Le 28 septembre 2023 | Mis à jour le 14 mars 2024

Le képi du Maréchal Foch offert au sculpteur Georges Malissard aux enchères à Troyes

par Diane Zorzi

A l’occasion de la vente de vingt-cinq sculptures provenant de l’atelier Georges Malissard, la maison Boisseau-Pomez révèle un témoignage émouvant attestant des talents de ce sculpteur, passionné de chevaux : un képi offert par le Maréchal Foch en remerciement pour sa statue équestre érigée à Cassel au lendemain de la Première Guerre Mondiale.

 

[2 octobre 2023] Le képi du Maréchal Foch a été adjugé 31 000 euros, acheté en live par un collectionneur parisien, contre un sous enchérisseur suisse présent dans la salle et cinq personnes au téléphone, parmi lesquelles des descendants du Maréchal Foch. 

 

Le sculpteur Georges Malissard (1877-1942), originaire de la banlieue de Valenciennes, est bien connu des habitants de Cassel. La ville des Hauts-de-France accueille l’un de ses monuments les plus célèbres : une statue équestre du Maréchal Foch. Avec cette œuvre, le sculpteur s’attira les faveurs du héros de la Grande Guerre qui, particulièrement satisfait de son portrait, lui offrit en guise de remerciement son képi. Ce témoignage émouvant – et son récit – n’a depuis jamais quitté le foyer de Georges Malissard, transmis au fil des générations. Les petites filles de l’artiste souhaitent aujourd’hui s’en séparer aux enchères, avec vingt-cinq œuvres provenant de l’atelier de leur ancêtre. « Cette dispersion est un hommage à cet « homme de cheval », comme il se définissait lui-même », annoncent les commissaires-priseurs Léonard et Thierry Pomez. « Les chevaux, disait-il, ont chacun leur visage. Il n’y en a pas deux qui se ressemblent. »

 

Georges Malissard, un sculpteur « homme de cheval »

Si Georges Malissard était promis à une carrière d’industriel, sa passion pour l’équitation et les chevaux le conduit à embrasser une carrière de sculpteur animalier. Sous l’œil bienveillant de son maître, le célèbre sculpteur Emmanuel Frémiet (1824-1910), il connaît un succès précoce. Sa première commande – deux pur-sang sculptés pour l’Empereur Guillaume II à Berlin – lui assure une solide réputation auprès des propriétaires de chevaux. Installé dans un atelier à Paris, il reçoit ainsi des commandes de portraits de chevaux de course qui se sont illustrés au Grand Prix de Paris, au Prix du Président de la République ou encore au Prix de l’Arc de Triomphe, ainsi que des commandes de portraits équestres pour le Roi d’Angleterre Georges V, la famille royale de Belgique ou la Reine de Roumanie.

 

 

La statue équestre du Maréchal Foch à Cassel

C’est au faîte de sa gloire que Georges Malissard reçoit de l’Etat la commande de statues des maréchaux vainqueurs de la Première Guerre mondiale, à l’instar de Pétain, Lyautey et Foch. « Pour commémorer le séjour du Maréchal Foch à Cassel pendant la guerre, des notables de la ville prirent l’initiative d’y faire élever une statue, expliquent Léonard et Thierry Pomez. Le Maréchal Foch vint poser plusieurs fois dans son atelier de la rue Pergolèse. Il enfourchait alors le cheval de bois, puis s’immobilisait dans la position règlementaire. Le talent de Georges Malissard fit le reste et la réalisation du monument équestre fut digne de l’hommage souhaité. » La statue est inaugurée le 6 juillet 1928 en présence du Président de la République Raymond Poincaré et du Maréchal Foch qui se montra particulièrement reconnaissant de l’attitude simple, empreinte d’humilité, qu’était parvenue à saisir le sculpteur. Deux ans plus tard, une réplique, commandée par le duc de Westminster, est érigée à Grosvenor Garden, au cœur de Londres, en présence du Prince de Galles.

 

Vingt-cinq œuvres provenant de l’atelier de Georges Malissard

Aujourd’hui, de nombreux musées abritent les œuvres de Georges Malissard – le Musée de l’Armée, le Musée de la Chasse et de la Nature, le musée Nissim de Camondo, le musée des Années Trente à Boulogne-Billancourt… Autant d’institutions qui révèlent les talents de ce sculpteur, reconnu pour son habileté à saisir avec un grand réalisme et un soucis du détail l’âme de ses modèles, humains comme animaux. Les vingt-cinq œuvres de la vacation en témoignent, révélant toute la palette de talents de l’artiste qui ne se cantonnait pas à la représentation de chevaux et portraits équestres. « Georges Malissard savait également sculpter d’autres animaux comme l’éléphant d’Asie, les chevreuils, les sangliers, et travailla, à la demande du gouvernement, sur les animaux primés au Salon de l’Agriculture, détaillent les commissaires-priseurs. Il fut même qualifié de « statuaire », le titre le plus honorifique d’un sculpteur sous la IIIe République, et nommé Chevalier de la Légion d’Honneur en 1933. À sa mort, il avait ainsi sculpté plus de 200 sujets. »

Enchérir | Suivez la vente de l’atelier de Georges Malissard le 30 septembre en live sur interencheres.com et auction.fr

 

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