Le 17 juin 2020 | Mis à jour le 21 juillet 2020

Le (bel) été des hôtels de ventes

par Clémentine Pomeau-Peyre

Après le confinement strict, puis le déconfinement mais avec gestes sanitaires, et l’explosion des ventes 100 % live très inhabituelles, les commissaires-priseurs se préparent désormais à un été lui aussi atypique, entre vacances en France et crise économique.

 

Pour certains, organiser des ventes en juillet et août relève d’une longue tradition. « Nos ventes d’août se tiennent depuis trente ans, avec une clientèle particulière que nous ne voyons qu’à ce moment là », explique Philippe Casal, du Puy-en-Velay. Une clientèle composée pour beaucoup d’Auvergnats qui reviennent passer des vacances dans leur région d’origine, « et nous profitons habituellement d’une baisse globale de l’offre de ventes, exactement comme dans la période de confinement, pendant laquelle nos vacations ont plutôt bien fonctionné. » Son appréhension concerne plutôt la récupération de nouveaux lots puisqu’il n’a pas pu collecter ses meubles et objets d’art pendant la période précédant l’été. A ce jour, l’étude a programmé trois ventes en août : deux belles ventes mobilières les 8 et 19 août, et une vacation consacrée aux bijoux anciens et modernes le 9.

 

Bramah à Londres. Coffret de toilette à système. Mis en vente par Le Puy Enchères le 8 août au Puy-en-Velay. Estimation : 800-1 200 euros.

 

Préoccupation et programmation inverses du côté de Blois, où l’étude Pousse-Cornet prépare une longue série de ventes jusqu’à fin juillet. Amélie Cornet s’explique : « Depuis le mois de mars, nous avons reporté un certain nombre de ventes, et les réserves sont pleines. Nous avons donc adopté un rythme soutenu en juillet, avec 5 ventes ». Au programme, des tableaux, meubles et objets de vitrine à petits prix le 6 juillet (beaucoup de lots estimés en dessous de 150 euros), du vin le 13 juillet, du mobilier courant, des tableaux, mobilier et faïences le 15 et enfin des Arts décoratifs du XXe siècle le 27 juillet. Avec en particulier un ensemble contemporain par Ann Grim, modèle New Beginnings (estimé 1 200-1 800 euros). En revanche, l’étude a décidé de fermer en août, la région n’étant pas particulièrement touristique, et « les marchands et brocanteurs sont sur les salons, donc ils ne viennent pas non plus. »

 

Jonone (1963), « The longest of travels » 2012, acrylique sur toile, 146 x 165 cm (Certificat). Provenance : Galerie Rive Gauche, rue de Seine, Paris. Mis en vente par Jack-Philippe Ruellan le 25 juillet à Vannes. Estimation : 18 000 – 22 000 euros.

 

Des événements festifs adaptés aux contraintes sanitaires

Du coté des stations balnéaires, les hôtels de ventes qui restent en général actifs pendant tout l’été s’adaptent également à cette curieuse période. Avec enthousiasme, l’étude de Jack-Philippe Ruellan à Vannes propose trois ventes Summertime. La première, le 16 juillet, aura lieu en soirée, et l’équipe réfléchit à en faire un événement un peu festif, mais toujours adapté aux contraintes sanitaires. La seconde se tiendra le 25 juillet, avec du design, du mobilier moderne, et toujours des marines, des objets d’art… Deux lots phares se distinguent déjà : une toile de Jonone (né en 1963), estimée autour de 20 000 euros ; et une Rolex Daytona des années 1970 dont la cote avoisine les 40 000 euros.

 

Rolex : Montre Daytona Cosmograph 6263 en acier, mouvement Valjoux 727, cadran « panda inversé », fond noir, trois compteurs blancs, lunette bakélite noire avec échelle tachymètrique en blanc, fond numéroté 6265. N° de série 3485372. Circa 1973. Mis en vente par Jack-Philippe Ruellan le 25 juillet à Vannes. Estimation : 40 000 – 60 000 euros.

 

En revanche l’étude de Vannes ne prévoit pas, comme elle le faisait les années précédentes, d’organiser des ventes dans d’autre lieux de villégiature. Les mesures de distanciation rendent l’organisation trop complexe.

Salorges Enchères installée à la Baule depuis cinq ans, entend également retrouver son public estival, composé « principalement des particuliers qui ont une résidence secondaire sur place, ou qui résident dans le coin à l’année, nous n’avons pas une importante clientèle de passage », estime Alexandre Kaczorowski. Le calendrier est adapté : les ventes ont lieu le mercredi, « parce que le samedi est un jour de chassé croisé pour les locations, et qu’il faut laisser aux gens le temps de s’installer avant qu’ils aient envie de venir nous voir… » Un fond d’atelier du peintre Robert Falcucci (1900-1989) le 18 juillet, des arts du XXe siècle le 29, des arts de la table 5 août, une belle vente mobilière le 12, Au bonheur des dames (bijoux et accessoires de mode) le 19 : tel est le programme des amateurs de la région de la Baule pour l’été. « L’idéal bien sûr est que la météo soit avec nous ces jours là », s’amuse Alexandre Kaczorowski, « avec un temps un peu gris, qui dissuade d’aller à la plage… »

Les ventes de l’été | Consultez le calendrier des ventes organisées du 1er juillet au 31 août

 

Robert Falcucci (1900-1989). Mis en vente par Salorges Enchères le 18 juillet à La Baule.

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