Une étude de Jean Dupas préemptée par le ministère de la Justice
Le 19 octobre à Bordeaux, Maître Antoine Briscadieu dispersait aux enchères deux œuvres du peintre Art déco Jean Théodore Dupas. Adjugée à 20 910 euros, la seconde a été préemptée par le ministère de la Justice. Figurant La Marseillaise, elle fut peinte en 1945 dans le cadre d’un projet de tapisserie commandée à l’artiste pour orner la cage d’escalier de l’hôtel de Bourvallais, place Vendôme.
Avec Alfred Janniot et Jacques-Emile Ruhlmann, Jean Théodore Dupas (1882-1964) est l’une des figures majeures de l’Art déco. Dans les années 1920, cet artiste bordelais, lauréat du Prix de Rome en 1910, réalisa des décors pour la Manufacture de Sèvres et des Gobelins, avant de s’atteler, autour de 1935, à ceux des célèbres paquebots Ile-De-France et Normandie. En 1941, le ministère de la Justice à Paris lui commande trois tapisseries pour orner la cage d’escalier de l’hôtel de Bourvallais, place Vendôme, actuel ministère de la Justice. Censé représenter la Fortune, la Paix et la Justice, l’ensemble ne vit jamais le jour, Jean Dupas s’attelant avec retard à sa réalisation. Aussi, du projet, ne demeurent aujourd’hui que des études préparatoires dont l’une était mise en vente samedi dernier par Maître Antoine Briscadieu à Bordeaux. Estimée entre 12 000 et 15 000 euros, elle a été préemptée par le ministère de la Justice pour 20 910 euros (frais compris).

Jean Dupas (1882-1964), « La Marseillaise », huile sur carton, signée des initiales « JD » et datée « 1945 » en bas à droite. 47 x 60,5 cm. Projet de tapisserie pour le ministère de la Justice à Paris. Adjugée à 20 910 euros par Maître Antoine Briscadieu le 19 octobre 2019 à Bordeaux.
Avec ses figures sculpturales et ses couleurs éclatantes, cette huile sur carton est caractéristique du retour à l’ordre qu’emprunte l’artiste autour de la Seconde Guerre mondiale. Peinte en 1945 et désormais intitulée La Marseillaise, elle constituait probablement l’un des projets pour la réalisation de l’allégorie de la Justice. Au centre, une figure au lourd drapé rouge, munie d’un bouclier et d’un glaive et écrasant un monstre hybride, évoque Athéna triomphant des Géants au sein des célèbres bas-reliefs antiques du Grand autel de Pergame. A droite, deux femmes porteuses de flambeaux symbolisent quant à elles la Justice, tandis que la présence de palmes évoque la victoire de la France à l’issue de la Seconde Guerre mondiale.
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