Le 10 septembre 2021 | Mis à jour le 20 septembre 2021

Raymond Guidot, précurseur du design industriel

par Diane Zorzi

Des compositions monumentales, des tableaux et des pièces de mobilier imaginés par le précurseur de l’esthétique industrielle, Raymond Guidot, seront réunis sous le marteau de Valérie Régis le 27 septembre à Deuil-la-Barre. L’occasion de découvrir l’œuvre de cet artiste plasticien et historien du design, adepte du « beau utile ». 

 

Artiste plasticien, ingénieur et historien du design, Raymond Guidot (1934-2021) a largement contribué à la reconnaissance de l’esthétique industrielle, avec la rédaction d’ouvrages de référence, l’organisation d’expositions et des propositions artistiques ingénieuses autour de la lumière et des matériaux. « Ingénieur-conseil au Musée national d’art moderne, il a été le commissaire de nombreuses expositions sur le design au Centre de création industrielle et a livré des ouvrages qui ont fait date, à l’instar de Histoire du design de 1940 à nos jours publié chez Hazan en 1994 et Histoire des objets – chronique du Design industriel paru en 2013. Il a également enseigné à l’Ecole nationale supérieure de création industrielle à Paris et a collaboré avec Roger Tallon à l’agence Technès de 1961 à 1969 », détaille Valérie Régis qui dispersera le 27 septembre à Deuil-la-Barre et en live sur Interencheres un ensemble de quatre-vingt-dix œuvres de cet artiste historien, apôtre du « beau utile », décédé le 17 avril dernier à l’âge de 86 ans. 

 

Des installations et tableaux-sculptures lumineux

Parmi les pièces phares de la vente dédiée à Raymond Guidot, une installation monumentale de 8 mètres cubes révèle l’appétence de l’artiste pour les structures lumineuses. Dans cet Autoportrait au miroir (estimé entre 1 000 et 1 500 euros), réalisé à partir de carton, papier et objets de récupération, Raymond Guidot se livre sans phare, nu, cheveux et barbe hirsutes. Positionné sur une chaise, il se contemple dans un miroir, dont le reflet démultiplie l’espace éclairé à l’aide d’une ampoule des plus rudimentaires.

 

Raymond Guidot (1934-2021), « L’autoportrait au miroir », Installation monumentale dans un caisson en bois. Technique mixte, jeux de lumières, carton, papier, objets de récupération. H : 204 L : 200 P : 200 cm. Estimation : 1 000 – 1 500 euros. 

 

Un même jeu de décomposition lumineuse façonne son installation L’usineun tableau-sculpture de 1975 fabriqué à l’aide de pans de bois découpés et assemblés que des moteurs et éclairages animent (1 500 – 2 000 euros). A ces jeux de lumière se soumettent encore les corps féminins avec Les trois Grâces (800 – 1 200 euros), deux tableaux-sculptures en relief composés d’éléments en bois découpés et ajourés. Réinterprétant la célèbre huile sur bois de Raphaël, Raymond Guidot décompose les corps, aux formes sculpturales, parant leurs courbes de couleurs bariolées et alternant les points de vue. 

 

Raymond Guidot (1934-2021), « Les trois Grâces », Technique mixte, panneaux de bois découpés, et laine tricotée. H : 91 L : 107 cm. Estimation : 800 – 1 200 euros.

 

Des peintures expressionnistes aux couleurs flamboyantes

Artiste pluridisciplinaire, Raymond Guidot s’est également illustré en peinture, ainsi qu’en témoignent ses toiles, cartons et isorels exécutés autour de 1960. Reprenant les thèmes picturaux traditionnels, à l’instar d’un Portrait de femme, d’une Tête d’Holopherne, d’un Christ ou d’un Intérieur au poêle, il use d’une touche vigoureuse et empâtée, et recourt à une palette chromatique chamarrée, dans la lignée des Fauves et expressionnistes. Là encore, l’artiste instaure des jeux de lumière, parsemant ses œuvres de tâches de couleurs flamboyantes.

 

 

Des objets du quotidien sublimés

Ces tonalités puissantes rejaillissent au sein de ses objets utilitaires et pièces de mobilier, à l’instar de coquetiers empilables ou d’une maquette de Peugeot Tulip affichant un rouge écarlate. Adepte du « beau utile », Raymond Guidot entend parer de couleurs les ustensiles et objets les plus ordinaires, parfois issus de l’industrie, convaincu qu’elles enrichissent et améliorent la vie quotidienne. Alliant avec talent la fonction utilitaire à une esthétique plaisante et innovante, l’artiste historien s’est ainsi imposé comme un précurseur du design industriel, livrant des œuvres séduisantes et à l’attrait commercial indéniable que confirmera sans aucun doute la vente du 27 septembre. 

Enchérir | Suivez la vente Raymond Guidot le 27 septembre en live sur interencheres.com

 

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