Le 6 juin 2022 | Mis à jour le 6 juin 2022

Une œuvre de jeunesse d’Emile Friant adjugée 290 560 euros à Alençon

par Diane Zorzi

Estimée entre 30 000 et 50 000 euros, une œuvre de jeunesse d’Emile Friant s’est envolée à 290 560 euros le 4 juin à Alençon. Cette huile sur panneau donnant à voir un intérieur d’atelier s’attira les faveurs de la critique lors de son exposition au Salon des artistes français de 1882.

 

 

Emile Friant (1863-1932) n’a que 19 ans lorsqu’il présente cet Intérieur d’atelier au Salon des artistes français de 1882. L’huile sur panneau est accompagnée d’une œuvre plus ambitieuse de près de trois mètres de hauteur, dont il ne subsiste aujourd’hui qu’une esquisse : L’Enfant prodigue. L’élève d’Alexandre Cabanel entend pour sa première participation au Salon démontrer son savoir-faire. C’est chose faite avec L’Enfant prodigue qui reçoit la mention honorable et signe le début de la carrière de ce peintre précoce. « Si notre Intérieur d’atelier, quant à lui, ne reçoit pas les faveurs officielles, l’œuvre sera néanmoins remarquée et appréciée par le public pour sa modernité et sa sobriété », soulignent les experts du cabinet Brun-Perazzone. Un demi-siècle plus tard, l’œuvre suscitait un même enthousiasme, décuplant son estimation basse pour trouver preneur à 290 560 euros le 4 juin à Alençon, sous le marteau de Patrice Biget.

 

Un Intérieur d’atelier exposé au Salon de 1882

Avec cet Intérieur d’atelier, Emile Friant se détache de l’enseignement académique prodigué par Alexandre Cabanel. Au contact de Bastien-Lepage, Aimé Morot et des impressionnistes, le peintre multiplie les ébauches et use d’une touche plus libre et spontanée. Il dépeint ici le peintre Camille Martin (1861-1898) et le sculpteur Mathias Schiff (1862-1886), deux amis avec lesquels il partage les mêmes origines nancéennes et qu’il saisit sur le vif, contemplant le fruit d’une séance de travail à l’atelier. Ce morceau de bravoure d’une grande modernité séduisit en 1882 des critiques éminents tels Arsène Alexandre et Paul Leroi, et fut même préféré à L’Enfant prodigue pour la couverture du Monde Illustré. L’année suivante, Emile Friant obtiendra finalement le second prix de Rome de peinture pour Œdipe maudissant son fils Polynice, avant de recevoir la médaille d’or à l’Exposition universelle de 1889 pour La Toussaint. En 1882, la médaille de bronze lui avait échappé d’une seule voix, celle de Cabanel – « ce maître, soulignait Arsène Alexandre, avait poussé la bienveillance jusqu’à craindre qu’un succès si précoce ne grisât le débutant. »

 

Emile Friant (1863-1932), « L’intérieur d’atelier », 1882. Huile sur panneau d’acajou, signée en bas à droite. 46 x 38 cm. Adjugée 290 560 euros par Orne Enchères le 4 juin à Alençon.

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