Samedi 5 octobre à Dole, dans le Jura, Maîtres Brigitte Fenaux et Philippe Etiévant présenteront aux enchères un ensemble mobilier du peintre, illustrateur et décorateur Henri Rapin. Estimé entre 4 000 et 6 000 euros, il dévoile le style sobre qu’emprunte l’artiste au cours des années 1910, délaissant la sophistication ornementale de l’Art nouveau au profit d’une épuration des formes, annonciatrice de l’Art déco.
Une salle à manger d’Henri Rapin estimée entre 4 000 et 6 000 euros
C’est une salle à manger exceptionnelle que présentent à la vente du 5 octobre à Dole Maître Brigitte Fenaud et Philippe Etiévant. Conservée jusqu’alors dans une famille du Jura, autrefois installée à Paris, elle est signée d’Henri Rapin (1873-1939), l’un des acteurs majeurs de la revalorisation des Arts décoratifs et de l’élaboration d’un style moderne français. « Il s’agit très probablement d’une pièce unique, détaille Maître Philippe Etiévant. Elle fut réalisée par l’artiste pour le VIe Salon des artistes décorateurs de 1911 et elle apparaissait à ce titre en photographie au sein de la revue Art décoratif. » Estimé entre 4 000 et 6 000 euros, l’ensemble, réalisé en chêne et daté de 1911, arbore un travail exceptionnel de marqueterie et de ferronnerie. Il dévoile le style sobre qu’emprunte l’artiste au cours des années 1910, délaissant la sophistication ornementale de l’Art nouveau au profit d’une épuration des formes, annonciatrice de l’Art déco.

Henri Rapin, entre Art nouveau et Art déco
Élève de Jean-Léon Gérôme et d’Eugène Grasset, Henri Rapin est impliqué dans le renouveau des arts appliquées qui caractérise sa génération. En 1925, il se fait remarquer lors de l’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes à Paris où il présente un salon de réception et une salle à manger dédiés au pavillon de l’Ambassade française. Internationalement reconnu, il est également mandaté en 1931 par le prince Asaka, gendre de l’Empereur, pour concevoir la décoration de son palais au cœur de Tokyo, devenu aujourd’hui le musée d’art métropolitain Teien. Aujourd’hui méconnu, il a fait l’objet d’une thèse publiée en 2018, visant à lui redonner la place qui fut la sienne au début du XXe siècle.