé 1 million d’euros.

 

Plus récemment, Versailles Enchères a établi un record mondial avec une œuvre de Ladislas Kijno. C’était un très beau moment. L’acheteur avait acquis le tableau il y a plus de vingt ans mais du fait de sa taille imposante – plus de deux mètres sur un mètre quatre-vingt-dix – il n’a jamais pu l’accrocher dans sa maison. Abandonnée dans un stockage, l’œuvre est tombée dans l’oubli. Avec le propriétaire, nous l’avons extirpé et remis en lumière en le présentant aux enchères. Le tableau s’est envolé pour plus de 91 000 euros, a permis de révéler au grand jour cette œuvre magistrale.

 

Ladislas Kijno (1912-2012), «Hommage a Messiaen», 1961, Huile sur toile signée en haut à droite, titrée au dos sur le châssis, 195 x 350 cm. Adjugé 91 000 euros.

 

Au cours de l’été 2018, vous avez rejoint l’aventure « Affaire Conclue ». Qu’est ce qui vous a incité à participer à cette émission ?

Les organisateurs de l’émission m’ont contactée et c’est avec grand plaisir que j’ai rejoint cette équipe très fraternelle. L’émission retranscrit parfaitement l’ambiance du plateau. Par ailleurs, Affaire Conclue donne une vision de notre travail dans sa version classique et courante, à savoir estimer et orienter les vendeurs sur la valeur réelle de leurs biens et permet de redonner aux Français le goût des objets. Cela est d’autant plus pertinent lors du confinement. Assignés à résidence, les téléspectateurs ont enfin pris le temps de regarder leurs estampes, leurs meubles, leurs vases ou leurs céramiques… Ils ont véritablement redécouvert leurs maisons. Les records d’audience témoignent d’ailleurs de cet engouement.

 

Vous souvenez-vous d’un tournage en particulier ?

Je me souviens d’un bijou Art Nouveau absolument splendide avec des émaux de plique-à-jour et des perles baroques apporté par une jeune femme. Une véritable pièce de joaillerie que j’avais estimée 10 000 euros. Elle a été acquise en salle des ventes par l’un des acheteurs (même s’il ne s’agit pas vraiment d’une salle des ventes mais plutôt d’une vente de gré à gré, précisons bien les choses). Des pièces d’une telle qualité marquent forcément les esprits.

 

L’émission a-t-elle eu un impact sur la fréquentation de votre salle de ventes ?

Indéniablement, le s amateurs viennent désormais dans nos salles pour vivre la même adrénaline qui anime les acheteurs de l’émission. C’est ce qui me plaît dans ce programme. Il rend le monde des enchères plus accessible. 

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