Le 25 juin 2024 | Mis à jour le 25 juin 2024

Un dessin inédit de Géricault ressurgit à Marseille

par Diane Zorzi

Un dessin inédit de Théodore Géricault sera dévoilé aux enchères le 28 juin à Marseille. Estimé de 30 000 à 40 000 euros, il provient de l’ancienne collection de son ami et mécène Louis Bro de Comères.

 

Notre dessin a appartenu au général Louis Bro de Comères (1781-1844), avant de rejoindre la collection de son fils, le colonel Olivier Bro de Comères. Louis Bro, installé à partir de 1816 avec sa famille au 23 rue des Martyrs à Paris, se lia d’amitié avec Théodore Géricault (1791-1824) qui occupait un pavillon voisin, non loin de l’atelier d’Horace Vernet, et devint l’un de ses mécènes et collectionneurs les plus importants.

 

Un dessin provenant de la collection du général Louis Bro

Une annotation, portée en bas à droite sur le montage, de même qu’une ancienne étiquette collée au verso, révèlent que notre dessin faisait partie de « l’album violet » contenant des œuvres de Géricault, Vernet, Isabey ou encore Eugène Lami. Cet album fit l’objet d’un partage à la mort du colonel Olivier Bro de Comères entre les trois fils de ce dernier, notre dessin, portant la numérotation 7, rejoignant dès lors la collection de Madame Albert Pic-Paris, née Bro de Comères, pour être ensuite transmis par descendance. « Ce dessin est donc inédit sur le marché puisqu’il a été conservé dans la famille depuis l’origine », précise Romain Anselme, commissaire-priseur au sein de la maison Marseille Enchères Provence.  

 

Théodore Géricault (Rouen, 1791 – Paris, 1824). « Etude d’écorché pour un nautonier, vu de face le corps penché vers la gauche ». Plume et encre brune, lavis brun sur traits de crayon noir, 27 ,7 x 19,2 cm. Estimation : 30 000 – 40 000 euros.

 

Une Etude d’écorché pour un nautonier

Exécuté à la plume, encre brune, lavis brun et crayon noir, notre dessin dévoile une Etude d’écorché pour un nautonier. Soucieux de rivaliser avec le réel, Géricault accordait une place privilégiée à l’étude anatomique, des hommes comme des chevaux – souvenons-nous que pour préparer son Radeau de la Méduse, le peintre exerça son crayon devant des fragments de corps humain empruntés à la morgue. Cet attrait pour l’étude anatomique, il la doit notamment à la découverte de Michel-Ange, lors d’un séjour qu’il entreprend en Italie en 1816 au lendemain de son échec au concours du prix de Rome. Les nombreuses œuvres et études dédiées au corps humain qui parent aujourd’hui les musées et collections privées révèlent un dessinateur virtuose. Lors de sa dernière visite à Géricault, alors mourant, Delacroix écrivait à ce titre : « Il y a quelques jours, j’ai été le soir chez Géricault. Quelle triste soirée. Il est mourant. […] Je me souviens que je suis revenu tout enthousiasmé de sa peinture : surtout une étude de tête de carabinier. S’en souvenir. C’est un jalon. Les belles études. Quelle fermeté. Quelle supériorité. Et mourir à côté de cela, qu’on a fait toute la vigueur et la fougue de la jeunesse, quand on ne peut se retourner sur son lit d’un pouce sans le secours d’autrui. »

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