Le 17 février 2021 | Mis à jour le 1 mars 2021

Une collection d’intailles antiques dispersée aux enchères à Laval

par Lucie Rocher

Une collection inédite d’intailles antiques sera dispersée par François Nugues et Fabien Drouelle le 25 février à l’Hôtel de ventes de Laval. Elle a été constituée, à l’abri des regards, par un passionné et spécialiste de l’Antiquité au tournant des XIXe et XXe siècles.

 

C’est une collection exceptionnelle de plus de quarante intailles antiques que François Nugues dévoilera le 25 février prochain à Laval et en live sur Interencheres. Enfouie dans un coffre depuis plusieurs années, elle fut constituée de la fin du XIXe au début du XXe siècle par un passionné de l’Antiquité qui participa à des fouilles archéologiques. « Les propriétaires actuels de la collection n’ont pas souhaité communiquer son nom mais il s’agit d’un véritable spécialiste, découvreur et re-découvreur de trésors de l’Antiquité », détaille le commissaire-priseur. Les intailles, sélectionnées avec soin, se distinguent tant par leur qualité, que par l’originalité des sujets traités et l’état de conservation des pierres : trois critères cruciaux pour tout amateur de pierres fines. Portées en parures ou placées dans une vitrine en guise d’objets de contemplation, elles devraient attiser les convoitises, notamment sur le marché anglo-saxon où les intailles sont particulièrement plébiscitées. 

 

Des intailles inédites sur le marché

Réunissant un large panel de styles et d’époques, cette collection permet d’apprécier l’évolution de la création des intailles, de l’art étrusque, grec archaïque, classique et hellénistique à l’Empire romain et l’époque gallo-romaine. Elles servaient à l’époque de sceaux ou d’objets décoratifs, mettant en avant l’importance sociale de leurs propriétaires dans la vie de la cité. Leur iconographie était relativement standardisée, donnant à voir le plus souvent un empereur, un dieu tels que Mars et Vénus, ou un animal. « Des bagues figurant des divinités ont été produites par milliers et l’on peut en retrouver régulièrement dans les salles de ventes alors que celles figurant des scènes de la guerre de Troie sont beaucoup plus rares. L’une de celle que nous mettons en vente illustre un épisode peu connu durant lequel Ajax arrache Cassandre de la statue d’Athéna, auprès de laquelle elle s’était réfugiée au Palladion », explique François Nugues. Un motif original qui justifie l’estimation comprise entre 2 000 et 3 000 euros. Cette bague pourra être acquise aux côtés d’un autre lot phare étonnant, une bague à anneau ouvert torsadé orné d’un fil de grènetis dont les extrémités présentent deux têtes de lion rugissant finement exécutées (estimé 2 000 – 3 000 euros). De véritables icônes dont le motif sera abondamment repris au cours des siècles suivants, et encore aujourd’hui par certaines grandes marques de joaillerie.
A noter que certaines intailles proposant une iconographie rare comme une bague figurant Attis, une divinité d’origine phrygienne ( 2 000 – 3 000 euros), ont conservé leurs montures d’origine, ce qui en fait des objets rares et recherchés des collectionneurs. D’autres ont quant à elles été reprises au XIXe siècle mais ces restaurations et nouvelles orfèvreries, qui témoignent d’une véritable prouesse technique, n’entament en rien le prestige des intailles anciennes.

 

Une bague signée Jacques Guay 

Les intailles antiques seront accompagnées le 25 février d’une surprenante bague à chaton ovale, gravée d’un buste d’Henri IV en cornaline orange et monture en or jaune, arborant la signature de Jacques Guay (1711 – 1753). Guay fut le sculpteur attitré de Louis XV, doté du titre de graveur en pierres fines du cabinet du roi. Il s’illustra en taillant un spinelle rouge, dit la « Côte de Bretagne« , en forme de dragon, à la demande du roi en 1750. Ce spinelle, exposé au Louvre, est la pierre fondatrice de la collection royale des joyaux de la Couronne de France. « La bague que nous proposerons aux enchères n’est pas encore répertoriée. On ne connaît que peu d’œuvres présentant la signature de Guay et la majorité d’entre elles se trouvent dans les musées, ce qui en fait un bijoux tout à fait exceptionnel ». Cet objet inédit, qui pourrait être une commande de Louis XV, devrait ainsi dépasser aisément son estimation comprise entre 600 et 800 euros. Enfin, la vente comprendra également des amulettes égyptiennes, dont une de Sekhmet debout en or, datée du Nouvel Empire et montée sur une épingle à cravate du XIXe siècle. Elle sera suivie d’une vente de monnaies antiques.

       Enchérir | Suivez la vente des intailles antiques le 25 février en live sur interencheres.com

 

Découvrez notre sélection d’intailles antiques en vente le 25 février 

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