À Mâcon, lors de sa vente « Trésors du Quai » le 2 juillet prochain, Quai des enchères présentera un kiosque fabriqué à l’occasion de l’Exposition universelle de Lyon de 1894. Cet artefact unique, « très rare vestige d’un événement marqué par une tragédie » est estimé entre 8 000 et 10 000 euros.
En juin 1894, le parc de la Tête d’Or de Lyon accueille une nouvelle édition de l’Exposition universelle, la première dans la capitale des Gaules. Les organisateurs font construire à cette fin une rotonde gigantesque appelée la « Coupole », bâtiment principal autour duquel gravitent les différents pavillons. Les industriels entendent profiter de l’événement pour mettre en valeur les savoir-faire de leur région. C’est ainsi que la grande tuilerie de Bourgogne, à Montchanin, imagine des panneaux de terre cuite pour un kiosque (ou gloriette fermée), en chêne sculpté. C’est ce dernier que Quai des enchères soumet aux enchérisseurs le 2 juillet lors de sa vente « Trésors du Quai », avec une estimation comprise entre 8 000 et 10 000 euros.
Un artefact unique conservé au Puy-en-Velay
Après l’Exposition universelle, les pavillons sont démontés puis rachetés. C’est une famille lyonnaise, propriétaire d’un domaine au Puy-en-Velay, qui fait l’acquisition du kiosque et le fait installer dans le parc de la propriété, en remplaçant toutefois la charpente. Au fil du temps, le domaine est vendu par parcelles et l’une des dépendances est convertie en maison d’habitation.

C’est dans cet écrin que le kiosque est resté jusqu’à aujourd’hui, profitant de rénovations comme celle du toit. Globalement en « bon état », « ses propriétaires souhaitent désormais tourner la page », affirme le commissaire-priseur Jérôme Duvillard, avant d’ajouter : « de quoi intéresser des personnes en quête d’une pièce unique pour leur parc ou jardin. »
Un rare témoignage de la première Exposition universelle de Lyon
De l’Exposition universelle de 1894, « l’Histoire a surtout retenu l’assassinat du président de la IIIe République, Sadi Carnot, par un anarchiste italien alors qu’il sortait d’un repas donné en son honneur au palais de la Bourse », relate le commissaire-priseur.

De fait, à la différence de celles de Paris par exemple, il demeure très peu de traces de l’Exposition universelle de Lyon. « Il est porteur d’une histoire intéressante, mais oubliée, ça aurait du sens qu’il soit découvert par le plus grand nombre », note Jérôme Duvillard, espérant que le kiosque trouve un jour sa place dans un jardin public.