Le 12 avril 2019 | Mis à jour le 25 avril 2019

Vente d’atelier à Paris : Raquel, une peinture silencieuse

par Diane Zorzi

Lundi 15 avril 2019 à Paris, Maîtres Guillaume Crait et Thomas Müller disperseront aux enchères plus de 300 toiles et œuvres sur papier de Raquel (1925-2004). Provenant de son atelier, elles retracent le parcours foisonnant de cette artiste abstraite, proche d’Emmanuel Hocquard et Marcelin Pleynet.

 

RAQUEL (1925-2014) Sans titre, 1970 Acrylique sur toile signée et datée au dos. 24 x 19 cm. Estimation : 100-800 euros.

Née à Gibraltar et formée aux Beaux-Arts de Casablanca et à la Grande Chaumière de Paris auprès d’André Lhote et Henri Goetz, Raquel Levy poursuivra sa vie durant une même quête artistique, celle d’une peinture abstraite, réduite à l’essentiel. « Avec Raquel, la peinture n’est pas un but, mais le moyen de travailler à se dépouiller soi-même », détaille Gilles Frassi, expert en tableaux modernes et contemporains. Restées jusqu’alors dans son atelier de Malakoff, plus de 300 toiles et œuvres sur papier seront dispersées aux enchères lundi 15 avril à Paris. Estimées de 80 à 800 euros, elles dévoilent le riche parcours d’une artiste qui travailla durant plus de cinquante ans à l’ombre de son atelier. « C’est la première fois que des œuvres de Raquel sont vendues aux enchères. C’est une artiste qui a toujours privilégié son travail à sa carrière. Aussi, son œuvre est restée relativement confidentielle, bien que reconnue par d’éminents critiques, reçue à la Villa Médicis, présentée au Musée d’art moderne de la Ville de Paris  et exposée dans des galeries prestigieuse telles que la galerie Arnaud, célèbre dans les années 1960 pour avoir soutenu l’œuvre de Martin Barré. »

 

Raquel (1925-2014), Sans titre, 1960. Huile sur papier cartonné daté au dos. Cachet d’atelier au dos. 71 x 56 cm. Estimation : 80-300 euros.

 

Raquel (1925-2014), Sans titre, 1970. Gouache sur papier daté au dos et signé sur la marie-louise. 30 x 20 cm. Estimation : 100-300 euros.

Une peinture abstraite et contemplative

A mesure que l’on chemine au sein de l’atelier de Raquel se dessine une œuvre foisonnante, produite entre la fin des années 1950 et le début des années 2000. « Au début, son travail est marqué par un certain expressionnisme, avec des œuvres en pâte dans lesquelles domine l’action picturale. Puis, au fil du temps et à l’issue de deux années de silence, l’abstraction classique laisse peu à peu place à une œuvre toute personnelle, tendant vers l’épure. » A l’aube des années 1970, Les formes se simplifient, la couleur jaillit au sein de vastes monochromes. Appelant à la contemplation, ils se lisent au gré de couches successives, côtoient la troisième dimension. « Les toiles de Raquel ne ressemblent à aucune autre. Silencieuses, elles ne se donnent pas au premier regard et supposent un certain investissement de la part du regardeur. »  Ainsi, pour Marcelin Pleynet, « l’œuvre picturale de Raquel n’est comme aucune autre et plus difficile […] qu’aucune autre. »

 

Raquel (1925-2014), Sans titre, 1988. Gouache sur papier signé et daté en bas à droite. 55 x 74 cm. Estimation : 100-300 euros.

 

Raquel (1925-2014), Sans titre, vers 1970. Acrylique sur papier. Cachet d’atelier au dos sur l’encadrement. 27 x 21 cm. Estimation : 100-300 euros.

De la peinture à l’écriture

Comme pour mieux déjouer le silence pictural, Raquel se tourna également vers le monde du livre, publiant un premier texte en 1969 avec le poète péruvien Antonio Cisnéros et créant en 1973 avec Emmanuel Hocquard la maison d’édition Orange Export Ltd. « Le grand atelier de Raquel à Malakoff, habité aussi par Emmanuel Hocquard, fut alors le lieu de recherche et de festivité des écrivains édités par la maison d’édition, explique Gilles Frassi. En 2003, le cipM (Centre international de poésie de Marseille) organisa d’ailleurs une grande exposition Peinture & Poésie, présentant aux côtés de grands tableaux, les livres faits en collaboration avec des écrivains tels qu’Edmond Jabès ou Marcelin Pleynet. » Jusqu’à la fin, Raquel mêlera ses deux passions, poursuivant la peinture, tout en collaborant à des projets littéraires à travers les textes de la revue Notes, entreprise de réflexion et d’édition sur la littérature, l’esthétique et le judaïsme. « Raquel restera fidèle à ce double cheminement qui aura traversé, tour à tour, la peinture et l’écriture. »

 

Raquel (1925-2014), Bleu – rouge, 1990 – 2002. Technique mixte sur toile, signée, titrée et datée au dos. 178 x 300 cm. Estimation : 100-800 euros.

 

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