Le 21 octobre 2022 | Mis à jour le 21 octobre 2022

Paris+ : les ventes aux enchères d’art moderne et contemporain en marge de la foire d’Art Basel

par Interencheres

Une gouache de Léonard Foujita, un tableau cinétique de Patrick Rubinstein, une sérigraphie de Takashi Murakami, un violon en bronze d’Arman… En marge de la foire Paris+ d’Art Basel qui investit la capitale jusqu’au 23 octobre, des ventes aux enchères d’art moderne et contemporain sont organisées à travers la France tout au long du week-end. Le magazine des enchères a sélectionné pour vous ses œuvres coups de cœur.

 

L’art moderne ouvrira le bal à Avignon avec la vente d’œuvres de Léonard Foujita, Armand Guillaumin et Raoul Dufy, tandis que l’art d’après-guerre sera représenté à Grasse par un violon cubiste en bronze à patine dorée réalisé par le chantre du Nouveau Réalisme, Arman. A Pau et Roanne, deux ventes de prestige feront la part belle à l’art contemporain avec des tableaux cinétiques de Patrick Rubinstein ou encore une construction en béton armé brut signée André Wogenscky, un disciple de Le Corbusier. Le week-end sera enfin ponctué de deux ventes caritatives d’art contemporain à Paris et La Motte, dans le Var. La première investira samedi le Carrousel du Louvre qui accueille en ce moment le salon Art Shopping. Organisée par la maison Million, elle rassemble de nombreuses œuvres issues de la scène du Street Art, à l’instar d’une toile haute en couleurs peinte à l’aérosol par Iza Zaro, une artiste engagée dans la cause féminine. Les fonds seront reversés à l’association « Intérêt à Agir ». Le lendemain, la vente de La Motte, organisée par Jérôme Duvillard au profit des « Enfants cancer et santé », réunira quant à elle un bel ensemble d’œuvres colorées et poétiques, telles que des Aquarelles enfantines d’Emmanuelle Picq ou une acrylique solaire de Florence Lysine Pouard. Tour d’horizon à travers une sélection d’œuvres modernes et contemporaines mises en vente les 22 et 23 octobre.

 

Une gouache de Léonard Foujita

Intitulée Femmes sur une balançoire, cette gouache sur fond d’or datant de 1918 a été réalisée par le célèbre artiste franco-japonais Léonard Foujita (1886-1968). Ayant appris le Français dans un milieu familial japonais largement ouvert sur l’Occident, Foujita rêve d’exercer son art à Paris. Il part y vivre en 1913 et fréquente dès lors les plus grands artistes de la période d’entre-deux-guerres, parmi lesquels Picasso, Modigliani, Soutine, ainsi que le poète Apollinaire et le photographe Man Ray. Son talent est rapidement remarqué et célébré, notamment lors de sa première exposition personnelle en 1917. La production un an plus tard de cette peinture permet d’assister de manière privilégiée à la genèse du style de Foujita, et de constater des caractéristiques qui se retrouveront dans le reste de sa production : un mélange subtil et tout en délicatesse des codes de représentations occidentaux et japonais, faisant la part belle au nacré des peaux, et aux regards éthérés de silhouettes d’estampes habillées à la mode parisienne. 

 

Léonard Tsuguharu FOUJITA (1886-1968), Femmes sur une balançoire (circa 1918). Gouache sur fond or signée en bas à droite contresignée au dos. Estimée entre 40 000 et 50 000 euros. Mise en vente le 22 octobre à l’Hôtel des ventes d’Avignon.

 

Un tableau cinétique de Patrick Rubinstein 

Inventeur en 2009 du Kinetic pop art, alliance du Pop Art et de l’Op Art, l’artiste contemporain français Patrick Rubinstein propose ici un tableau reposant sur le principe du Triple, qu’il a créé et utilisé dans une grande partie de son œuvre. Cette technique permet d’obtenir des tableaux contenant trois images à la fois, que le spectateur peut découvrir en se déplaçant autour de la toile. L’image centrale se détache clairement, tandis que les deux autres images peuvent être contemplées dans les deux angles à 45 degrés du tableau. La magie de ce procédé est rendue possible par la création de lamelles insérées à la perpendiculaire de l’image centrale. La toile fait également référence au culte malsain de la célébrité évoqué dans le « Dyptique Marylin Monroe » d’Andy Warhol. La représentation de Marylin Monroe sur une boîte de conserve aux couleurs flashy, se multipliant grâce aux possibilités de perception alternatives offertes par le Triple, illustre ainsi les effets pervers de la consommation de masse. 

 

Patrick RUBINSTEIN (né en 1960), « Soupe océan neige », tableau cinétique signé. Exemplaire unique. Dim : 95×70 cm. Estimé entre 3 000 et 5 000 euros. Mis en vente par Carrère & Laborie le 22 octobre à Pau. 

 

Une sérigraphie de Takashi Murakami 

« Tan Tan Bo » est le nom du personnage dérivé de Mickey Mouse, créé par l’artiste contemporain japonais Takashi Murakami. Cette reprise du personnage culte témoigne du travail de l’artiste, soucieux d’abolir les frontières entre les arts dits « supérieurs » et « inférieurs » afin de bouleverser les repères du public. Son travail dans les médias, la sculpture et la peinture, la mode, le commerce, l’animation, alimente une production artistique diversifiée, associant le kawaï, la tradition des estampes japonaises et les dessins animés. Cette sérigraphie psychédélique a été interprétée à la fois comme une représentation symbolique de la psyché de l’artiste et une métaphore de la société de consommation. 

 

Takashi MURAKAMI (né au Japon en 1962), Tan Tan Bo Silkscreen, 2016. Sérigraphie avec fond à la feuille d’or. Signée, datée et numérotée en bas à droite 24/100. 77 x 110 cm à vue sous passepartout. Estimée entre 20 000 et 25 000 euros. Mise en vente par Ribière & Associés le 23 octobre à Marseille. 

 

 

Haut de page

Vous aimerez aussi