Le 19 juillet 2016 | Mis à jour le 21 juillet 2016

Une gourmande partie de chasse en pleine verdure

par Interencheres

[Le lot du jour] Dans une clairière, au cœur d’une forêt, trois hommes sont en train de se restaurer. L’un d’eux porte un vêtement rouge. Un choix vestimentaire qui semble peu discret pour un chasseur installé à quelques pas du gibier. « Le rouge vif pourrait symboliser le côté sanglant de cette activité », explique Nicole de Pazzis-Chevalier, spécialiste en tapisseries anciennes qui a expertisé cette verdure du XVIII ème siècle proposée aux enchères samedi 23 juillet 2016 à Lille par la maison Mercier.

.

« Le thème de la chasse est très fréquent sur les tapisseries de cette époque et, ici, le paysage est parfaitement dans le goût des paysages de Lille », complète l’experte avant de préciser que le maître tapissier de cette œuvre est Guillaume de Werniers, artiste à l’origine de nombreuses tapisseries lilloises, réputées pour leur qualité et leur solidité. Après son décès, sa femme lui succède à la tête de l’atelier et préserve ce savoir-faire jusqu’en 1778. En bas de la composition, figure l’inscription : « La veuve de G.Werniers » en capitales, faisant référence à cette dernière, suivit des lettres L et F qui encadrent un écusson rouge avec une fleur de lys blanche. Le L indique la ville de Lille, où se situait l’atelier, et le F pourrait avoir deux significations : l’une pour le royaume de France, car à cette époque Lille était bien française, et la seconde pour le royaume des Flandres très proche géographiquement et artistiquement. Cependant, la bordure ornée de feuilles d’acanthe, qui encadre la scène de chasse, est caractéristique de la ville de Lille, et correspond plus généralement au goût du XVIIIème où de nombreuses tapisseries s’avèrent bordées.

.

banniere-modelechien

Cette importante tenture aux couleurs éclatantes, qui provient d’une collection privée, pourrait avoir été commandée pour décorer une salle de chasse, ce qui expliquerait l’importance des dimensions. Mais de nos jours, il est difficile de trouver des murs aussi larges pour accueillir ce type d’œuvre… Néanmoins, comme le suggère Madame de Pazzis-Chevalier aux collectionneurs actuels, vous pouvez la présenter sur un mur arrondi, dans une pièce en arc de cercle. Les travaux du tapissier Guillaume de Werniers sont rares et recherchés sur le marché de l’art. Ils sont appréciés bien au-delà de sa région d’origine puisqu’un modèle de ce maître tapissier figure dans le hall du Bristol à Paris. La verdure mise aux enchères est estimée de 20 000 à 25 000 euros.

Lien vers l’annonce de la vente aux enchères.

Haut de page

Vous aimerez aussi

FIAC hors les murs : les ventes aux enchères d’art contemporain

Le 22 octobre 2021 | Mis à jour le 22 octobre 2021

Alors qu’au Grand Palais éphémère se tient, jusqu’au 24 octobre, la Foire internationale d’art contemporain (Fiac), les maisons de ventes aux enchères suivent la tendance et organisent des vacations dédiées […]

Augustin Lesage, l’esprit de l’Egypte antique

Le 21 octobre 2021 | Mis à jour le 21 octobre 2021

Le 23 octobre à Saint-Omer, Elodie Peeren présentera aux enchères une toile exceptionnelle d’un artiste emblématique de l’art brut, le mineur, peintre et médium, Augustin Lesage. Cette grande composition hiéroglyphique […]

Expertise : une commode bureau Louis XVI

Le 21 octobre 2021 | Mis à jour le 21 octobre 2021

Pourvue d’une écritoire, d’un caisson et de tiroirs, la commode bureau a pendant longtemps été une pièce incontournable des intérieurs bourgeois. Mêlant souvent plusieurs essences de bois, ce meuble, ajustable […]

Une vente aux enchères de NFT organisée à Paris

Le 19 octobre 2021 | Mis à jour le 21 octobre 2021

La maison de vente Boischaut présentera aux enchères plus de 70 NFT le 23 octobre à Paris et en live sur Interencheres. Cette vacation est l’une des premières en France […]