Le 20 et 21 septembre, la maison Daguerre Paris organisera la vente en deux parties du château de Meillant, au sein même de ce fleuron de l’art gothique flamboyant classé monument historique.
Le château de Meillant, situé dans le Cher, est un ancien château fort reconstruit en partie après la guerre de Cent Ans (1337-1453) dans un style gothique flamboyant, évoluant jusqu’au style Louis XII, marqué par la Renaissance artistique italienne. Cette noble demeure a abrité durant plusieurs siècles différentes familles, jusqu’à celle de Mortemart. Portraits, meubles et autres artefacts seront dispersés par Daguerre Paris lors d’une vente en deux parties, dont la première se tiendra dans la salle de garde du château le 20 septembre. Les estimations vont de 30 à 20 000 euros.
« La richesse et la diversité des lots de cette vente devraient notamment susciter l’intérêt de châtelains cherchant à compléter leur propre mobilier, souligne le responsable de la vente Louis Baudot, qui ajoute : mais également des habitants de la région, qui connaissent le château de Meillant et y sont attachés. »
Le compagnon d’Henri IV et les grandes familles européennes
Parmi les familles ayant vécu au château de Meillant se trouve, au XVIIIe siècle, celle de Béthune-Charost, dont le portrait d’un illustre aïeul figure dans la vente : celui de Maximilien de Béthune, duc de Sully, maréchal de France et surintendant des finances et des fortifications (1559-1641), l’un des proches du roi Henri IV.

La toile est estimée entre 3 000 et 4 000 euros. Autres figures illustres représentées dans cette vente : l’archiduchesse Isabelle Claire Eugénie de Habsbourg (1566-1633), gouvernante des Pays-Bas, dans un portrait réalisé par l’atelier d’Alonso Sanchez-Coello (1531-1588), estimé entre 8 000 et 12 000 euros ; et Vincent Ier de Gonzague (1562-1612), dans un portrait attribué à Jean Bahuet (vers 1552-1597), estimé entre 12 000 et 15 000 euros.
Tapisseries de Beauvais et d’Aubusson
Toujours dans le registre figuratif, mais sur un autre support, deux tapisseries seront présentées aux enchérisseurs. La première, estimée entre 8 000 et 12 000 euros et «ayant conservé une belle fraîcheur » souligne Louis Baudot, responsable de la vente, est issue de la manufacture de Beauvais et date du premier quart du XVIIIe siècle ; elle représente Pan, des Métamorphoses d’Ovide, repoussé par une suivante, offrant à Diane une toison blanche.

La seconde, sortie de la manufacture royale d’Aubusson d’après un carton du peintre Isaac Moillon (1614-1673) dans le dernier quart du XVIIe siècle, figure le banquet donné par Didon en l’honneur d’Énée.
Mobilier d’exception et porcelaines impériales chinoises
Outre le mobilier, une table à jeu en bois noirci de la seconde moitié du XIXe siècle (3 000-4 000 euros), un lit à baldaquin en chêne sculpté du XIXe siècle (1 500-2 000 euros), ou encore une suite de onze fauteuils en bois doré, mouluré et sculpté d’époque Louis XIV (15 000-20 000 euros), la vente compte des pièces venues de Chine, dont deux vases de l’époque Kangxi (1662-1722), un vase yenyen en porcelaine bleu-blanc (4 000-6 000 euros) et un vase rouleau en porcelaine bleu-blanc (2 000-4 000 euros).

Curiosités diplomatiques : de la Circassie à la Nouvelle-Espagne
Le château de Meillant renferme aussi son lot de curiosités, à l’image d’un mannequin d’officier « montagnard » caucasien, se distinguant notamment par ses cartouchières à huit compartiments en cuir, acquis ou offert à Casimir-Louis-Victurnien de Rochechouart de Mortemart (1787-1875), qui fut notamment ambassadeur extraordinaire auprès du tsar Nicolas Ier en 1833. Estimation : 2 500 – 3 500 euros.

Se trouve également une malle de voyage dite « Pataca », faite en Nouvelle-Espagne entre les XVIIe et XVIIIe siècles, en cuir décoré d’applications de cuir découpé rebrodées de fils crème d’agave (2 000 – 3 000 euros). Des coffres brodés similaires sont notamment conservés dans les collections du Metropolitan Museum de New York et au MAD Paris.